Média indocile – nouvelle formule

# 22 juillet 2022

semaine n°29

Actuel

Comment se brouiller avec ses amis, la recette suisse

Jacques Pilet

Il y a parfois des voisins qui semblent prendre plaisir à semer la bisbille entre eux. Pour un oui ou pour un non. La Suisse en est là. Elle accumule les faux pas, les maladresses et même les provocations dans sa politique étrangère. Face à la France dans l’affaire de l’avion de combat − on en sait plus aujourd’hui −, face à l’UE, face maintenant aux amis de l’Ukraine qui voulaient faire soigner ici des blessés, ce que le DFAE refuse. Comment diable sortir d’une telle pétaudière diplomatique?

Le cas de Viola Amherd est particulièrement accablant. A l’heure du choix de l’avion, elle a commencé par dire que seuls les coûts et les performances doivent être pris en compte, aucune considération politique. Ce qui est une grosse bêtise. Aucun contrat de cette ampleur (six milliards) n’est signé sans contreparties politiques. Nulle part. Puis elle a feint d’ignorer les efforts des autres départements pour obtenir des avantages en cas d’achat du Rafale. Or on connaît maintenant les offres françaises, sur le soutien promis face à l’UE, sur une augmentation de la part due à la Suisse des charges sociales des frontaliers, et d’autres gestes amicaux. Elles figurent dans une lettre adressée au Conseil fédéral, à la demande de Ueli Maurer, le 28 juin 2021. Trois jours plus tard, le gouvernement annonçait le choix du F-35 américain. Une gifle diplomatique magistrale à la France. Et l’on s’étonne qu’elle donne des signes de mauvaise humeur. Comment en est-on arrivé à cette bévue? Par aveuglement pro-américain? Par naïveté si l’on pense de surcroît que le prix affiché, comme l’affirme Viiola Amherd, n’augmentera en aucun cas? Par ruse? Pas impossible si l’on sait que la base de calcul selon les modèles à choix n’étaient pas les mêmes. Lire la suite...


Le dessin de la semaine

« Restons positifs! »

Un dessin Tony Marchand