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LU AILLEURS / Amérique latine

Plainte historique contre Nicolás Maduro

P our la première fois, les gouvernements de l'Argentine, du Chili, de la Colombie, du Paraguay, du Pérou et du Canada ont présenté en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies une lettre demandant à la Cour pénale internationale (CPI) d'enquêter sur des crimes présumés contre l'humanité et des violations des droits humains qui se seraient produits au Vénézuéla sous le gouvernement de Nicolás Maduro, ont rapporté les médias internationaux.

Parallèlement à la lettre adoptée par les six États américains, deux rapports préparés par des experts internationaux ont été joints, documentant les processus extrajudiciaires, la torture et les détentions arbitraires dans le cadre de manifestations anti-gouvernementales. 

Ces documents seront maintenant examinés par la CPI. Si l’enquête aboutit, cela créerait un précédent dans la région.

En juin, Bon Pour la Tête a publié la version choquante de proches victimes d’exécutions extrajudiciaires à Caracas.

La fin de la crise au Vénézuéla dépendra-t-elle de cette plainte? On ne sait pas encore.

Ce que l'on sait, c'est que la situation reste complètement inédite.

Jamais auparavant, depuis l'entrée en fonction de ce tribunal en 2002, les États faisant partie du Statut de Rome, la norme internationale qui a créé la CPI, n'avaient demandé l'ouverture d'une procédure contre un autre État membre.

L’autre nouveauté est que la plainte émane de présidents et non d’associations qui défendent les droits de l'homme.

«S’il y a une intention d’ouvrir une enquête contre le Vénézuéla, la Cour pénale internationale, dirigée par le procureur nigérian Fatou Bensouda, devrait demander l’autorisation de la Chambre préliminaire du Tribunal, ce qui compliquerait le processus. Cependant, à la demande des gouvernements susmentionnés, Bensouda n'a plus besoin de l'approbation de la Cour et pourrait commencer l'enquête», rapporte le journal colombien El Espectador.

La crise a provoqué un exode historique dans la région

Pour l'opinion publique, il est clair que la raison de ce soutien est que la région a été affectée par l'exode massif des Vénézuéliens, selon El Espectador. Même le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a qualifié de «catastrophique» la situation dans le pays et s'est déclaré favorable à l'utilisation de «tous les moyens» pour aider les Vénézuéliens.

L'ultimatum à l'administration de Maduro est déjà envoyé.

Pendant ce temps, le président américain Donald Trump a déclaré dans son discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies que «les Etats-Unis ne fourniraient aucun soutien à la reconnaissance de la Cour pénale internationale». Maduro a peut-être dû se sentir un peu plus léger et a exprimé sa volonté de le rencontrer pour lui serrer la main.

Cette poignée de mains sera-t-elle suffisante pour sortir les Vénézuéliens de la crise ou est-ce juste une mise en scène médiatique?


Découvrez l'article original paru dans El Espectador

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