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A VIF / CHIFFRES

Mortalité en Suisse: une question de proportions

V ous nous avez interpelés suite à l'article paru sur le site internet de la RTS mercredi 13 janvier, intitulé «La mortalité a atteint en 2020 des niveaux inédits depuis 100 ans». Voici la réponse de Fabien Balli-Frantz, qui analyse pour BPLT les chiffres de la mortalité mois après mois.

Lire l'article de la RTS.


Comparer les valeurs brutes de décès prises à des années fortement éloignées l’une de l'autre ne fait sens que si la variation démographique est négligeable.
Ainsi, comparer le nombre de décès liés à la grippe espagnole ou encore à l'épidémie de variole de 1871 avec ceux de notre époque peut mener à confusion, en particulier le lecteur peu habitué à lire et à interpréter des données de mortalité.
Une normalisation des données de mortalité reste nécessaire pour conserver le sens des proportions et faire des comparaisons réalistes.
Pour conclure, une position me semble intéressante à ce sujet, tirée d’une récente interview par Medinside de l’infectiologue suisse, le Prof. P. Vernazza, dont voici un extrait traduit en français.
Medinside: Des études montrent que la mortalité en Suisse est l'une des plus élevées. Qu'est-ce que vous en pensez?
P. Vernazza: Au début, on disait que la Suède avait un taux de mortalité élevé, maintenant c'est soudainement la Suisse. La question de la mortalité est très complexe. Les personnes très âgées meurent souvent en fin de vie d'infections virales en réalité banales, souvent en hiver. Nous ne diagnostiquons pratiquement jamais ces maladies infectieuses. Parfois, il s'agit du virus respiratoire syncytial, parfois de la grippe et d'autres coronavirus sont également connus pour être la cause de la mort. Cette année, de tels décès sont fréquents avec la Covid, car ce nouveau virus domine l'épidémiologie actuelle. Nous n'avons pratiquement plus de patients grippaux actuellement. La question décisive est maintenant de savoir comment évolue la mortalité globale. Souvent, le taux de mortalité total des personnes de plus de 65 ans est évalué d'année en année. Mais ce groupe d'âge a augmenté de 10% au cours des cinq dernières années. La mortalité est désormais définie comme le nombre de décès pour 100'000 personnes par an. Maintenant, si vous étudiez les taux de mortalité des personnes de plus de 65 ans au cours des 10 dernières années, vous constaterez que la mortalité en 2013 et 2015 était plus élevée que la mortalité en 2020.
Medinside: Donc de votre point de vue il n'y a pas de surmortalité extraordinaire?
P. Vernazza: Ce n'est pas mon point de vue: c'est ce que les chiffres nous disent.

 

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

6 Commentaires

@Schmo 14.01.2021 | 08h00

«Merci pour ses précisions et pour vos analyses. En prenant le temps d'analyser vos chiffres, j'en étais arrivé à la même conclusion. »


@Bubblemaker22 14.01.2021 | 10h49

«Merci! Très bonnes et très claires explications!»


@Philippe37 14.01.2021 | 15h37

«Il y a assez longtemps que je m'en étais rendu compte en étudiant euromomo.eu notamment. La Grèce, pays qui verrouille et réprime ses citoyens, où j'ai passé 8 mois, a connu une des plus faibles mortalités covid....
En Suisse, c'est "la loi sur les épidémies" qui permet à l'exécutif de passer en force comme il le fait, sans âme ni conscience, depuis près d'un an. S'il n'y a pas eu d'épidémie, le château de sable s'écroule ! A quand les plaintes pénales en Suisse aussi ?
S'il s'était agi d'une occurence sanitaire, les médecins auraient sans doute joué leur rôle. Comme il s'agit d'une crise disons médiatico-politique de grande largeur, comme le dit un médecin "il y a eu monopole d'Etat via les hôpitaux".
Alors bas les masques et inutiles les chers tests commandés sur nos deniers aux pharma ? L'avocat R. Fullmich nous avertit : "La façon dont le processus d'infection est actuellement décrit est spécifiquement conçu pour que le verrouillage ne se termine jamais".
Encore faut-il le voir, le croire et passer à l'action... "l'arme de l'oppresseur se trouve dans la tête de l'opprimé" disait La Boétie en 1576. Jusqu'à quand ?
Philippe Destouches et Martine Keller

»


@Baïka 17.01.2021 | 12h46

«Il est temps que le peuple se réveille. Notre liberté de penser diminue chaque jour. On nous empoisonne avec des aliments contenant des pesticides. L'air devient de plus en plus irrespirable et ceux qui sont censés nous défendre nous mentent. Nous allons droit dans le mur et rien ne change. Est-ce l'avenir que nous promettons à notre jeunesse ?»


@moretet53 17.01.2021 | 15h52

«On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut. Dire que la mortalité de 2020 n'excède pas celle de certaines années passées, c'est une chose. Dire que ce n'est pas extraordinaire en est une autre. Ce que la mortalité de 2020 a d'extraordinaire c'est que:
- elle viens à contre courant d'une diminution de la mortalité (et donc du vieillissement de la population). C'est la première fois depuis longtemps que l'espérance de vie en Suisse diminue (voir https://www.rts.ch/info/suisse/11817622-le-covid19-provoque-un-recul-de-lesperance-de-vie-en-suisse.html)
- elle n'est pas plus importante parce qu'on a mis les grand moyens pour la contenir. Un des objectifs qui a été plus ou moins obtenus est de pouvoir soigner tout ceux qui en avaient besoin. Une absence de mesure aurait conduit à une saturation des hôpitaux et à une plus grande proportion de mort chez les personnes contaminées par le virus.
»


@Fabien77 17.01.2021 | 19h12

«@moretet53
Merci pour votre retour.
Une réduction de l’espérance de vie est effectivement un phénomène exceptionnel en Suisse, mais déjà observé au cours du nouveau millénaire.
Selon les statistiques de l’OFS, la dernière baisse de l’espérance de vie à la naissance a été observée en 2015. Elle a baissé de 0.3 année en Suisse entre 2014 et 2015. 2015 était l’année d’une forte grippe.
https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/population/naissances-deces/esperance-vie.html

Pour 2020, je ne possède pas de prédiction de la chute de l’espérance de vie à la naissance en Suisse.
L’étude du Prof. P. Wanner que vous présentez ne permet pas pour le moment de connaître la baisse de l’espérance de vie en Suisse. Il semble qu’il se concentre plutôt sur les pics (valeurs maximales) et non par sur l’intégrale de la courbe d’espérance de vie de 2020. https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.11.19.20234716v1.full
Les chiffres de l’OFS permettront d’en apprendre davantage dans quelques semaines ou mois.

En Suisse, nous avons la chance d’avoir un système de santé et social permettant une croissance de l’espérance de vie depuis de nombreuses années, l’une des plus élevée au monde.
Dans d’autres régions, vous constaterez que l’espérance de vie à la naissance est en baisse (par ex. USA, pays de l’Afrique du Sud). Aux USA, les principaux facteurs responsables sont les surdoses de drogue, les suicides, les maladies liées à l'alcool et l'obésité. Dans les pays d’Afrique du Sud, le VIH est le fléau et la perte d’espérance de vie se quantifie d’environ 10 ans entre le début des années 90 et les années 2005-2010.
https://edition.cnn.com/2019/11/26/health/us-life-expectancy-decline-study/index.html
https://ourworldindata.org/life-expectancy#:~:text=The%20United%20Nations%20estimate%20a,life%20expectancy%20of%2072.3%20years.

Un article intéressant montre aussi qu’hommes et femmes ne sont pas toujours égaux au niveau des variations de l’espérance de vie. Ainsi, les femmes auraient perdu 0.2 années d’espérance de vie en 2012 en France, alors que les hommes en auraient gagné environ 0.1 année.
http://www.observationsociete.fr/population/evolution-esperance-de-vie.html

Cordialement
Fabien BALLI-FRANTZ
»


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