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LU AILLEURS / Égalité

Dans les pays de l'Est, les femmes sont au sommet de l'économie

E lles ont d'abord compris l'esprit du marché. Dynamiques, créatives, elles n'ont pas peur de la compétition. A l'Est, les femmes managers se sont hissées au sommet de l'économie, plus qu'à l'Ouest. Dans la partie orientale de l'Europe et en Russie, elles détiennent plus de 40 % des postes de direction, alors qu'au Danemark, par exemple, elles n'en occupent que 27 %, comme l'explique l'hebdomadaire culturel danois Weekendavisen.

Ce sont des femmes managers qui ont du succès et qui n'ont pas choisi entre leur carrière et leur famille. Parce qu'elles peuvent assumer les deux rôles. C'est le cas en Russie et dans d'autres pays d'Europe de l'Est où les femmes occupent en permanence les postes les plus élevés au sommet de l'économie. En attestent diverses statistiques sur la présence des femmes, basées sur des données fournies, entre autres, par l'Organisation internationale du travail (OIT), une agence indépendante de l'ONU. 

Plus de 40% des postes de direction sont détenus par des femmes dans sept pays européens seulement: le Belarus est le pays le plus vertueux, où les postes de direction sont répartis presque également entre les femmes et les hommes. Mais il y a aussi la Slovénie, la Pologne, la Lettonie, la Moldavie, l'Ukraine et la Russie. Si l'on se tourne vers l'Ouest, au Danemark, les femmes occupant des postes importants dans les entreprises ne représentent que 27% du total. Des chiffres similaires sont observés dans la plupart des pays occidentaux.

Il y a un facteur spécifique qui freine la carrière des femmes au Danemark. Les pères danois qui prennent un congé parental représentent 80 % du total, mais ils n'utilisent que 9,5 % du temps auquel ils ont droit. 

Les experts ont formulé plusieurs explications à cette présence forte des femmes de l'Est dans les cadres des entreprises. D'une part, affirme l'OIT, il y a le fait que dans les anciens pays communistes, pendant des décennies, les femmes ont été habituées à exercer toutes sortes de métiers en dehors du foyer. En ce qui concerne la Russie, le point fondamental est que lorsque l'économie de marché a remplacé l'économie planifiée, pour de nombreuses femmes, cette mutation s'est traduite par un avantage sur le plan social.

A l'Ouest, les priorités sont différentes. Selon les chercheurs, le nombre plus faible de femmes cadres en Occident a également une autre explication: en Europe occidentale, les priorités des femmes sont différentes de celles des hommes. Dans les pays riches, où l'égalité des sexes est plus grande, les femmes décident consciemment d'étudier et de travailler dans des professions où elles sont plus fortes. «Plus le bien-être augmente et plus nous nous rapprochons de l'égalité des sexes, plus l'identité sexuelle devient pertinente. C'est comme si les femmes, ayant atteint les plus hauts échelons de la pyramide des besoins de Maslow (une représentation hiérarchique et schématique des besoins humains, du physiologique à l'éthique, faite par le psychologue américain Abraham Maslow), étaient plus susceptibles de se consacrer à la maternité», a déclare à l’hebdomadaire Weekendavisen Nina Smith, professeur d'économie à l'université d'Aarhus, qui étudie depuis des années les relations entre les sexes et l'égalité des sexes dans le monde du travail.

Confirmant la validité de ces analyses, dans la répartition des rôles de direction entre hommes et femmes, l'Europe de l'Ouest et du Nord est dépassée non seulement par l'Europe de l'Est, mais aussi par de nombreux pays américains et asiatiques.

Afin de maintenir ce niveau de présence à la tête de l'économie, confier la garde des enfants aux filles au pairs est un facteur clé qui a permis et continue de permettre à de nombreuses femmes d'Europe de l'Est d'accéder et de réussir aux postes de cadres.


L'article original est ici.

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