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Média indocile – nouvelle formule

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L’Allemand Merz, le Français Macron et le Britannique Starmer ont trois points communs. Chez eux, ils font face à une situation politique, économique et sociale dramatique. Ils donnent le ton chez les partisans d’affaiblir la Russie par tous les moyens au nom de la défense de l’Ukraine et marginalisent les Européens qui misent sur la voie diplomatique. Ils font leur possible pour faire taire les opinions et les informations qui contrarient leur récit.



Le pire se joue à Paris. Selon toute vraisemblance, dès le 8 septembre, la France n’aura plus de gouvernement, le malheureux Bayrou quittant la barque faute de la confiance du Parlement. Le 10 septembre s’annonce une vague de manifestations de colère sociale, promises à des débordements. Comme par hasard, ce même jour, Macron convoque une réunion au Conseil de défense, un organisme militaire, pour combattre la «désinformation» sur les réseaux sociaux. Que mijote-t-il? Activer l’article 16 de la constitution et prendre ainsi des pouvoirs exceptionnels, hors du Parlement? En tout cas, il se pose déjà en chef de guerre, rêvant d’envoyer tôt ou tard des troupes en Ukraine. Alors même que les Français ne sont pas chauds du tout à cette idée. Alors même que le problème numéro un du pays, c’est l’abîme de la dette publique. Le seul versement des intérêts dépasse le budget de l’éducation nationale ou celui de la défense. Ce grand écart entre le déclin dramatique de l’économie et l’ambition belliciste ne sera pas tenable longtemps. Mais «Kéké rose», comme les insolents le désignent sur les réseaux, n’en a cure. Il ne songe qu’à sa gloire personnelle. 

L’Allemagne a mieux à faire que se préparer à la guerre

Lors de l’humiliante rencontre à la Maison Blanche, Trump ironisa sur la teinture des cheveux de Macron et le bronzage de Merz. Celui-ci ne passe pourtant pas un bel été. Sa coalition gouvernementale part à hue et à dia. L’opposition de l’AFD grimpe dans les sondages. Le chancelier énumère lui-même les soucis de l’Allemagne. Troisième année de récession, des centaines d’entreprises qui ferment ou partent aux Etats-Unis. Toujours plus de chômage, de pauvreté, de colère populaire. C’est clairement dit: «L’état actuel de l’économie ne peut plus financer notre système social». Dans le viseur, le «Bürgergeld», l’allocation aux sans revenus sur le sol allemand. Pour un couple avec deux enfants en bas âge, 2225 euros par mois, plus une aide spécifique au logement. Coût probable pour 2025: 46 milliards d’euros. Là aussi l’endettement public gonfle à vitesse grand V, contrairement aux promesses électorales du dit Merz. D’autant plus que les besoins d’investissements pour moderniser les infrastructures – ferroviaires par exemple – sont considérables.

Que fait le ministre des finances allemand? Il rentre de Kiev où il a promis neuf milliards de plus à Zelensky pour cette année. Ajoutés aux cinquante milliards déjà versés depuis 2022. L’Allemagne est en tête des «soutiens à l’Ukraine». Elle l’autorise et l’aide à envoyer des missiles au cœur de la Russie. Faut-il voir là, comme le chuchotent des historiens de pays voisins, quelque envie enfouie de revanche sur la défaite de 1945? En tout cas L’Allemagne ambitionne de faire de son armée la plus puissante d’Europe. Le ministre de la défense répète sur tous les tons que la population doit devenir «kriegstüchtig», préparée à la guerre. Tout un pan de l’opinion est cependant à l’opposé de ces discours, souhaitant plutôt renouer les fils avec la Russie, comme le firent plusieurs chanceliers dans le passé.

Les Britanniques font tout pour que la guerre se poursuive

Quant au Premier ministre britannique, Keir Starmer, mal aimé de l’opinion (68 % d’avis défavorables), il se démène dans le même embarras. Une économie souffreteuse, un endettement en hausse rapide qui va atteindre 100 % du PIB (moins que la France, plus que l’Allemagne), mais la volonté d’atteindre au plus vite un budget militaire de 5 %, comme le demande l’OTAN. Un effort gigantesque en vue. Les Anglais tirent pas mal de ficelles en Ukraine. Ils ont saboté l’accord d’Istanbul au début de la guerre et font tout pour qu’elle se poursuive. Ils préparent un éventuel successeur à Zelensky, plus déterminé encore, l’ex-chef d’état-major Valeri Zaloujny, ambassadeur à Londres. Mais le souci numéro un est intérieur. Les immigrés clandestins continuent d’affluer et suscitent une vaste grogne populaire. Les manifestations récentes, qualifiées d’extrême-droite, organisées par de nouveaux partis, ont été violemment réprimées. Quatre cent arrestations en une seule journée. Starmer exige des jugements immédiats et menace aussi les sympathisants de ce bord qui brandissent trop haut le drapeau britannique sur les réseaux sociaux. 

L’Europe s’enfièvre aussi à l’est

MM. Macron, Merz et Tusk, le Premier ministre polonais, se sont rendus en Moldavie pour appuyer le parti de la présidente pro-occidentale Maia Sandu, à la veille des élections parlementaires de fin septembre. Cela pour protester contre les «ingérences russes», probables dans l’ombre mais moins tonitruantes que celles des Européens! Ceux-ci arrosent par ailleurs à coups de millions les médias alignés dans ce pauvre pays aux sensibilités politiques divergentes. Plusieurs partis d’opposition, agrariens notamment, ont d’ores et déjà été écartés du scrutin sous des prétextes divers. De beaux discours sur la démocratie, oui, mais dans les limites posées. On a déjà vu ça en Roumanie où le fameux Georgescu, interdit de toute activité politique pour avoir préféré la négociation au feu à sa frontière, reste inculpé. Rebelote donc à Chisinau.

Autre signe des temps: les dirigeants européens, comme Ursula von der Leyen bien sûr, n’ont pas eu un mot pour condamner le sabotage par les Ukrainiens du pipe-line fournissant du pétrole russe à la Hongrie et à la Slovaquie, membres de l’UE, laquelle déverse des milliards à Kiev. Ces deux pays jugés mal-pensants à Bruxelles sont aussi furieux de cette indifférence que du coup qui leur a été porté. L’Ukraine ne casse pas seulement des tuyaux mais aussi l’unité politique déjà brinquebalante de l’Union. 

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

4 Commentaires

@hamac65 29.08.2025 | 00h19

«Merci !»


@Roger R. 29.08.2025 | 08h02

«Oui les dirigeants de ces trois pays sont bien des va-t-en guerre. Oui les médias mainstream relatent l’actualité sans égalité de traitement et donc de manière dirigée. Oui les complotistes ont souvent raison à posteriori. Oui les vues et les likes des médias marginaux (sur you tube par exemple) ne dépassent que rarement quelques centaines de milliers d’abonnés (ce qui est déjà bien mais pas suffisant). Mais quand s’attaquerons-nous à cette foule de gens qui n’en on en rien à faire, qui détournent la conversation quand on aborde des sujets brûlants, qui suivent leur destin tout comme les allemands et les allemandes ont suivi la propagande d’un certain chef de guerre et ses principaux adjoints. Pourriez-vous, Monsieur Pilet, entrevoir d’écrire un article sur le sujet. « Indifférence et absentéisme » .»


@XG 29.08.2025 | 08h16

«Merci pour cet état des lieux réaliste. Nous allons lentement mais sûrement vers la guerre. L'industrie bancaire s'est refaite une santé en 2008 sur le dos des contribuables, l'industrie pharmaceutique en 2020-2022 avec le Covid, maintenant c'est au tour du complexe militaro-industriel. Chacun son tour, après tout, les dindons de la farce restent les mêmes par contre. L'immense majorité des dindons ne s'en rend même pas compte, c'est là que ces manipulations d'opinions sont brillantissimes. Les chefs d'état ne gouvernent plus, ce sont des pantins des grandes industries, avec la grande guignole en chef de l'UE comme cheffe d'orchestre. Triste spectacle pour des pays soi-disant démocratiques et qui se permettent de donner des leçons au monde entier. Pas étonnant que le modèle démocratique fasse de moins en moins d'adeptes dans le monde.»


@Gretel 29.08.2025 | 11h09

«C'est qui les diplomates qui vont résoudre le conflit par la négociation. Avec qui vont-ils négocier? Pourquoi cette perpétuelle opposition entre deux camps que tout oppose? A part dans la guerre où cela s'impose de fait. Et la guerre est déjà là. Qui est le négociateur qui va discuter avec vos habiles diplomates? Celui qui a déclenché la guerre? On a vu sa disponibilité en Alaska. »


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