Média indocile – nouvelle formule

# 16 juin 2023

semaine n°24

Actuel

Les dégâts que fait la guerre dans nos têtes

Jacques Pilet

Depuis le début du conflit en Ukraine, de mois en mois, la spirale belliqueuse ne cesse de monter. Avec son train d’horreurs, de sang versés et de destructions. Et nous, au loin, comment réagissons-nous? Comme devant un match de foot! Le nez sur les analyses d’experts qui comptent les points comme des commentateurs sportifs. Les tenants d’un camp et de l’autre s’échauffent, n’aspirent qu’à la victoire des leurs. Mais quasiment aucune clameur ne s’élève pour réclamer d’arrêter tout de suite le jeu de massacre. Du moins en Europe, aux Etats-Unis et en Russie. Car dans le reste du monde, les appels à la paix fusent, toutes sortes de propositions de médiations s’adressent aux belligérants. En Asie, en Afrique, en Amérique latine. Et pourquoi rien en Suisse, pas un mot dans ce sens?

Ne parlons pas de neutralité. Cette notion mythique à géométrie variable. La Turquie, la Chine, le Brésil ou l’Afrique du sud sont loin d’être neutres, cela ne les empêche pas de s’agiter en faveur de la paix. Avec son passé, son expérience de la diversité, sa diplomatie active, la Suisse aurait tout pour faire entendre sa voix, celle de la raison. Ne serait-ce que pour rester fidèle à elle-même. Et non. Elle s’aligne sur «l’Occident», chipote sur quelques détails, mais ne prend aucun recul. Au contraire. L’autre jour, à la Fondation Jean Monnet, la représentante du gouvernement, Mme Pälvi Pulli, cheffe de la politique de la sécurité, bras droit de la conseillère fédérale Viola Amherd, a tenu un clair propos. Après avoir abondamment condamné la Russie «impérialiste et colonialiste», elle a annoncé plusieurs initiatives à venir pour renforcer plus encore qu’aujourd’hui les liens et les collaborations avec l’OTAN. Avec le raisonnement suivant: la Suisse devrait assurer seule sa sécurité, mais nous ne sommes pas naïfs, en cas de conflit, elle ne pourrait le faire qu’avec les autres. Dès lors, dans cette hypothèse, pour être prêts, il s’agit de s’entraîner d’ores et déjà comme si nous étions en guerre. Négociations? Perspective de paix? Elle balaie vite le sujet et se contente de citer la position de Kiev: on ne négociera qu’après notre victoire. Lire la suite...


Le dessin de la semaine

« L'OMS veut lancer un pass sanitaire mondial »

Un dessin Valott

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