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CHRONIQUE / Migraine

Cohérence socialiste, raccourcis idéologiques et pédagogie libertaire

C eux qui critiquent les socialistes sont trop souvent mal renseignés sur les véritables orientations politiques des camarades roses. Il faut dire que l’idéologie brouille l’écoute de ceux qui lui succombent et qui feraient mieux de lire Henri Roorda.

D’aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais pensé que les socialistes étaient de gauche. Je ne vois donc pas de problème à ce qu’ils œuvrent à abaisser les impôts des entreprises et à faire travailler les femmes plus longtemps. Je ne vois pas non plus de problème au fait que Maria Bernasconi, ancienne conseillère nationale socialiste et actuelle secrétaire générale de l’APC (Association du personnel de la Confédération), tout à la fois soutienne le projet de prévoyance vieillesse PV 2020, qui projette que les femmes devront attendre l’âge de 65 ans pour pouvoir partir à la retraite, et prenne, elle, sa retraite à 62 ans «pour se consacrer à sa famille et ses passions de toujours que sont la musique, le tennis et le cinéma».

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Mon nom est sur la liste qu’un député MCG au grand conseil genevois, Henry Rappaz, diffuse sur Facebook, celle des «Artistes et chômeurs anti-juifs et pro-Palestiniens 2017». Ceci car j’ai signé, en 2014, la «Déclaration de solidarité des artistes et acteurs culturels de Suisse avec la Palestine», demandant «la levée du blocus de la bande de Gaza et le démantèlement du mur et des colonies israéliennes en Cisjordanie». Je n’en ai rien à fiche que cet abruti diffuse mon nom: une pétition, c’est fait pour ça, pour afficher publiquement ses positions. Et j’ai l’habitude de me faire traiter d’antisémite lorsque je critique la politique colonisatrice et d’apartheid d’Israël. Comme j’ai l’habitude de me faire traiter d’antieuropéen lorsque je laisse entrevoir ce que je pense de l’Union européenne. C’est fou ce que les gens aiment les raccourcis idéologiques.

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«Je prétends seulement que, pendant quelques années, les êtres très jeunes ont quelque chose de mieux à faire que de se préparer à gagner de l’argent.» La citation est d’Henri Roorda (1870-1925), pédagogue libertaire, écrivain, chroniqueur à La Tribune et à la Gazette de Lausanne, ainsi qu’à la Tribune de Genève. Pour célébrer le centenaire de la parution aux Cahiers vaudois de son livre Le pédagogue n’aime pas les enfants, l’Association des Amis de Henri Roorda et les Editions HumuS en publient le fac-similé. Et des lectures sont organisées à Lausanne, les 22, 23, 28, 29 et 30 septembre, à 20h (pour en savoir plus). Lire Roorda, c’est bon pour la tête.

Comme la migraine.


Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Luc Debraine, Sarah Dohr, Geoffrey Genest, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud (président), Florence Perret, Jacques Pilet, Chantal Tauxe, Faridée Visinand, Ondine Yaffi (ordre alphabétique).

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