keyboard_arrow_left Retour
EN IMAGES

La possibilité d'une île: Petite Terre

A h, larguer les amarres, partir au large… en cet étrange printemps 2020, la fringale d’ailleurs azurés est mise à rude épreuve. Pour nous faire patienter, le photographe Stephan Engler nous ouvre son album de voyages au chapitre « îles lointaines».

Intégrée dans l’archipel de la Guadeloupe, Petite Terre se compose de deux îlots, Terre de Haut et Terre de Bas, séparés par un chenal large de 150 mètres. Cette magnifique réserve naturelle de 990 hectares est gérée par l’Office National des Forêts depuis 1998. Bien avant cela, selon certains vestiges archéologiques, elle était visitée de manière régulière par les tribus amérindiennes Arawaks et Caraïbes à partir de 600 et jusqu'en 1500. Les Européens arrivèrent vers la fin du XVIIIème siècle depuis l’île voisine de La Désirade. Mais ils étaient que quelques familles à vivre occasionnellement sur Petite Terre. Les principales traces de leur passage sont les quelques murets de pierre qui délimitaient les parcelles. Entourée de hauts fonds et des récifs coralliens, Petite Terre possède le plus ancien phare de Guadeloupe, surnommé le «Phare du bout du monde». En activité depuis le 9 juillet 1840, avec sa tour culminant à 23 mètres, il était visible à 15 miles nautiques grâce à sa lanterne de l’époque. 

Avant de devenir une réserve naturelle, ces îlots appartenaient à de riches «blanc péyi» (descendants des premiers colons européens). Ils voulaient construire sur ces îlots un «resort» de luxe pour clients fortunés. Heureusement la Guadeloupe a racheté Petite Terre afin de créer un sanctuaire naturel. Grâce à cette belle initiative ces îlots sont devenus un lieu de ponte pour plusieurs espèces de tortues marines et un refuge pour de nombreux oiseaux, notamment pour la petite sterne et l’huîtrier d’Amérique. Ici se trouve aussi la plus importante population d’iguanes des Petites Antilles. Quant au lagon et son récif, ils protègent de la houle et favorisent les populations de poissons. Concernant la flore, la réserve abrite le dernier peuplement originel de gaïac, arbre à bois dense de taille réduite qui a pratiquement disparu dans la région.

Aujourd’hui l’accès réglementé du parc naturel se fait après une traversée en bateau d’environ 45 minutes depuis la Marina de Saint-François en Guadeloupe. Ensuite, il est possible d’explorer l’îlot de Terre de Bas, à l’aide du sentier pédagogique. 

Terre de Haut n’est accessible qu’aux scientifiques et aux gardiens de la réserve de Petite Terre, afin de préserver au maximum pour les générations à venir cette magnifique faune et flore antillaises.  

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

© 2020 - Association Bon pour la tête | une création WGR