Média indocile – nouvelle formule

«Chaque pays nouveau – qu’on le veuille ou non – éclaire et transforme un peu le voyageur perméable aux impressions imprévues, sensible au chant secret d’une langue et d’un paysage des âmes qu’il ne connaissait pas sinon par intermédiaires, qui trahissent toujours la vérité, ce qu’elle a de plus fin, ou de plus fragile, de plus elle-même, de plus irréductible à toute traduction, à toute vulgarisation.»

Joséphine Baker, Mémoires

# 20 mai 2022

semaine n°20

Actuel

Le CICR sous le feu des critiques

Jacques Pilet

La grande machine humanitaire basée à Genève apporte beaucoup à la population ukrainienne frappée par la guerre. Médicaments, vivres, matériel sanitaire par centaines de tonnes. Avec de nombreux délégués de nationalités diverses (plus de 600) et avec l’aide de diverses Croix rouges nationales, celle d’Ukraine en tête. Elle a fait ce qu’elle pouvait pour évacuer de Marioupol les civils bloqués, et tout récemment, avec l’ONU, les militaires de Azovstal qui rendaient les armes, désormais dûment enregistrés. On ne peut que s’en féliciter. Mais au chapitre de la protection des prisonniers des deux camps et du sort des personnes déplacées en masse, aucun mot fort. Signe d’impuissance? Ou changement de priorités? Troublant. Pour d’autres raisons aussi le climat est lourd à la tête du CICR.

Des organisations humanitaires internationales qui apportent des aides aux populations en détresse à travers le monde, il y en a plusieurs. Mais une seule a pour mandat spécifique et historique, la protection des prisonniers de guerre et des détenus en raison d’un conflit armé, spécifié dans les Conventions de Genève (1949), signées par la plupart des Etats. La Russie et l’Ukraine les ont ratifiées. Cette mission – visites, information et soutien aux familles – s’est révélée très difficile, le plus souvent impossible dans les guerres récentes qui n’opposaient pas des Etats mais des groupes armés à l’intérieur même des Etats. Ceux-ci acceptaient souvent l’aide humanitaire du CICR mais refusaient l’application de cette clause centrale des Conventions de Genève. Or en l’occurrence, ce sont bel et bien deux Etats qui se font la guerre. Cette prestigieuse institution aurait l’autorité et toutes les raisons de réclamer haut et fort la lumière sur le sort des prisonniers. Elle ne le fait pas dans sa communication officielle, d’ailleurs étonnamment parcimonieuse. Lire la suite...


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