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ACTUEL / Economie

Coup de froid: les employeurs supprimeront plus d’emplois qu’ils n’en créeront

S urprise. Alors qu’au printemps, les entreprises suisses se montraient optimistes, alors que les prévisions de croissance sont réjouissantes, une étude sérieuse casse l’euphorie. Manpower interroge tous les trois mois 53351 entreprises dans 44 pays, dont 751 en Suisse. Partout ailleurs, avec de fortes différences, l’emploi devrait s’améliorer. Pas chez nous.

Rien de renversant, mais un signe. Manpower écrit: «Les résultats de notre Baromètre peuvent surprendre, pourtant les employeurs suisses anticipent de toute évidence un marché de l’emploi qui devrait tourner au ralenti jusqu’à fin 2018. En effet, la prévision n’indique pas de réductions drastiques d’emplois, mais elle dénote que le rythme des recrutements devrait perdre de la vitesse. Le marché du travail a probablement atteint la limite de sa capacité après le pic estival d’embauches…»

Les chiffres suisses: 8% des employeurs prévoient une diminution des postes, 5% une augmentation. Mais avec de fortes différences régionales. Par rapport à la dernière étude, — 8 points dans la région lémanique, — 9 en Suisse orientale et trou d’air au Tessin, — 18 points. Zurich et Bâle restent au contraire en progression.

Certains secteurs continuent de chercher du personnel: la construction et les services (finances, assurances, immobilier). D’autres serrent la vis: l’industrie manufacturière, le commerce, la restauration, l’agriculture, les services publics et sociaux, et surtout dans la rubrique transports, entreposage et communication. Mais attention, il ne faut pas voir là forcément une baisse d’activités dans ces domaines: l’automatisation des tâches joue aussi son rôle. Il semble aussi que la récente obligation de déclarer tout poste vacant aux offices du chômage décourage certaines petites entreprises. 

Le plus spectaculaire, dans cette étude, c’est la comparaison internationale. Les employeurs les plus optimistes sont au Japon, à Taiwan, en Roumanie et en Slovénie… et aux Etats-Unis! L’Argentine, la France et l’Italie présentent les perspectives d’emplois les plus faibles. Et la Suisse est le seul à afficher une prévision négative.

Il faut certes aborder de tels sondages avec prudence. Mais celui-ci est sérieux. L’ignorer, ne pas se poser de questions, c’est se boucher les yeux. A force de nous répéter que nous sommes les meilleurs du monde, nous risquons de nous endormir sur nos lauriers. Le graphique ci-joint a le mérite de nous réveiller avec une douche froide.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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