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Même pas peur (3)

Fanny Clavien: «Je suis fataliste!»

L a Valaisanne Fanny Clavien, trois fois championne d’Europe de karaté (en 2008, 2011 et 2014), grande sportive sur la neige et sur l’eau, journaliste-présentatrice sur la chaîne régionale Canal9 donne l’image de la super-woman qui n’a peur de rien. Vrai? Faux? Comment fait-elle?

En tout cas, elle ne tremble pas devant les gros lourds à la main baladeuse. «C’est plus agaçant qu’effrayant. Sur mon site, sur les réseaux sociaux, je reçois beaucoup de messages déplacés. Au moins une fois par semaine, un type m’envoie une photo de ses parties génitales avec des propos grossiers! Ce qui me fait peur? C’est Roger Köppel dans la Weltwoche quand il laisse entendre que les femmes attirent les gestes machistes parce qu’elles portent une blouse légère et un pantalon moulant.»

Fanny Clavien pratique le karaté depuis la petite enfance. Elle ne s’y est pas lancée pour se défendre. «D’ailleurs c’est un moyen tout relatif, quand on vous met un couteau sur la gorge… Mais le karaté donne confiance en soi, c’est sûr.» Alors peur de rien? «Si, je suis phobique des serpents. Une simple image me fait déjà transpirer de peur. Les reptiles me font perdre tous mes moyens. Un jour au zoo de Bâle, je suis tombé dans les pommes devant eux!»

Peur aussi, mais le mot n’est pas le meilleur, on devrait plutôt dire souci. «Peur de mal faire, peur de ne pas réussir dans une épreuve où parents, amis, public attendent beaucoup de vous. Peur de décevoir.»

Le trac devant les caméras de télévision? «Non, je l’aborde comme un sport. Il faut être là, bien présent au moment H, ça picote dans le ventre et on sourit. Mais c’est un plaisir d’entendre les autres, d’apprendre…»

Et les voyages? Fanny Clavien se trouvait près des Ramblas au moment de l’attentat du 17 août (13 morts) à Barcelone. «Nous avions une amie sur place, elle ne revenait pas, elle ne répondait pas au téléphone, oui, alors j’ai connu l’angoisse. Mais elle est revenue. Peur de voyager? Sûrement pas. Je suis allé à Tel Aviv, aux Etats-Unis, au Japon. J’aime voyager. Et je suis fataliste. Si quelque chose doit arriver, on verra bien…»

Alors au moins des frissons au cinéma? «Je ne suis pas fan des films d’horreur. Mais j’accroche aux histoires d’esprits mystérieux et de fantômes. Avez-vous remarqué comment les chats, parfois, fixent le mur vide, comme s’ils voyaient des fantômes. J’imagine…»

Question renversée. Tant de force, tant de talent, tant de beauté, cela ne fait-il pas peur aux hommes? Fanny du tac au tac: «Pourquoi seulement aux hommes? Et aux femmes? Mais non, je ne le crois pas.

Donc nulle peur ou presque. Mais autour de vous, Fanny, le plaisir de voir émerger entre nos montagnes une si belle personnalité.


Notre série «Même pas peur!»

«Une sourde inquiétude au milieu de l’abondance» (1) par Anna Lietti

Une Egypte à genoux espère une aube nouvelle (2), par Doménica Canchano Warthon

Ces poules mouillées qui ont peur des véganes (4), par Patrick-Morier Genoud

Kaboul-Kandahar, dans l’ombre des Talibans (5), par Florence Perret

Quand la peur devient une arme de gouvernement (6), par Jacques Pilet
8 peurs qui ne sont pas (forcément) justifiées (7), par Diana-Alice Ramsauer

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr, Geoffrey Genest, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud (président), Jacques Pilet, Chantal Tauxe, Faridée Visinand, Ondine Yaffi (ordre alphabétique).

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