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LU AILLEURS / SANTÉ

L'urgence du Covid-19 bloque les vaccinations

L es organisations internationales (OMS et UNICEF) attirent l'attention sur le fait que la protection des enfants, des adolescents et des adultes contre les maladies évitables est une "nécessité pour la durabilité" des systèmes de santé. La pandémie de coronavirus a temporairement interrompu les services de vaccination, ce qui peut entraîner des épidémies de maladies telles que la rougeole, contre laquelle on vaccine depuis 1963, rapporte le journal espagnol El País.

Moins médiatisée que la pandémie qui ravage actuellement la planète, un autre fait inquiète les médecins: plus de 117 millions de personnes dans 37 pays - pour la plupart des enfants - sont en danger à cause de la suspension des campagnes de vaccination de masse en raison des mesures de prévention de la propagation du Covid-19. Lorsque les services de vaccination sont perturbés, même pendant de courtes périodes d'urgence, le risque d'apparition de maladies évitables par l'injection de vaccins, telles que la rougeole et la polio, augmente. 

A l'occasion de la Semaine européenne de la vaccination 2020, le bureau régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF ont signé une déclaration commune exhortant les pays européens à poursuivre les programmes de vaccination pendant la pandémie. «Les gouvernements de toute l'Europe doivent en profiter pour protéger les citoyens contre les nombreuses maladies pour lesquelles des vaccins sont déjà disponibles», ont déclaré les organisations dans un communiqué.

El País fournit un exemple pour comprendre les conséquences d'une suspension: 527'000 enfants n'ont pas été vaccinés contre la rougeole en Europe en 2018. En conséquence, l’année suivante, le virus, profitant des lacunes immunitaires, infectait plus de 100'000 personnes.

En raison de la pandémie actuelle, non seulement les vaccins préventifs sont suspendus, mais aussi ceux qui permettent de maîtriser les épidémies de fièvre jaune, de dengue et d'autres maladies tropicales qui touchent notoirement les régions de l'Amérique latine et des Caraïbes, a déclaré le docteur Ann Lindstrand, experte de l'OMS dans le domaine de l'immunisation, à BBC Mundo.

Au début de l'année, l'Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) a relevé qu'en 2019, 3'139'335 cas de dengue avaient été signalés, entraînant la mort de 1'500 personnes. Les pays les plus touchés par ce virus, qui est transmis par la piqûre du moustique porteur, Aedes aegypti, sont le Brésil, la Colombie, le Mexique et le Nicaragua.

David Sniadack, expert en immunisation préventive des Centres américains de contrôle des maladies (CDC), rappelle que «certains événements continuent de se produire, les naissances d'enfants, d'un nombre chaque jour plus élevé. Il faut les protéger de toutes les manières possibles, surtout lorsqu'ils sont les plus vulnérables».

L'Organisation Panaméricaine de la Santé ajoute que si des campagnes peuvent être menées, la priorité devrait être donnée aux vaccins contre la grippe et la rougeole.

Les stratégies de vaccination étant gelées, les experts réclament des mesures alternatives, conclue le docteur Lindstrand de l'OMS à BBC Mundo. La recommandation concerne les programmes qui comprennent la recherche des personnes non vaccinées et aussi une campagne pour prévenir la propagation des virus.


L'article dans le journal espagnol El País.

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