Média indocile – nouvelle formule

# 11 mars 2022

semaine n°10

Actuel

Sanctions contre l’agresseur ou se couper de la Russie à jamais?

Jacques Pilet

La Suisse, après une brève hésitation, a choisi de reprendre la totalité des sanctions contre la Russie. Ce qui ne contredit pas la neutralité, affirment le DFAE et l’omniprésente Micheline Calmy-Rey dans un exercice de contorsions juridiques époustouflant. Cessons cette farce. Assumons. Et posons-nous quelques questions: aurions-nous dû agir différemment? et quand la paix sera revenue, quelle sera notre relation avec ce qui restera, quoi qu’il arrive, notre grand voisin euro-asiatique?

L’ex-conseillère fédérale genevoise défend l’argumentation du Département des affaires étrangères avec un aplomb qui contraste avec la pâtée rhétorique de Ignazio Cassis. L’extraordinaire contorsionniste tenta même, dans un débat au Club suisse de la presse à Genève, d’expliquer qu’un programme de mesures propre à la Suisse eût été une violation de la neutralité, mais l’alignement ne le serait pas… Impossible de transcrire ici l’échafaudage sophistiqué entre politique ou droit de la neutralité qui permettrait de se joindre à l’UE sur toute la ligne sans relativiser le vieux principe. A peu près personne n’y croit hors du palais fédéral. Et encore moins à l’étranger. Ce qui est sûr, c’est que nous pouvons oublier les bons offices et les belles rencontres du style Biden-Poutine à Genève, lorsque la Russie est impliquée. En l’occurence, la Turquie et Israël ont pris le relais. Tout le monde s’est d’ailleurs habitué depuis longtemps à l’élasticité du concept. La Suisse fait partie du deuxième cercle de l’OTAN, le «Partenariat pour la paix». Elle achète des F-35 dont le système électronique est couplé à la surveillance américaine. Elle a fermé les yeux sur l’exportation des fameux appareils Crypto. Alors l’hypocrisie, basta! On peut se plaindre ou se féliciter du choix, mais cessons le déni. Lire la suite...


Le dessin de la semaine

« Les deux blocs débloquent »

Un dessin Valott