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AILLEURS / Japon

Interdite aux femmes, une île japonaise entre au patrimoine mondial

R éservée uniquement aux hommes et refoulant les touristes, la très controversée île d'Okinoshima vient d'être ajoutée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Et de vingt-et-un! Le weekend dernier, lors de la réunion annuelle de l’UNESCO à Cracovie en Pologne, le Japon a inscrit un nouveau site dans la prestigieuse liste du patrimoine mondial: l’île d’Okinoshima et ses 97 hectares, ses trois récifs adjacents et quelques espaces connexes.

La petite perle sacrée, située entre l’archipel japonais et la péninsule coréenne, mérite sans aucun doute cette consécration internationale. Ses vestiges archéologiques lèvent le voile sur des échanges inter-culturels entre les deux nations. Avec un plongeon inouï au cœur des rites religieux réalisés entre le IVe et le XIXe siècle.

Femmes impures

Cependant, comme le relève le magazine tokyo weekender, l’île d’Okinoshima soulève la controverse. Les femmes y sont depuis toujours strictement interdites. Réservée à l'année aux prêtres des trois sanctuaires de Munakta Taisha, l’île accueille une fois par an, chaque 27 mai, 200 hommes sur son territoire pour qu'ils prennent part à un rite de d'ablution. Nus, ces visiteurs «privilégiés» parcourent les eaux pour rejoindre le lieu saint. 


Les raisons du bannissement de la gent féminine n'ont jamais été révélées publiquement. Un article du Guardian suggère que les prêtres Shinto voient le sang menstruel comme impur. 

Les touristes personae non gratae

Malgré le soutien financier proposé par l'UNESCO, l'île 100% masculine campe sur ses positions: les femmes tout comme les touristes sont personae non gratae. Takayuki Ashizu, le chef des prêtres des sanctuaires de Munakata Taisha, avait d'ailleurs rassuré les locaux qui émettaient des réserves quant à cette inscription au patrimoine mondial. «Nous n'allons pas ouvrir Okinoshima au public même si le site est inscrit à l'UNESCO car les gens ne devraient pas venir le visiter seulement par curiosité», affirmait-il dans un article du Japan Times.

L’effervescence du Japon autour de l'ajout des biens culturels à l’héritage de l’Humanité n’est pas prête de s’éteindre. Deux autres sites (des églises chrétiennes à Nagasaki et les îles Amami-Oshima, Tokunoshima et le nord d'Okinawa, Iriomote) sont en processus de nomination pour 2018.


Lire l'article du tokyo weekender: «Japan Adds “Men-Only” Okinoshima Island to Its Growing List of World Heritage Sites»

Lire l'article du Guardian: «Japanese sacred island where women are banned gets Unesco world heritage listing»



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