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ACTUEL / L’interview imaginaire

Elvis Presley: «Il n’y a qu’un «King», c’est Jésus-Christ»

C ’est dans sa maison natale à Tupelo, Mississipi, que «The King» a bien voulu nous recevoir. Une bicoque en bois de deux chambres, construite il y a huitante-trois ans par son père Vernon juste avant la naissance d’Elvis et de son jumeau mort-né Jesse.

Le salon où Elvis Aaron Presley a passé son enfance. © DR

Cela fait quarante ans jour pour jour qu’on ne vous entend plus, où étiez-vous?

Je me formais pour être électricien. Je suppose que j’ai mal mis les câbles quelque part en chemin.

Ça, c’était quand vous aviez 18 ans, vous terminiez tout juste le lycée…

Ah oui, et je conduisais un camion. J’étais un pauvre garçon de Memphis.

Un pauvre garçon qui avait des rêves…

C’est vrai, je me voyais comme un héros de bandes dessinées et du cinéma. J’ai grandi en croyant à ce rêve.

Comme une prémonition?

J’ai toujours su que quelque chose allait m'arriver. Mais je ne savais pas exactement quoi.

Qu’est-il arrivé ensuite?

J’ai fait sensation du jour au lendemain.

Dans la BD?

Non. Dans le monde de la musique. J’y suis arrivé quand il n’y avait aucune tendance.

Pourtant vous ne connaissiez rien à la musique.

Pour ce que je faisais, je n’en avais pas besoin.

Vous faites allusion à vos déhanchés suggestifs, jugés vulgaires par les conservateurs?

Je ne faisais pas de mouvements vulgaires! Le rythme est quelque chose que vous avez ou n’avez pas mais quand vous l’avez, vous l’avez partout. Je n’essaie pas d’être sexy. C’est juste ma façon de m’exprimer.

Soit. Reste que vous n’avez jamais écrit une chanson de votre vie.

C’est vrai, c’est une une grosse supercherie.


Comment expliquez-vous alors cette fabuleuse célébrité?

Je ne sais pas, peut-être parce que je n’ai copié mon style sur personne. Je ne m’attendais pas à devenir quelqu’un d’important.

Que s’est-il passé ensuite, vous vous en souvenez?

Pas vraiment... Ah si, il y a eu l’Allemagne!

Friedberg, où vous avez fait votre service militaire.

Oui, l’armée enseigne aux garçons à penser comme des hommes.

Elvis à Friedberg en 1958 et 1959. © DR

Une période difficile, d'autant que vous veniez de perdre Gladys, votre mère adorée, la femme de votre vie, celle que vous appeliez «baby».

Tout le monde aime sa mère, mais la mienne était toujours là avec moi, toute ma vie. Je n’ai pas seulement perdu une mère mais aussi une amie, une compagne, quelqu'un à qui parler. Je pouvais la réveiller à toute heure de la nuit si j'étais inquiet ou mal. Elle se levait et essayait de m’aider.

Le mot est lâché: vous êtes un grand inquiet. C’est dans votre nature?

Je suis tellement nerveux. C’est comme ça depuis que je suis enfant.

Et c’est douloureux?

Ressentir la peur n’est pas un problème, il ne faut juste pas le montrer.

La religion, très présente dans votre famille pentecôtiste, ne vous a-t-elle pas aidé à trouver la paix intérieure?

Le Seigneur peut donner et le Seigneur peut enlever. Qui sait si je ne deviendrai pas éleveur de moutons l’année prochaine? Tout ce que je deviendrai sera ce que Dieu a choisi pour moi.

Wow. Vous êtes donc une grenouille de bénitier?

Croire en Dieu est plus important que d’aller à l’église.

Vous croyez d'ailleurs en lui au point de ne pas assumer votre surnom de «The King».

Il n’y a qu’un «King», c’est Jésus-Christ.

Revenons à nos moutons. Le mariage, c’était une bonne idée?

Le mariage simplifie la vie et complique la journée.

Justement… Vous auriez pu vous éviter ce carcan.  

Quand vous n’êtes pas amoureux, vous n’êtes pas vivant. Et la plupart des époux ne trompent leur femme que pour mieux la désirer.

Certes…

Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile: la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.

Etre père, être fils, c’est comment?

Les enfants sont la chose la plus précieuse dans la vie. Un parent doit faire tout ce qu'il peut pour donner à un enfant le sens de la famille.

Elvis, à 3 ans et à 7 ans avec ses parents Gladys et Vernon. © DR

Vous avez 82 ans et des poussières, comment le grand inquiet que vous êtes appréhende-t-il la mort?

La mort est la chose la plus difficile à accepter, mais il faut le faire, sinon vous vivez dans la peur.

Une dernière question: votre bas de pyjama laisse entrevoir de drôles de chaussures. Ne me dites pas que ce sont les fameuses…

… ok, ce n’est pas tout à fait correct comme tenue de soirée. Mais oui, ce sont bien des chaussures de daim bleues, mes blue suede shoes.



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