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ACTUEL / Economie régénératrice

Le club select des «bonnes» entreprises suisses

O paline, Loyco, Conser, GlobalanceBank, Softweb, CauseDirect, ces six entreprises helvètes sont tamponnées «Best for the World 2017» selon le label international BCorp – Benefit Corporation – une certification pour entreprises conscientes et fidèles à des standards éthiques internationaux.

Contrairement aux USA et en Angleterre, BCorp – pour Benefit Corporation – n’a pas encore infiltré le glossaire économique suisse. La certification «qui est à l’entreprise ce que le Fair Trade est au café» fait pourtant son bout de chemin dans nos contrées. Avec son mantra «Using business as a force for good», elle a séduit une trentaine d’entreprises du territoire depuis son arrivée en 2014. Cinquante seraient en cours de labellisation. Et parmi ces sociétés de toute taille, de la start-up de quatre employés à la PME de plus de huitante collaborateurs, six sortent du lot: Opaline, Loyco, Conser, GlobalanceBank, Softweb et CauseDirect.

Ces lauréates font partie des 10%. Soit les meilleures entreprises BCorp sélectionnées à partir de critères socio-environnementaux (lire ci-dessous). Un calcul de score réalisé à travers le globe sur 2200 compagnies en lice. «Réinventer la notion de performance dans le monde des affaires en se basant sur d’autres paramètres que la pure rentabilité, voilà notre objectif commun», confie Christophe Barman, CEO de Loyco, société à Carouge, Lausanne, Sion et Zurich qui offre des services de conseils en assurance, gestion, ressources humaines.


 

Le label, aimant à clients

Donner un sens à sa stratégie d’affaire. Penser à l’impact humain et écologique de ses activités. Dans ce club select, l’ère d’une économie régénératrice a sonné. Avec pour identification entre les pairs, le label BCorp. «Les clients potentiels nous choisissent pour nos valeurs et notre prise de conscience. Le sceau BCorp, c’est un véritable aimant», explique encore le directeur de Loyco, sacrée dans la catégorie Collaborateurs avec son «holacracy», un système visionnaire sans hiérarchie. Plus de vingt employés l’année passé ont d’ailleurs accédé à des parts de l’entreprise. Copropriétaires, ils travaillent ainsi «pour leur propre bénéfice».

Une banque d’investissement éthique

Auréolée dans la catégorie «Clients», GlobalanceBank se définit comme une banque privée éthique, optant pour des investissements transparents en faveur de causes durables. «Nous choisissons d’investir l’argent de nos partenaires dans certains types de projets qui ont un impact positif, comme dans les énergies renouvelables, l’accès à la formation ou encore le développement des soins», précise Peter Zollinger à la tête du département recherche à Zurich. «Ils se dédient uniquement à des activités économiques à plus-value sociale», ajoute Jonathan Normand, fondateur du BLab Genève, le première organisation à but non lucratif BCorp du pays.  

Visibilité internationale

Animées par des principes d’innovations sociales, grâce à cette reconnaissance, ces «Best for the World» made in Switzerland bénéficient surtout d’une certaine visibilité internationale, notamment au sein d’une communauté BCorp grandissante. «La certification classique nous avait déjà ouverte de nombreuses portes, surtout à l’étranger», explique Patrick Vieljeux, fondateur de CauseDirect, un portail d’engagement solidaire destiné aux multinationales, récompensée dans deux catégories Impact Global et Communauté. Nul doute que d’autres synergies tomberont suite à l’annonce du classement de ces «happy few».

  La pyramide des valeurs des sociétés BCorp Switzerland.

Au tour des multinationales

Depuis sa création en 2006, cette famille d’entreprises engagées s’agrandit, et pas uniquement dans les petites et moyennes structures. En France, Danone a rejoint en 2015 le mouvement BCorp et propose des outils de réflexion à ses consœurs de taille. «Ici aussi, des multinationales s’y intéressent. Certaines viennent d’entrer dans le processus de certification mais je ne peux rien dire de plus», glisse Jonathan Normand  qui spécifie que cela prend du temps pour répondre à toutes les exigences du label.


Zoom sur les critères de sélection BCorp

Communauté, Environnement, Collaborateurs, Clients, Long terme, Changemakers, Impact Global, différentes catégories de certification BCorp co-existent dans le classement «Best for the World 2017». Chacune avec des critères spécifiques de sélection. Par exemple, pour le calcul du paramètre Impact Global, la société est évaluée sur sa performance environnementale, son implication dans le tissu local, le traitement de ses employés, la transparence de ses activités etc. Elle doit au moins avoir un score de 80/200 pour être éligible.

L'étiquette BCorp est extrêmement bien vue mais certaines voix sur le Web mettent en garde les entreprises face à la nouveauté du label: Raad Ahmed, fondateur du site LawTrades mentionne par exemple le risque de volatilité d'une certification encore très jeune.


La liste complète des «Best for the World 2017»

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Luc Debraine, Sarah Dohr, Geoffrey Genest, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud (président), Florence Perret, Jacques Pilet, Chantal Tauxe, Faridée Visinand, Ondine Yaffi (ordre alphabétique).

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