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CHRONIQUE / Migraine

La Dolce Vita au musée, un ouvre-bouteille hi-tech et le sexe catholique

L ’enseigne de l’ancien cabaret «alternatif» lausannois (1985-1999) entre au musée – et ses clients?
Présence suisse vante un ouvre-bouteille «intelligent» – plus ou moins que ses futurs acheteurs?
Le sexe est très présent dans l’église catholique – est-ce convenu que de le relever?

Je n’ai jamais très bien compris l’engouement d’une certaine jeunesse lausannoise pour la Dolce Vita. Un club «mythique», paraît-il. Comme beaucoup de mes contemporains, j’y ai bu des hectolitres de bières et consommé toutes sortes de drogues récréatives, dragué des filles en perfecto et bas résille, entendu des groupes de musique pour certains assez bons. Mais il n’y a pas là de quoi construire un mythe. La Dolce Vita était un endroit sombre et poisseux d’alcool où les autorités laissaient s’agiter tranquillement une jeunesse qu’elle préférait là, dans cet état, plutôt qu’insurrectionnelle dans les rues. Aujourd’hui, l’enseigne de la Dolce Vita – dessinée par Keith Haring – entre au Musée historique de Lausanne. Les nostalgiques pourront aller y verser une larme sur leur jeunesse envolée.

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Nicolas Bideau a-t-il fréquenté la Dolce Vita lors de ses études lausannoises? Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, à 50 ans, il œuvre plutôt dans l’idéologie dominante que dans la contre-culture punk-rock. Interviewé par 24 heures, le directeur de Présence suisse se réjouit de vanter les vertus de la SwissTech dans le monde entier, par exemple à Las Vegas. «On a senti une grosse envie, des Américains notamment, de découvrir nos produits high-tech. Comme celui de la start-up Wecheer: un ouvre-bouteille connecté. Des responsables d’Amazon ont tenu à le découvrir, ils ont adoré.» Un ouvre-bouteille connecté? Weecher.io est «le tout premier ouvre-bouteille intelligent au monde qui détecte chaque bouteille que vous ouvrez». Et à quoi ça sert? A rien, si ce n’est à enrichir les petits malins qui, avec la complicité de Présence suisse, vont convaincre des gogos qu’il s’agit d’un objet «mythique» et qu’ils doivent absolument en acheter un. Vive la technologie suisse version Bideau!

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Un lecteur attentif m’a fait remarquer que mes propos sur Emmanuel Macron étaient un peu «convenus» lorsque je relevais que le président français «écoutait les banquiers». Il a raison. Sauf qu’il est des choses si évidentes qu’elles en deviennent convenues. Comme le catholicisme. Quand j’étais gamin, on racontait qu’un souterrain menait du couvent fribourgeois de la Fille-Dieu au dancing La Poularde tout proche, afin que les bonnes sœurs puissent aller y négocier leurs charmes. Des propos qui étaient alors considérés comme la manifestation d’un anticléricalisme infantile et caricatural. Je ne vais donc pas commenter les déclarations du pape quant aux prêtres qui se servent de religieuses comme esclaves sexuelles. Juste faire remarquer, même si c’est convenu, qu’entre la pédophilie et les bonnes sœurs abusées, la sexualité est très présente au sein de l’Église catholique.

Comme la migraine.


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