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LU AILLEURS / Conflit entre la Chine et l'Inde

Sanctions gastronomiques

L ors d'un conflit international, on peut user ─ mis à part la guerre ─ de sanctions diplomatiques ou de sanctions économiques. Eh bien, désormais il existe également les sanctions gastronomiques, proposées par un politicien indien suite à l’affrontement meurtrier qui a eu lieu sur la frontière himalayenne entre l’Inde et la Chine. Plusieurs médias du sous-continent en parlent.

«Les restaurants qui vendent de la nourriture chinoise devraient être interdits. J'appelle les gens à boycotter la nourriture chinoise», a déclaré le chef du Parti républicain de l’Inde (RPI), Ramdas Athwale, selon The Kashmiri Walla.

La Chine et l’Inde sont en désaccord depuis de nombreuses années au sujet de la frontière himalayenne entre les deux Etats. En 1962, un «conflit, qui a duré un peu plus d'un mois et fait plusieurs milliers de morts, a vu l'Empire du Milieu prendre le dessus et s'est terminé par la mise en place d'une ligne de démarcation (...) passant par le Ladakh. Cette ligne de démarcation n'a cependant pas mis fin aux tensions entre les deux pays, qui s'accusent régulièrement d'avoir outrepassé leurs droits», rappelle le quotidien français Le Parisien.

Dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 juin, une très violente confrontation, survenue à plus de 4000 mètre d’altitude, dans la vallée de Galwan, a fait au moins vingt morts côté indien et sans doute également des victimes chinoises. Les deux pays s’accusent bien sûr mutuellement d’être à l’origine de l’affrontement meurtrier.

Boycotter les produits chinois

Depuis, plusieurs voix s’élèvent en Inde pour demander le boycott des produits chinois. La Confederation of All India Traders (CAIT), par exemple, a lancé une campagne nationale appelée «Bharatiya Saaman-Hamara Abhiman» et, dans une lettre ouverte adressée aux célébrités indiennes, a demandé à Bollywood et aux stars du sport qui soutiennent des marques chinoises de cesser de le faire, explique le site indien Republicworld.com.  

La proposition de boycott de la nourriture et des restaurants chinois proposé par Ramdas Athwale est plus originale. Et vu la qualité de la nourriture servie dans de nombreux restaurants chinois, elle permettrait également d’éviter de nombreux conflits intestinaux.

Plus sérieusement, elle montre que la politique passe aussi par les assiettes. Ce que savent bien les Suisses qui, eux, ont inventé il y a fort longtemps le Röstigraben.      

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