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Analyse / Pourquoi personne ne veut la paix en Ukraine


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On le devinait depuis le début du conflit mais c’est désormais avéré, la paix n’aura pas lieu en Ukraine avant longtemps. Au lendemain de leur voyage confidentiel à Kiev le 24 avril, le Secrétaire à la Défense et le Secrétaire d’Etat américains ont annoncé la couleur à leur retour en Pologne: ils veulent «voir la Russie si affaiblie qu’elle ne pourra plus faire des choses telles qu’une invasion de l’Ukraine.» Un porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain a renchéri: nous voulons transformer «cette invasion en échec stratégique pour la Russie» et en «victoire pour l’Ukraine».



Joignant la parole aux actes, les Etats-Unis ont immédiatement annoncé un supplément de 700 millions de dollars de livraisons d’armes à l’Ukraine, portant l’effort de guerre américain à 3,7 milliards de dollars depuis le 24 février, auxquels il convient de rajouter les 4,6 milliards accordés en 2021 et les milliards d’euros d’armements livrés ou promis par les Européens. La folie guerrière que l’on avait reprochée à Poutine en février semble s’être désormais emparée de l’Occident, rendant toute perspective de paix, et même de simple cessez-le-feu, hautement improbable, et faisant de ce conflit de loin le plus dangereux depuis 1945. L’Ouest et l’OTAN paraissent décidés à se battre jusqu’au dernier Ukrainien, et si possible, jusqu’au dernier Russe.

Les deux camps sont désormais murés dans leurs certitudes jusqu’au-boutistes: en dégainant la première, la Russie a indirectement donné raison aux Etats-Unis qui dénonçaient le bellicisme de Poutine. Mais en transformant ce qui était un conflit de voisinage et un problème régional de sécurité en guerre globale d’anéantissement de l’ennemi russe, les Etats-Unis sont en train de donner raison à Poutine qui voyait dans l’attitude hostile de l’OTAN depuis les années 2000 une menace existentielle pour l’existence de son pays.

A partir de là, on ne voit pas très bien comment une paix, même précaire, pourrait advenir. 

De ce point de vue, l’affaire des présumés crimes de guerre de Boutcha aura constitué un tournant décisif, en rendant toute conciliation entre l’Ukraine et la Russie impossible et les négociations entre les deux parties vaines. Ce n’est donc pas un hasard si, depuis un mois, sur le plan militaire, les opérations ont changé de nature en se transformant en guerre d’usure et de grignotages territoriaux, et non plus en guerre de mouvement pour reprendre le langage de 14-18, la Russie revendiquant désormais la «libération» de l’Est et du Sud ukrainiens.

Mais examinons d’abord les caractéristiques de cette confrontation armée inédite entre les deux grandes superpuissances nucléaires. Dès fin février, il est apparu évident que les opérations militaires dépassaient largement le cadre de l’Ukraine et que l’OTAN était massivement mobilisée tant en matière de fournitures d’armes et d’entrainement que de commandement des troupes, de renseignements, de surveillance radar et satellitaire, de cyberguerre, de propagande et d’information et de sanctions économiques. Comme l’a révélé Radio Canada, cela fait des années que des instructeurs canadiens sont présents en Ukraine, formant même des extrémistes des bataillons Azov en dépit d’une loi nationale qui le leur interdisait. Voir aussi le témoignage du reporter français Régis Le Sommier qui s’est retrouvé pris en charge par un officier américain alors qu’il accompagnait des volontaires partis au front.

De fait, de nombreux pays de l’OTAN sont activement engagés contre la Russie dans tous les domaines. On peut donc bien parler d’une «guerre hors limites» ou mieux, d’une guerre illimitée. En proclamant qu’il s’agissait désormais de «battre la Russie», les Etats-Unis ont encore fait monter la tension d’un cran.

La guerre est illimitée dans le temps – elle est faite pour durer le plus longtemps et avec la plus haute intensité possible, la seule limite étant le seuil nucléaire. Elle se distingue donc des guerres d’Afghanistan contre les Soviétiques et de Syrie entre 2015 et 2018 par un degré plus élevé d’agressivité, tout en n’étant pas totale, puisque le niveau nucléaire n’est pas (encore) engagé. Elle est aussi illimitée dans l’espace dans la mesure où le conflit dépasse les seules limites territoriales de l’Ukraine et cherche à déstabiliser – voire à démanteler la Russie et à renverser son gouvernement – la Russie et son voisinage proche, de la Finlande à l’Asie centrale, tout en l’isolant du reste du monde par des trains continus de sanctions économiques et des pressions énormes contre les Etats qui refusent de se joindre à cette curée. Et enfin elle est illimitée dans son spectre d’activités puisqu’elle se déploie dans tous les domaines de l’activité humaine, militaire, cognitive, culturelle, économique, politique, informationnelle, spatiale, scientifique, etc. 

Ce sont donc bien deux mondes qui s’affrontent dans une lutte sans merci: l’un qui prétend se battre pour préserver ses «valeurs démocratiques, libérales et progressistes», et l’autre qui se bat pour préserver son droit à exister de façon différente et pour qui ces valeurs ne sont qu’un manteau d’hypocrisie destiné à masquer une irrépressible ambition d’hégémonie mondiale. Le choc oppose, grosso modo, les 37 pays qui forment l’Occident aux 150 pays qui doutent, hésitent ou s’y opposent, et qui l’ont exprimé en refusant de prendre des sanctions économiques contre la Russie.

En plus de ces obstacles géopolitiques et civilisationnels, un facteur circonstanciel empêche la paix: les élections de mi-mandat qui doivent avoir lieu cet automne aux Etats-Unis. On en parle très peu en Europe. A tort, car il pèse très lourd. Avec un président Biden peu populaire et qui passe pour sénile, les Démocrates misent sur une escalade du conflit pour mobiliser leurs troupes et surtout pour contrer leurs adversaires républicains. C’est d’autant plus facile que les Etats-Unis peuvent mener la guerre par procuration, que la vie de leurs soldats est épargnée, que les sanctions économiques n’affectent que leurs alliés européens et que la haine des Démocrates contre la Russie depuis l’élection manquée d’Hillary Clinton en 2016 ne demande qu’à s’épancher. Malgré le résultat négatif des enquêtes menées par les deux procureurs spéciaux nommés pour investiguer le Russiagate, ils persistent à affirmer que la Russie a truqué les élections de 2016. A Washington, la paix est tout sauf souhaitée, du moins jusqu’à la fin novembre.

Le troisième obstacle à la paix est encore plus décisif, tout en restant tabou en Europe: ce sont les conséquences de l’affaire de Boutcha. Pour l’Occident la messe est dite: c’est un massacre, un crime de guerre, un crime contre l’humanité, un génocide même, commis par les soldats russes. Or le déroulement des faits pose nombre de questions sans réponse: pourquoi le maire de la ville n’a pas parlé de ces massacres lors de sa première intervention le 30 mars? Pourquoi a-t-il fallu attendre trois jours, dont deux pendant lesquels les milices d’Azov et de Safari ont «nettoyé la ville des saboteurs et des complices des Russes», pour voir apparaitre les premières photos de massacre? Pourquoi les images satellites dudit massacre proviennent-elles exclusivement d’une société américaine travaillant pour le Pentagone? Comment se fait-il que la totalité des victimes civiles de Boutcha ait été attribuée aux «exactions» russes alors que la ville, occupée par les Russes, a subi des bombardements très intenses de l’armée ukrainienne pendant quatre semaines? On peut multiplier les interrogations et seul l’avenir dira ce qu’il en a vraiment été. 

Ce qui ne souffre aucune contestation en revanche, c’est l’exposition médiatique des cadavres, dont les photos ont inondé les médias occidentaux pendant des jours et donné lieu aux pèlerinages macabres de tout ce que l’Occident compte de politiciens et de journalistes. Ces hordes de journalistes soigneusement filtrés, encadrés et conduits en bus sur la «scène de crime» pour la filmer n’inspirent rien de bon. Elles transpirent la mise en scène. On les a trop souvent vues, et pour ma part vécues, à Sarajevo ou ailleurs, pour croire tout à fait à leur innocente spontanéité. De même qu’on doit prendre les témoignages recueillis par les micros avec des pincettes, sachant que les habitants vivent dans la terreur des bataillons Azov et des divers escadrons de la mort ukrainiens qui ont récemment liquidé des maires et des négociateurs jugés trop conciliants avec les Russes, mitraillé des soldats russes prisonniers, décapité un soldat russe avec une faucille, etc. Toutes images qu’on peut trouver sur les réseaux sociaux mais dont on a très peu parlé dans nos journaux. 

Dans tous les cas, l’effet Boutcha aura été dévastateur pour la paix. On oublie que la médiatisation du massacre a eu lieu après une avancée des négociations en Turquie, au terme desquelles les Russes avaient annoncé le retrait de leurs troupes du nord de l’Ukraine. Résultat: les Russes ont perdu toute confiance dans la partie ukrainienne et dans le processus de négociation. Ils savent désormais, tout comme les Ukrainiens de l’Est, que s’ils cèdent un pouce du terrain conquis, il sera procédé au même déferlement médiatique et qu’on assimilera la totalité des victimes à des «crimes de guerre» odieux. Quant aux Ukrainiens de l’Est et du Sud, ils ont aussi compris la leçon: ils seront impitoyablement massacrés par les troupes d’Azov, kidnappés ou torturés par le SBU si les Russes les abandonnent, à la manière du blogueur américano-chilien Gonzalo Lira à Kharkov.

De même, la diffusion en boucle de ces images a fait bouillir la haine de la Russie et exacerbé la russophobie chez les Ukrainiens de l’Ouest comme dans les opinions publiques occidentales. Désormais, sur l’ensemble du continent européen à l’ouest du Dniepr, on assiste à une surenchère politique et médiatique pour réclamer plus d’armes, plus de sanctions, plus d’argent pour l’Ukraine et s’opposer à toute tentative sérieuse de dialogue avec la Russie, tandis que les partisans de la paix sont décrits comme des traitres ou des amis du «criminel» Poutine. 

Même pour Zelensky, la négociation est devenue impossible, car il serait aussitôt accusé de pactiser avec le «boucher du Kremlin» par les nationalistes extrémistes de son camp. Sa survie politique, et même physique, serait en jeu. Il est d’ailleurs frappant de constater à quel point le régime ukrainien s’est radicalisé ces dernières semaines avec la surveillance et l’expulsion des journalistes non conformes, mais surtout la dissolution et l’interdiction des partis d’opposition (les partis du bloc de gauche et jugés pro-russes, dont le leader du principal d’entre eux, Viktor Medvedchuk, a été enlevé, mis au secret et proposé d’être libéré en échange de prisonniers russes). On rappellera que les chaines de télévision et les médias considérés comme «hostiles» avaient déjà été fermés. Cette dérive vers l’autoritarisme affecte donc aussi l’Ukraine. 

On ne voit donc pas comment la paix pourrait être rétablie dans un tel climat d’hystérie. On se demande même si l’Occident, qui ne semble plus que parler le langage des armes, n’est pas saisi d’une sorte de folie suicidaire. Dans ces conditions, on peut au mieux espérer un cessez-le-feu et un conflit plus ou moins gelé avec une Ukraine coupée en deux. Mais même de cela on est encore loin! Dans les semaines et les mois qui viennent, avec les livraisons d’armes en cours, les espoirs de victoire proclamés par la coalition occidentale, la résilience d’une économie russe loin de s’effondrer, le soutien confirmé de la Chine et de l’Inde, il faut plutôt s’attendre à une escalade des combats, des tensions internationales… et des propagandes qui les accompagnent!

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

14 Commentaires

@Franky 29.04.2022 | 02h18

«Le colapsologue que je suis est pleinement satisfait de l' évolution de la situation....Chic... on y arrivera !»


@XG 29.04.2022 | 05h57

«Merci Monsieur Mettan pour cet éclairage différent qui change de la propagande anti-russe relayée jusqu'à l'écoeurement par les médias de grand chemin. Pour le moment les grands gagnants de cette situation sont les marchands d'armes, surtout américains. Et si le conflit se prolonge, ils vont s'assurer une rente de situation bien confortable. Comme certaines entreprises pharmaceutiques l'ont fait avec le CoVid. Les grands perdants de ces jeux géopolitiques malfaisants sont, comme toujours les civils, ici ukrainiens, qui payent les pots cassés de l'incompétence et de l'entêtement de leurs dirigeants. Un jour cela pourrait être nous, car nos dirigeants actuels, en Occident, ne valent guère mieux. »


@Chuck50 29.04.2022 | 08h47

«La folie des grandeurs états-unienne, un pays au bord du gouffre.»


@Apropos 29.04.2022 | 09h18

«C’est étonnant comment une simple petite phrase résonne toujours autant : à qui le crime profite ? Merci pour votre article.»


@Libredepenser61 29.04.2022 | 12h01

«Quelle excellente et pertinente analyse; je partage. »


@simone 29.04.2022 | 15h05

«Votre commentaire clair et sans passion est redoutablement lucide comme l'interview du colonel Baud sur you Tube.
Jusqu'où iront la folie et l'aveuglement des Européens et la mégalomanie de l'0TAN pilotée par des Démocrates américains? Continuez d'écrire, s'il vous plaît. Peut-être finirez-vous par être lu et compris!
Suzette Sandoz
»


@Chan clear 29.04.2022 | 15h36

«Merci de cette analyse, il y a un tel paradoxe entre une frange de l'humanité qui ne cesse de se " bouger" contre la pollution planétaire et d'une autre part, les livraisons d'armes incessantes vers l'Ukraine, du matériel lourd comme décrit dans la Presse, on pourrait rêver qu'une voix s'élève et dise : Bon maintenant les garçon ça suffit, on arrête de jouer !" »


@RAS 29.04.2022 | 16h22

«Pour rappel, il serait intéressant d’étudier l’histoire politique de la seconde guerre mondiale.
Des documents, publiés en 2012, ont permis de revoir l’histoire du financement d’Hitler et de l’organisation de la seconde guerre mondiale par les banquiers états-uniens et britanniques, couverts par le président Franklin Roosevelt, dans l’espoir de détruire l’URSS.
Pendant que des soldats mouraient sur les champs de bataille, la direction de la BRI (Banque de règlement internationaux) se réunissait à Bâle avec les banquiers des États-Unis, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Italie, de Belgique et du Japon.
Tout cela pour en arriver, après la deuxième guerre mondiale, à l’adoption du dollar comme monnaie de référence, et, sous prétexte de protéger l’Europe, la création de l’OTAN en mains américaines, ceci grâce à la confiance naïve des élus européens.
Concernant la situation actuelle, il serait bon de rappeler la signature des accords de Minsk I et II, avec la participation de la France et de l’Allemagne, deux pays qui n’ont absolument rien fait pour le respect des accords.
La situation actuelle me paraît ressembler étrangement à ce qui s’est déjà passé.
En remplacement des grandes théories, il serait temps de réagir et de rejeter cette guerre par procuration des USA.
»


@Paulo51 29.04.2022 | 16h39

«Ce conflit me paraissait simple à comprendre avant la lecture de cet article!

Merci pour cet éclairage.

Jean-Paul Respinguet»


@markefrem 29.04.2022 | 19h06

«Écrite par un russophile (poutinolâtre ?) patenté, une telle prose n’a rien d’étonnant.
La tentative de justifier cette brutale barbarie, au mépris des accords signés, à la seule gloire d’un illuminé imaginant ressusciter la "grandeur" passée de l’ex URSS, avec son étendue géographique et la veule soumission de ses vassaux, ne trompera que quelques demeurés incapables de discernement. A décharge, notre manque de réaction aux précédentes exactions (Crimée, Géorgie, Tchétchénie, etc.) constituait un bel encouragement à poursuivre cette enivrante chevauchée conquérante, basée sur le mensonge, la dissimulation, la fourberie et la supposée pleutrerie du reste du monde civilisé.»


@joly.tramelan 29.04.2022 | 19h34

«Cela fait du bien de lire un journaliste qui ne bêle pas avec les moutons de Panurge. Merci Monsieur Mettan !»


@Ciufetta 29.04.2022 | 20h07

« Parler de la guerre en Ukraine comme d’un « conflit de voisinage » et d’un « problème régional de sécurité » est étonnant, quand on voit resurgir des profondeurs de l’histoire russe les plus vieux démons de l’empire moscovite. La Moscovie, on le sait, a commencé son expansion, au XIVe siècle, en anéantissant (avec quelle férocité) un autre État russe, la « république » de Novgorod. Elle a englouti plus facilement toutes les autres principautés voisines, pour, de siècle en siècle, arriver jusqu’au Pacifique. Du fait de son immensité, elle est plus qu’un pays, elle est à elle seule un monde, et c’est pourquoi elle se conçoit facilement en opposition au reste du monde. En cela, le KGB était l’héritier des tsars.
Ce qui est étonnant, c’est, pour une fois, la lucidité de l’Occident. Le dire n’est pas du sarcasme. Car ce type de pouvoir politique, cette conception de l’État (un État qui ne peut tenir qu’en s’étendant toujours plus loin, avec un pouvoir despotique pour tenir tout ensemble), nous sont difficiles à comprendre…
Actuellement, la Russie nous montre un de ses visages, celui de la « stratocratie » dont parlait Castoriadis. Poutine n’est pas toute la Russie, loin de là, il faut le répéter. Mais aujourd’hui c’est celle-là qui nous concerne directement, à travers l’Ukraine. Oui, le moment est dangereux. Mais le plus dangereux serait de ne pas le comprendre, de prendre Poutine pour un phénomène isolé, sans ses racines historiques.
Reconnaître à ce régime « le droit à exister de façon différente », c’est lui reconnaître celui de tuer Nemtsov et Politkovskaïa, de mettre Navalny en camp, de faire taire l’Écho de Moscou et toute voix non inféodée au pouvoir. Certes, pour éviter de subir le « déferlement médiatique » que nous imposent nos reporters, ces « journalistes soigneusement filtrés » au péril de leur vie, il vaudrait mieux nous contenter de la télévision russe…
Les soi-disant « nationalistes extrémistes » qui selon l’expression d’Alexandre Herzen se battent « pour leur liberté et pour la nôtre », ce sont les descendants de ces mêmes Russes des XVI-XVIIe qui fuyaient les exactions d’Ivan le Terrible et les débuts du servage vers la steppe libre. Car l’Ukraine, c’est un peu comme la Russie – mais libre. De cela, en particulier, Moscou a peur.
Bien des acteurs de la pérestroïka avaient foi dans le changement des mentalités, ils croyaient qu’avec une relative prospérité, un quotidien qui ne serait plus sous la contrainte, les esprits oublieraient ces vieux démons. On le voit : une seule chose peut les en libérer, c’est un vrai changement intérieur, un changement de régime politique, non une « pérestroïka » qui a donné la fortune sans la liberté, à un petit nombre, pendant que l’Occident laissait placidement l’argent du pétrole et du gaz reconstituer le complexe militaro-industriel soviétique.
Mais il est sûr que « l’économie russe est loin de s’effondrer ». Le calvaire de l’Ukraine n’est pas près de finir, et la lucidité oblige à reconnaître que le moment est très périlleux pour tous. Il est d’autant plus vital d’en bien comprendre les enjeux. »


@Ciufetta 30.04.2022 | 08h23

«pardon pour cette coquille! C'est au XVe siècle que Moscou a anéanti Novgorod...@Ciufetta»


@Latombe 01.05.2022 | 11h50

«Russophilie quand tu nous tiens !
J’ai eu un certain penchant à m’intéresser au discours de Guy Mettan lorsqu’il était responsable dans la formation des journalistes et membre du PDC (qui marchait à l’époque sur deux jambes : démocrate et chrétienne et qui les a coupées toutes les deux pour revendiquer à lui seul le Centre).
Mais plus récemment j’ai eu le sentiment d’une dérive obsessionnelle qui diabolise l’Occident un peu comme Zemmour diabolise l’Islam, et qui, depuis, idolâtre la Russie et peut-être même son chef.
Cela péjore la prétention à l’analyse de la guerre menée par le gouvernement russe contre la nation ukrainienne appelée aussi opération (très) spéciale.
Je relève en particulier trois choses : mettre l’accent sur la peur fantasmée d’une invasion de la Fédération de Russie par les Etats-Unis et ses alliés pour justifier toute opération militaire russe, discréditer Joe Biden (comme Trump et son Joe l’endormi) en donnant crédit à ceux qui l’accusent de sénilité au nom de son âge (tout simplement contemporain de Jacques Pilet votre réd. en chef et Suzette Sandoz, une de vos groupies,…), mettre en doute les actes cruels et foulant aux pieds le droit de la guerre commis sur des populations civiles par des soldats russes à Boutcha et Irpin en attendant d’autres.
Je ne doute pas qu’il y ait aussi des actes cruels commis par des Ukrainiens, je ne suis pas naïf, mais pour prendre de la hauteur je renvoie à l’analyse (une solide celle-là) de Mikhaïl Chichkine, écrivain russe établi à Zurich, parue dans le Guardian et reprise par le Courrier du 29 avril.
»


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