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LU AILLEURS / Brésil

Bolsonaro et les trois petits fistons

D ans la famille présidentielle brésilienne, les pommes ne sont pas tombées bien loin de l’arbre. Les trois fils de Jair Bolsonaro sont encore plus inquiétants que leur père, selon la presse locale, qui leur a trouvé des surnoms lourds de sens. Slate nous les présente dans un article qui ne laisse rien présager de bon.

Vous trouviez que l’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil ne faisait pas franchement partie des bonnes nouvelles de l’année? Vous n’avez encore rien vu, car la relève est semble-t-il assurée par ses trois fils prodiges, qui ont tous trois eu la brillante idée de faire carrière en politique. Tous les trois partagent un goût immodéré pour l’étalage public de leurs idées d’extrême-droite, notamment sur les réseaux sociaux, où ils défendent la peine de mort, le travail forcé des détenus, l’industrie agroalimentaire et leur aversion pour le communisme et les minorités, notamment.

Dans la famille Bolsonaro on demande l’aîné: Flávio Bolsonaro, 38 ans, baptisé Zéro un par la presse brésilienne, est un ancien conseiller municipal de Rio de Janeiro. Ancien député et actuel sénateur de la ville, dont il serait proche de la milice.

Zéro deux, Carlos Bolsonaro, 36 ans, est joyeusement surnommé le «pitbull». Mu par une véritable vocation sans nul doute inspirée de ses glorieux modèles, il a commencé sa carrière politique dès sa majorité en entrant au Conseil municipal de Rio de Janeiro. Nostalgique de la dictature militaire, il affiche régulièrement ses positions sur Twitter, comme en septembre dernier, lorsqu’il écrivait: «Par la voie démocratique, la transformation voulue par le Brésil n'aura pas lieu à la vitesse que nous souhaitons.»

Le dernier de ce glorieux trio – et pas des moindres: Eduardo Bolsonaro, 35 ans, surnommé Zéro trois, est député de la ville de São Paulo et nourrit une véritable passion pour les armes à feu, puisqu’il a même appelé son chien Berreta (et lui a créé un compte Instagram qui rencontre un succès non moins inquiétant). Allergique à la gauche, Eduardo est un admirateur assumé de Steve Bannon et de Matteo Salvini, qui travaille à «unir les forces populistes du monde entier» en promulguant une «vision nationaliste et souverainiste contre le globalisme», rapporte Slate.

Eduardo Bolsonaro, député de la ville de São Paulo

Validé par Donald Trump (puisqu’il a failli être ambassadeur du Brésil aux Etats-Unis), Eduardo Bolsonaro a mis le Conservative political action conference à la sauce brésilienne en tenant des réunions politiques annuelles aux nobles desseins, dont promouvoir les valeurs chrétiennes, la vision traditionnelle de la famille et du mariage et lutter contre l’avortement: «Après des décennies d'obscurité, un nouveau faisceau de lumière frappe les terres brésiliennes. Dans cette nouvelle ère, la société se fait entendre et se mobilise contre la terreur du communisme.»

Notons tout de même que, outre ce réjouissant trio, Jair Bolsonaro a deux autres enfants. Renan et Laura, qui sont encore trop jeunes pour entrer en politique. Il n’est donc pas interdit d’espérer.


Pour lire l'article original, c'est par ici!


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Amèle Debey

Amèle Debey est journaliste RP autodidacte depuis 2009. Elle a fait ses armes à Paris, puis à Lo...

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

2 Commentaires

@Ph.L. 09.11.2019 | 12h14

« (... )un compte Instagram qui rencontre un succès non moins inquiétant..." C'est la question, comme dirait Hamlet!
De fait, en lisant l'excellent portrait que Mme Debey fait de la charmante tribu des Bolsonaros on se demande vraiment d'où vient l'incroyable popularité de ces "mâles blancs tenant du patriarcat, réactionnaires et néo-colonialistes", comme diraient certains et surtout certaines. Et là, il faudrait une enquête de terrain, avec une analyse sociologique et politique très fine, pour aller dans les détails où le Diable se cache, comme toujours (j'aime cette formule, je le reconnais). Donc offrir un petit voyage à Mme Debey afin quelle devienne "La femme de Rio"! Je ne saurais qu'encourager "Bon pour la tête" à aller dans ce sens...»


@Reiwa 11.11.2019 | 23h12

«Le succès du l'extrême droite, un peu partout dans le monde, est le résultat de la mauvaise gestion des partis dits classiques, qui se succèdent aux pouvoirs avec des idéologies différentes certes, mais qui favorisent les déficits, la corruption et l'insécurité. suis quand même étonné que la vague ultra-droite est restée faible malgré tout le désordre qui secoue le monde. Est-ce que la récente vague verte a été montée de toute pièce pour contrer l'autre? c'est possible. Personnellement je n'aime ni l'extrême droite ni les verts de gauche. Article très intéressant ! »


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