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LU AILLEURS / SANTÉ

La dernière fabrique d’antibiotiques en Europe est au Tyrol

L ’Ouest peut-il se passer de la Chine pour ses médicaments? L’exemple de Sandoz au Tyrol en montre la difficulté. Le Tagesanzeiger a enquêté.

Chiffres à peine croyables dans notre pays si fier de ses pharmas. Entre 80 et 90 % des antibiotiques produits dans le monde proviennent de Chine et d’Inde. Principalement de la région de Hubei d’où est partie la pandémie du Cod-19!

Sinon où? De Kundl, petite ville (4000 habitants) du Tyrol. La bâloise Sandoz y possède encore une unité de production de ce médicament indispensable. Satoshi Sugamoto, porte-parole de Novartis, confirme: «Sandoz est le dernier fabricant pleinement intégré d’antibiotiques dans le monde occidental.»

Jusqu’à quand? Michel Kocher, le patron de Novartis Autriche, est néanmoins tenté de s’approvisionner en Asie: «Un kilo de pénicilline coûte 20 dollars sur le marché mondial, moins que pour le chewing-gum!» Ces rumeurs de déplacement de l’usine ont alarmé les autorités. La ministre de l’économie autrichienne promet une «Taskforce», des soutiens. Le ministre de la santé allemand est même allé jusqu’à affirmer que la relocalisation pharmaceutique serait la priorité de l’année de présidence allemande de l’UE. Car la crise de ce printemps a ouvert les yeux des Européens, beaucoup trop dépendants de la Chine pour les substances actives des médicaments. En réalité, les pilules préparées et emballées sous le label «swissmade», vendues à haut prix chez nous, n’ont souvent de suisse que le nom.

L’administration fédérale a eu des entretiens à ce sujet avec Novartis mais n’en dit mot. On se borne à dire à Bâle que l’entreprise «réévalue en permanence ses activités commerciales».

La professeure allemande de pharmacie, Ulrike Holzgrabe, elle n’y va pas par quatre chemins lors d’une interview à la télévision: «Les Chinois n’ont pas besoin de la bombe atomique. Il leur suffit de ne plus livrer d’antibiotiques et l’Europe sera vaincue d’elle-même.»


L'enquête du Tages Anzeiger est à lire à cette adresse

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