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AILLEURS / Internet

Tisser une nouvelle Toile pour museler le cybercrime

L e cyberterrorisme est omniprésent, les extorsions se multiplient et visent aussi bien les entreprises, les hôpitaux que vous et moi. En deux mots, internet est un foutoir, assurent Sally Adee et Carl Miller dans le magazine «New Scientist».

Ça, tout le monde le sait désormais. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il existe une solution depuis des décennies à ces désagréments et que nous pourrions l’appliquer dès demain, affirment les auteurs. En ce moment même, cet internet de nouvelle génération fait l’objet de débats dans les cénacles discrets de la gouvernance du Net. On l’évoque comme le moyen de prévenir une potentielle apocalypse qui mettrait hors d’usage tous vos appareils connectés. Il y a juste un petit problème: si on instaure cette nouvelle génération d’internet, il faut le faire pour le monde entier; et si on le fait, elle risque de bousiller toute la planète en ligne telle que nous la connaissons.

Le prix à payer est élevé, concèdent Sally Adee et Carl Miller, mais il est urgent de se bouger. Car notre internet actuel n’a jamais été conçu pour tenir le coup face à des milliards d’utilisateurs – et d’abuseurs. Il fonctionne comme la Poste: il envoie des paquets d’informations d’un expéditeur A à un destinataire B sans se demander ce que sont ces informations. Ça marchait bien dans les années 1970, quand on pouvait encore tenir sur une feuille A4 le registre de tous les abonnés. C’est devenu un cauchemar.

Un identifiant unique

Mais cela pourrait changer s’il était possible d’assigner un identifiant unique, permanent et traçable à chaque smartphone, PC ou document. Robert Kahn, qui avait contribué à l’époque à développer la suite de protocoles TCP/IP pour le transfert de données sur la Toile, a justement créé un tel système au début des années 1990: plus question de paquets de données anonymes, chaque séquence de bits a son propre identifiant unique. Ce système, écrit le New Scientist, est déjà en usage (limité) dans des cercles fermés.

Alors, c’est sûr, il faudra qu’on enregistre les données auxquelles nous tenons dans d’immenses bibliothèques et que nous changions nos habitudes. Mais c’est peut-être à ce prix que la cyberguerre généralisée pourra être vaincue.


L'article du New Scientist: «We can stop hacking and trolls, but it would ruin the internet»


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