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Société / Neuchâtel veut que l’Algérie reprenne «ses» délinquants sans-papiers

Antoine Menusier

26 août 2020

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Le canton a connu un été marqué par une vague de vols sans précédent ces dernières années. Les auteurs des méfaits sont majoritairement algériens, ou se déclarent tels, communique la police, critiquée pour sa réponse répressive tardive et qui doit par ailleurs faire face à une initiative d’«autodéfense citoyenne».



Pendant que Porrentruy, dans le canton du Jura, déclarait les «Français» indésirables à sa piscine municipale pour cause d’incivilités, le voisin neuchâtelois affrontait un phénomène de délinquance juvénile, essentiellement étrangère et maghrébine, rarement observé sur son littoral: 580 vols, dont 42 avec violence, y ont été commis cet été. «C’est dix fois plus que les deux dernières années à la même période», a indiqué le commissaire Fabio Benoit, hier 24 août à Neuchâtel, lors d’une conférence de presse présidée par le ministre cantonal de la justice, de la sécurité et de la culture, Alain Ribaux. L’opération Litto, lancée pour tenter de mettre un terme à ces actes délictueux, a permis de recenser 189 individus, parmi lesquels deux-tiers de récidivistes. Sur ce total, 67 ont fait l’objet d’ordonnances pénales – peines prononcées sans procès. La plupart d’entre eux – 45 – se sont déclarés Algériens, mais n’ont pas de papiers qui le prouvent. Une dizaine sont actuellement incarcérés.

Ce pic de délinquance a par ailleurs donné lieu à une initiative peu commune, prenant la forme d’une action citoyenne d’autodéfense, censée suppléer des forces de l’ordre jugées dépassées par les événements.

Il n’y aura pas de «justice de Far-West» rendue par des «voyous», a prévenu le commandant de la police cantonale neuchâteloise, Pascal Lüthi, à l’adresse de ces justiciers autoproclamés. Quelques-uns seraient passés à l’action, si l’on en croit des déclarations recueillies anonymement par 20minutes.ch. Ils encourent des poursuites. Des enquêtes ont lieu. Les autorités soupçonnent le milieu du hooliganisme.

Bien qu’interdite, cette démarche de «justice de rue» aura peut-être amené le canton à frapper plus durement, du moins à communiquer avec forces chiffres et explications sur sa doctrine de prévention (le renseignement) et de répression (de préférence des patrouilles en civil). Il constate en tout cas un «retour à la normale du volume des vols», soit 40 vols dans la semaine du 10 au 17 août, un peu plus d’un mois après le «début des actions ciblées sur le terrain». Le «pic» aura été atteint dans la semaine du 6 au 13 juillet, avec 88 vols.

Les autorités présentes hier à la conférence de presse ont tenu à se justifier des reproches de laxisme pesant sur elles. Si elles ont donné l’impression d’agir avec retard, à compter du 6 juillet, plus d’un mois après l’apparition de ce phénomène de délinquance extraordinaire, c’est pour partie lié à l’état en quelque sorte moral des forces de police après un semi-confinement qui les avait fortement sollicitées. Elles avaient bien plus besoin de souffler que de se mettre en formation de combat. Ensuite, le mouvement «Black Lives Matter» consécutif à la mort de George Floyd aux Etats-Unis les a fait redoubler de prudence dans leur mode d’intervention et la désignation des suspects. Il s’agissait de ne pas stigmatiser une communauté – cette «élégance» n’était plus de mise hier.

Ce n’est pas une communauté, mais une origine qui est aujourd’hui sur la table cantonale: celle des auteurs des vols, appréhendés ces dernières semaines, décrits pour la plupart comme des individus algériens en errance, sans-papiers, pour certains hébergés au centre de requérants d’asile de Perreux sis dans le canton de Neuchâtel, pour d’autres squattant des caravanes ou des bateaux amarrés sur les berges du lac, pour d’autres encore logés chez des particuliers, par exemple des toxicomanes y trouvant un avantage ou des personnes âgées, parfois victimes d’abus de faiblesse de la part de leurs hôtes. A noter que parmi les personnes appréhendées, se trouvent des Français de France voisine se faisant passer pour des sans-papiers en provenance du Maghreb.

Les «Algériens» d’ores et déjà jugés par voie d’ordonnances pénales sont pour ainsi dire inexpulsables vers leur pays, déplore le canton de Neuchâtel, comme prenant à témoin l’opinion publique de sa relative impuissance, qui demande à Berne de faire pression sur Alger pour rendre les expulsion à nouveau possibles. Il existe bien un accord de réadmission entre l’Algérie et la Suisse entré en vigueur en 2007, lequel prévoit des retours en Algérie y compris de sans-papiers, mais la partie algérienne ne s’empresserait pas de l’appliquer. Le Département fédéral de justice et police de son côté affirme que «l’accord de réadmission conclu avec l’Algérie permet d’organiser les retours volontaires de manière efficiente», mais rend attentif à la situation née de la pandémie de Covid-19 empêchant ou compliquant ces retours, ainsi qu’à l’impossibilité d’affréter des vols spéciaux – des «charters» –, obligeant à trouver des places sur des vols réguliers, une solution s’exposant à des refus d’embarquement comme à des manifestations de solidarité d’une partie des voyageurs avec la ou les personnes expulsées. De leur côté, les autorités neuchâteloises avancent comme facteur pouvant expliquer le peu d’entrain algérien, la situation politique en Algérie, fragile depuis le départ du président Abdelaziz Bouteflika. Sans compter le très faible intérêt, pour Alger, à rapatrier des jeunes désormais délinquants dans un pays ayant peu de travail à proposer à sa jeunesse.

Le problème rencontré par Neuchâtel, avec une population migrante en errance, d’autres cantons suisses l’ont vécu ou le vivent aujourd’hui. Genève en 2012, le Tessin ces jours-ci.

Attablés à une terrasse Place des Halles, à deux pas de la Place David de Pury et de la statue du même personnage, menacée de déboulonnage depuis peu, une dizaine de copines à la retraite qui raconteraient bien leur vie, disent être toutes au courant de ces vols à répétition qui ont marqué l’été. Si bien que certaines n’arborent plus leurs bijoux de valeur et font plus que jamais attention à leur sac. Se sentent-elles en insécurité ? «Mais pas du tout.»

La question que posera probablement une partie de l’opinion et des partis politiques dans les semaines et les mois à venir est celle d’un code pénal pouvant leur paraître un ton en-dessous de la réponse à apporter à des comportements dont la violence a surpris jusqu’à la police, une violence exercée en l’occurrence contre elle lors de l’interpellation de jeunes gens n’ayant comme plus rien à perdre. Pour un vol à l’arraché, la peine maximale encourue – «mais plusieurs peines peuvent s’additionner», précise la justice neuchâteloise – ne dépasserait pas six mois ferme.

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

4 Commentaires

@Lagom 26.08.2020 | 22h54

«La réponse des autorités neuchâteloises encourage les sans-papiers à venir chez nous encore plus massivement. La solution existe et elle se résume par l'arrestation des sans-papiers algériens avant de commettre des vols et les remettre sur la frontière par laquelle ils sont arrivés chez nous avec une ordonnance d'expulsion et d'interdiction du territoire. En cas de récidive les incarcérés. Je pense que les organisations criminelles qui font venir ces gens s’entraînent grandeur nature pour faire la même chose à plus grande échelle et 10 fois plus massivement à l'avenir pour mener des raids ponctuels sur les personnes et les commerces et les dépouiller. A Genève ils ont envahi un centre culturel (le Grutli), et avec l'aide du Maire socialiste de Genève ils ont obtenu un hébergement deluxe qui va coûter au canton 21 millions par an pour encadrer 20 prétendus mineurs. Nous avons échoué aux tests lamentablement. »


@Bogner Shiva 212 30.08.2020 | 16h37

«Camps de travail forcés....et merde pour la bien pensance bisounours qui prévaut depuis trop longtemps. Et pour la gestion de ces camps....des société privées sous traîtantes de l'Etat...suis sûr que cela le ferais très bien . 6 mois d'incarcération dans un de ces centres, lever à 5h, de 6 à 18h nettoyage des forêts (c'est bien le grand air) des parcs publics , ramasser les crottes de chiens et autres déchets, nettoyages des rives des lacs et rivières etc...ça doit calmer !!!»


@arizan 30.08.2020 | 18h20

«S'il y avait des camps de rééducation dans le pays qui laisse partir ces jeunes !! Du type du foyer Rives du Rhône, (https://www.rives-du-rhone.ch/fr/accueil/) avec des éducateurs extrêmement exigeants, qui leur feraient faire des choses valorisantes, du style expédition dans le désert, chant choral, et autres, que les psychologues connaissent mieux que moi, on ne les aurait peut-être pas.
@Lagom : les frontières sont des passoires.»


@Lagom 04.09.2020 | 18h42

«@ arizan: Une expulsion et une interdiction du territoire dissuadent quand même ¨!

»