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LU AILLEURS / Animaux

Bonne nouvelle, le Japon «reprend» la chasse à la baleine!

E n décidant de quitter la Commission baleinière internationale (CBI), le Japon pourrait bien avoir rendu un fier service au cétacé, nous apprend la présidente de Sea Shepherd France dans une interview accordée aux Inrocks’.

Depuis 1982, un moratoire sur la pêche à la baleine est en vigueur. Mais grâce à une faille juridique qui permet la chasse de ce mammifère marin pour des raisons scientifiques, le Japon n’a jamais cessé de traquer l’animal, y compris en Antarctique, qui abrite un sanctuaire (réserve protégée, ndlr) depuis 1994. La nouvelle du retour des baleiniers japonais sur les eaux qui a fait grand bruit dans la presse n’en est donc pas vraiment une, puisque cette activité n’avait en réalité jamais cessé.

Cependant, en quittant la CBI, le Japon va devoir se contenter de chasser les baleines sur ses eaux territoriales, accordant un répit inespéré aux spécimens de l’Antarctique. Et surtout, le pays du Soleil-Levant abandonne de ce fait sa position privilégiée dans cette Commission, comme l’a expliqué Lamya Essemlali, président de l’ONG Sea Shepherd en France, lors d’un entretien avec les Inrocks’. «Le Japon avait une influence énorme au sein de la CBI, où il a bloqué des projets de sanctuaires, comme celui proposé en Atlantique-sud, relate-t-elle. Chaque année, il versait des pots de vin à des pays qui n’ont pour certains jamais chassé la baleine, afin qu’ils votent contre la reconduction du moratoire sur la pêche commerciale.»


L'organisation s'est souvent illustrée par ses interventions musclées. © Twitter

Avec la Norvège et l’Islande, le Japon assume donc désormais ouvertement de traquer le plus grand mammifère marin du monde: «On était dans une hypocrisie énorme: le Japon n’a jamais cessé la chasse commerciale, explique Lamya Essemlali. Depuis l’entrée en vigueur du moratoire, on a toujours retrouvé de la viande de baleine sur les marchés et dans les restaurants japonais – y compris des baleines qui n’étaient même pas censées être ciblées par le Japon. On a ainsi retrouvé de l’ADN d’orques ou de baleines bleues, en danger critique d’extinction, qui sont complètement interdites à la chasse. Le masque scientifique tombe: le Japon rejoint le camp des deux dernières nations qui traquent encore des baleines à des fins commerciales. Au moins les choses sont claires.»


Quelques chiffres. © AFP

Le Japon ne semble donc pas décidé à mettre un terme à ce commerce, alors même que la viande de baleine n’est pratiquement plus consommée depuis les années 80. Selon un article publié récemment par France culture, la question de la chasse à la baleine serait désormais devenue un enjeu identitaire pour le Japon, qui tient à faire respecter ses traditions désuètes malgré la menace qu’elles représentent pour la planète, la vie marine et la conscience humaine.


Pour lire l'article original et l'interview complète de Lamya Essemlali, cliquez ICI!

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