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GENS QUI RIENT, GENS QUI PLEURENT

Eloge de l’insignifiance

O n se souvient de son premier chagrin. Mais qui peut prédire le dernier?

Il disait que la prochaine fois, il faudrait se voir dans des occasions plus gaies. Il y mettait de l’entrain. Il disait cela à chaque enterrement. C’était pour lui l’occasion de revoir une famille dispersée, l’occasion aussi de faire le beau, de boire un verre, de s’enivrer à la mémoire du défunt, fut-il sobre.

Il n’y a jamais eu de prochaine fois. Aujourd’hui, c’est devant son cercueil que quelques égarés se sont donné rendez-vous. La famille, brouillée ou décimée depuis des années, a voulu une cérémonie dans la stricte intimité. Le pasteur qui ne connaissait pas le défunt se...