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ACHRONIQUE / Migraine

La promo de BHL en Suisse, l’infantilisation des Français et les emmerdes de l’activiste

B ernard-Henri Lévy fait son show avec la complicité de la RTS, le président Macron considère les Français comme des enfants turbulents tandis que son Premier ministre fait des bons mots, Pierrick Destraz renonce à l’activisme – ah bon, il était activiste?

L’émission Infrarouge de la RTS s’ouvre sur des applaudissements. Avant même que ne débute le débat, le public est prié de manifester son approbation. Le ton est donné, on est dans l’info spectacle. Mercredi passé plus que jamais. Le thème était «L’Europe envers et contre tous?» et, en préambule, les téléspectateurs ont eu droit à treize longues minutes de Bernard-Henri Lévy. Seul, sans contradicteurs, BHL a pu dérouler ses fadaises et faire la promotion de son show, «Looking for Europe», qu’il va présenter à Genève et à Lausanne en mars. Après cette introduction révérencieuse, les autres invités ont été admis à la table de discussion. Seul Slobodan Despot a relevé la fatuité et le service promotionnel rendu par la RTS à «la tête à tarte par excellence». Sinon, on a pu voir un Pierre-Yves Maillard gauchisé défendre plutôt bien une Europe sociale. Il a même semblé prendre parti pour la révolte populaire des Gilets jaunes.

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Un qui continue à ne pas les aimer, les Gilets jaunes, c’est le président Macron. Ils l’ont obligé à écouter d’autres voix que la sienne et celle des banquiers, et ça le décoiffe un peu – ce qui ne l’empêche pas de continuer de nuire, par exemple en revenant sur sa promesse d’interdire le glyphosate. Sous haute protection, il s’est «invité» à un débat organisé dans la Drôme. «Faut proposer des vraies réformes, mais la vraie réforme, elle va avec la contrainte, les enfants!», a-t-il asséné. S’ils avaient un doute, les Français savent désormais comment Leur Majesté les considère: comme des garnements qu’il faut réprimander. De son côté, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré que le RIC (référendum d’initiative citoyenne, le «ericé»): «ça me hérisse», ce qui est un bon mot, comme on en faisait à la cour de Versailles, avant 1789. Plus prosaïquement, Chantal Jouanno, la présidente de la commission nationale du débat public, a dénoncé l’organisation du grand débat national: «Le grand débat est faussé. Ce n’est pas du tout la méthode que nous avions proposée. Quand vous choisissez les questions, vous choisissez les réponses». Voilà qui est clair.

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Pierrick Destraz, lui, a pris une grande décision: il renonce à l’activisme antispéciste. «Mes convictions restent intactes, mais j’ai décidé d’en finir avec les actions symboliques comme bloquer les abattoirs. A quoi ça sert, si ce n’est à énerver les gens ou à m’attirer des emmerdes», a-t-il expliqué, selon 24 heures. C’est vrai que sa dernière action lui a valu pas moins de QUATRE jours de travaux d’intérêt général dans un atelier protégé, des jours qu’il a pu aménager à sa convenance, «parce que je suis en studio en ce moment. J’enregistre mon premier album solo composé de reprise de chansons pour adulte de mon père (Henri Dès, ndlr.)…» De sacrés emmerdes, en effet.

Comme la migraine.


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