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Lu ailleurs

Lu ailleurs / «Les enfants d’aujourd’hui auront plus tard de grandes difficultés à s’orienter dans la vie»


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C’est ce qu’affirme Rüdiger Maas, chercheur allemand en «sciences des générations» dans une interview à la «NZZ am Sonntag». Il estime notamment que les parents d’aujourd’hui, entre 30 et 40 ans, les fameux Millenials, ont tendance à chercher des réponses quant à leur comportement plus sur internet qu’en écoutant leur instinct et leur bon sens.



Ainsi, les parents savent de moins en moins dire non à leurs enfants. Ils les surprotègent. Dans leur souci de bien faire, ils leur proposent sans cesse des activités, ils apaisent leurs conflits, ils ne les laissent plus trouver par eux-mêmes ce qui les intéresse vraiment. 

«Cette génération de parents ne perçoit pas ses enfants comme des enfants, mais comme ses meilleurs amis. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, ce n'est pas le poussin qui court après le canard, mais le canard qui court après le poussin… Les pères et les mères d'aujourd'hui admirent souvent tellement leurs enfants qu'on assiste à une sorte d'inversion des rôles dans la relation parents-enfants. Nous avons une génération de parents qui sont les plus grands fans de leurs enfants… Beaucoup admettent qu'ils craignent les conflits avec leurs enfants et ne fixent plus de limites claires. Ils se perdent dans leur rôle et ne sont plus des sujets de délimitation.» Du coup, estime le chercheur, les jeunes adultes seront moins préparés à gérer les conflits. 

Autre réflexion intéressante: à force de photographier à tout bout de champ les enfants souriants, dans d’heureuses situations, leur mémoire se modèle selon ces milliers d’images plutôt qu’à travers des souvenirs vécus, avec des moments difficiles aussi. «On apprend à se comporter de manière à ce qu'il en sorte une photo.»

Rüger estime aussi que tous ces facteurs, de l’éducation à la numérisation, tend à favoriser le conformisme. «Les enfants s'attendent à ce que beaucoup de choses leur soient transmises. La motivation intrinsèque, c'est-à-dire la motivation venant de soi-même, va diminuer. Cela aura probablement aussi pour conséquence que le mainstream deviendra de plus en plus large, car plus personne ne voudra se distinguer des autres. Les systèmes d'évaluation et les influenceurs me dictent ce qui semble être bon. Cela signifie aussi que la force de se forger sa propre opinion et de s'exposer ainsi diminue.» Il relève par exemple qu’aucun jeune n’oserait aujourd’hui se rebeller contre les activistes du climat. «On veut se fondre dans la masse et on a une tolérance moindre à l'ambiguïté».

La conclusion est plutôt sombre: «Les enfants qui réussiront plus tard seront ceux qui grandiront en étant moins surprotégés. Mais ceux-ci seront de moins en moins nombreux.»

Que l’on soit d’accord ou pas avec lui, ce provocateur donne à s’interroger.


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