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Culture / Le père meurtri face au Père violeur


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«Mon Père», Grégoire Delacourt, Editions JC Lattès, 256 pages, 2019. En format de poche chez Le Livre de Poche, 216 pages, 2020.



Benjamin a été abusé par le prêtre de la colonie de vacances. Quand son père l’apprend, il devient fou. Il se rend à l’église, casse tout. Il veut voir le prêtre. Le massacrer. Le tuer. Il va lui faire payer. Pourquoi son fils? Comment en arriver à violer l’innocence d’un enfant de dix ans? C’est insupportable. Et puis, il se retrouve face au prêtre. Il perd ses moyens. L’attitude du prêtre est surprenante. La construction du roman se tisse tout en suspense. Le cœur du père meurtri bat à travers les pages du livre. Le lecteur subit aussi des palpitations. Il voudrait jeter le livre. S’en débarrasser pour éloigner de ses yeux les horreurs qui y sont racontées. Mais c’est impossible. L’épreuve est dure, elle doit pourtant être affrontée dans un duel de lecture. L’auteur, Grégoire Delacourt, sait s’y faire, c’est certain. On veut savoir, on veut comprendre. Et en même temps on ne veut pas savoir, pas comprendre. Comment comprendre que les mêmes doigts qui donnent à l’enfant le Corps du Christ à la messe le jour, le masturbent et l’attouchent le soir ? L’auteur donne des détails, même trop. C’est embarrassant, c’est dur. Pourtant nécessaire, profond, nuancé, salutaire.

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