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AILLEURS / Réchauffement climatique

Le pôle nord se déplace vers l’est

C’est le New Scientist britannique qui le rappelle – mais on s’en doutait: depuis la Révolution industrielle la température de la planète a augmenté de 1,1 degré. Pas beaucoup, me direz-vous, en 150 ans. Mais assez pour faire fondre partout les glaces et déclencher des phénomènes climatiques horrifiants. Du coup, le monde entier, sauf les Etats-Unis de Donald Trump, est au chevet de la Terre et de ses accès de fièvre.

Ce que le New Scientist révèle d’inédit aux yeux du grand public, c’est que le dérèglement climatique déplace l’axe de notre planète. Autrement dit, le pôle nord n’est plus là où l’on croyait: il s’est déplacé de plus d’un mètre vers l’est depuis 2005. Répercussion de ce phénomène: la Terre devrait tourner plus rapidement autour de son axe et, vers 2200, la journée pourrait être raccourcie de 0,12 milliseconde. Bon, direz-vous, pas de quoi en faire un plat, on se réveillera toujours trop tôt et on se couchera toujours trop tard. C’est vrai. Mais tout changement dans ce mouvement d’horlogerie extrêmement subtil qu’est la rotation de la Terre sur elle-même et autour du Soleil peut avoir des effets incommensurables.

En Grande-Bretagne, par exemple, le printemps débute deux semaines plus tôt qu’il y a un demi-siècle et l’automne s’achève une semaine plus tard. Ça n’a l’air de rien mais c’est pour cela qu’il devient raisonnable de planter de la vigne en Angleterre. Pas grave? Dans les océans, d’innombrables espèces marines migrent vers les pôles parce qu’elles préfèrent l’eau froide; sur terre, d’autres espèces le feraient volontiers mais sont souvent freinées dans leurs tentatives de migrations par le réseau routier et les agglomérations urbaines. Et de nouvelles espèces allogènes s’installent.

Les nuits se réchauffent plus rapidement que les jours. Or la nuit permet à la chaleur de s’évacuer dans l’espace. Mais comme les gaz à effet de serre piègent encore davantage de chaleur, si nos corps n’ont pas l’opportunité de refroidir la nuit lors des périodes de grandes chaleurs, ils ont plus de peine à affronter la chaleur le jour.

Le numéro spécial du New Scientist intitulé «Comment vivre avec le changement climatique»énumère ainsi beaucoup d’exemples des effets néfastes du réchauffement climatique et c’est une lecture salutaire. Y compris pour l’onc’ Donald d’Amérique.


Le numéro spécial du New Scientist: «How to live with climate change (and how to beat it»



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