Média indocile – nouvelle formule

# 16 septembre 2022

semaine n°37

A vif

A la chinoise. En version soft

Jacques Pilet

Ainsi donc pour s’assurer que nos logements ne seront pas chauffés à plus de 19 degrés cet hiver, le Conseil fédéral s’essaie à la méthode chinoise. Avec de doucereuses précautions. Il explique qu’il s’agirait d’une atteinte à la loi sur l’approvisionnement du pays. Le Conseiller fédéral Parmelin explique, patelin: «La Suisse n’est pas un Etat policier. Mais il pourra y avoir des contrôles ponctuels.»

En clair, la police pourra frapper à votre porte, entrer, mesurer la température et en cas de dépassement de la norme porter plainte pénale. Non pas une amende d’ordre comme lorsqu’on reste trop longtemps sur une place de parking sans payer, non, une convocation chez le juge. A la chinoise! Mais tout gentiment… Peines financières et même de prison (jusqu’à trois ans!) à la clé. A première vue, cela ne paraît pas trop effrayant. Les cantons à qui incomberont ces contrôles traîneront les pieds. Les magistrats estimeront sans doute qu’ils ont mieux à faire que de punir les frileux. Mais le principe donne à réfléchir. Fortes de leur expérience lors de la crise sanitaire, les autorités se permettent une surveillance des particuliers autrefois impensable. Intéressante aussi la manière d’éclipser le débat. Des allumés ont diffusé sur les réseaux sociaux une fausse info selon laquelle les délateurs de leurs voisins trop chauffés seraient récompensés. Tollé, indignation dans les médias contre ce bidonnage. Mais aucun espace pour qui voit, en toute sérénité, dans ces «contrôles ponctuels» un pas de plus dans l’atteinte à la sphère privée. Au fait qui s’en inquiète? Pas grand monde. Les parlementaires hochent du bonnet dès que l’on invoque le prétendu bien commun. Ils en on pris l’habitude pendant la crise sanitaire. Lire la suite...


Le dessin de la semaine

« JLG (Caricature réalisée en 1985 pour le livre «Swiss Monsters») »

Un dessin Valott