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Culture / Une dystopie qui se passait en... 2022


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«Soleil Vert» («Soylent Green»), Richard Fleischer, avec Charlton Heston, Leigh Taylor-Young et Edward G. Robinson, 1973.



Soleil Vert est sorti il y a cinquante ans. Son réalisateur a imaginé un monde dystopique en… 2022. New York est devenue une mégalopole de 44 millions d’habitants, dont la plupart vivent dans la rue, dans la misère, et masqués. La canicule y est constante. L’Etat n’a plus vraiment de pouvoir, et le peu qui lui reste est corrompu. La politique est dirigée par la multinationale Soylent Green, qui fabrique des biscuits du même nom. Ceux-ci servent de seule denrée alimentaire au peuple. Quand ces biscuits ne manquent pas. Les églises sont bondées de miséreux, les ecclésiastiques dépressifs et à bout. Le détective Thorn, désabusé, enquête sur le meurtre de l’un des dirigeants de la multinationale, qui va le mener sur une piste ahurissante. Il s’amourache d’une femme-objet de compagnie, servante sexuelle, comme toutes les femmes du film. Il partage sa vie avec son vieil ami Solomon, un nostalgique du temps où l’on pouvait se procurer de la viande, des œufs, des fruits, des légumes, du temps où l’on voyait des paysages autres que des villes grises et des déserts tristes. Puisque le film se passe en 2022, on en a reparlé souvent ces derniers temps. Arte y a consacré un très bon documentaire, qui m’a donné l’envie de dire mon mot sur cette angoissante dystopie. Les aveugles idéologues applaudissent bêtement une œuvre qu’ils n’ont comprise qu’à moitié. Soleil Vert est profondément écologiste! Soleil Vert est le premier film à dénoncer l’homme, comme responsable de la surconsommation et de la surpopulation! Soleil Vert est anticapitaliste! Oui, d’accord! Merci! Amen! Mais ces mêmes esprits éclairés oublient de voir que ce film est avant tout un plaidoyer pour la liberté de travailler, de se déplacer et de se nourrir avec de la bonne viande et de bons produits du terroir. Ces mêmes esprits éclairés oublient de voir que le film dénonce surtout une société eugéniste, qui trie les vivants pour mieux recycler les morts, une société qui devient bien réelle aujourd’hui. 

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