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LU AILLEURS / ITALIE

La croissance de Milan se répercute négativement sur son hinterland

D es niveaux sans précédent d'investissements étrangers sont à l'origine de nouveaux développements dans toute la capitale de la Lombardie. Au détriment des communes voisines qui, selon The Guardian, ne sont pas en mesure de contrer le déclin de leur activité industrielle.

La capitale lombarde a tellement changé ces dernières années et s'est tellement internationalisée que l'authentique Milanais, qui est né à l'ombre de la statue de la Madonnina, placée sur la plus haute flèche du Dôme de Milan, symbole de la ville, a disparu. Les professionnels de toute l'Italie, et aussi de l'étranger, s’y concentrent parce qu'ailleurs ils n’ont aucune opportunité de développement. La perspective européenne que la ville commence à avoir ne peut que difficilement être trouvée ailleurs. Aujourd'hui, Milan suit une orbite qui lui est propre, récoltant les riches dividendes d'une économie axée sur la finance, la technologie, le design et l'innovation.

La ville est devenue non seulement riche mais aussi branchée.

Bienvenue à Milan, une ville vraiment mondiale

En octobre, la ville accueillera le World Cities Culture Summit . En 2026, les Jeux olympiques d'hiver se tiendront ici, en commun avec la ville alpine de Cortina. Des niveaux sans précédent d'investissements étrangers sont à l'origine de nouveaux développements dans toute la cité. Au cours des 15 prochaines années, plus de 40 grands projets de construction d'une valeur de 21 milliards de dollars seront entrepris. On prévoit une augmentation de 50 % du tourisme, basée sur la promotion du patrimoine culturel de la ville. Des peintures de Léonard de Vinci aux attractions du florissant quartier des LGBT de Porta Venezia.

Deux exceptions à cette métamorphose: les deux équipes de football, l'Inter et l'AC Milan. Le journal anglais explique qu'elles n'ont pas réussi à suivre le rythme de la croissance et du développement de la ville, même si l'Inter, aujourd'hui propriété de financiers chinois, est désormais en tête du championnat.

Plus l'argent rentre, plus la cité lombarde attire de jeunes talents, cultivés et qualifiés sur le plan professionnel, ce qui pousse les investisseurs internationaux à parier sur l'avenir. Des monuments symboles de la richesse ont surgi un peu partout, comme le gratte-ciel "tordu" conçu par Zaha Hadid, donnant sur un parc et les luxueux condominiums résidentiels conçus par Hadid, Daniel Libeskind et l'architecte japonais Arata Isozaki.

Cependant, cette réussite métropolitaine a coûté cher.

Un miracle qui n'implique qu'un noyau privilégié

Milan devient le cas le plus frappant en Europe des villes dites “superstar”, telles que définies par le sociologue français Christophe Guilluy, auteur de l'essai La France périphérique, l'une des critiques les plus amères des "citadelles" du XXIe siècle, "vitrines de la mondialisation heureuse", prérogative d'une élite du centre ville, dont les besoins quotidiens sont satisfaits par une population à revenu précaire, vivant en périphérie de l'expansion urbaine.

«Les classes ouvrières traditionnelles ne vivent plus là où se créent les bons emplois et la richesse», dit Guilluy, et il suffit de faire un voyage dans le reste de la Lombardie, après le départ des trains de banlieue de sept heures du matin, pour voir la désertification de la province italienne, zone réduite aux quartiers dortoirs de la métropole.

Un climat qui crée un terrain fertile pour les populismes de toutes sortes.


Pour en savoir plus, et lire l'article original en anglais, c'est par ici.

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