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A VIF / SUISSE

La débâcle de l’hôpital de Rennaz

O n savait l’établissement hospitalier Riviera-Chablais dans de mauvais draps. Les cantons de Vaud et du Valais doivent le secourir avec des crédits d’urgence de plusieurs dizaines de millions. Les coûts de construction ont dérapé, ce qui n’est pas surprenant dans ce genre projets. Ce que l’on savait moins, c’est que beaucoup de médecins et de patients le désertent. C’est ce que révèle une enquête du journaliste Didier Morard sur Radio-Chablais.

Les préparatifs de cet hôpital, apprend-on se sont mal passés. Les médecins de la région se plaignent d’avoir été peu consultés sur l’organisation prévue des soins. Les députés vaudois se sont indignés d’avoir été «mené en bateau» par des dirigeants qui leur ont longtemps caché les difficultés. Fait exceptionnel, le Grand Conseil vaudois a demandé qu’une commission d’enquête parlementaire fasse le jour sur toute l’affaire.

Le reportage de Radio Chablais fait la lumière sur les failles du fonctionnement actuel. Les praticiens privés ont toutes les peines à établir le contact avec leurs collègues de l’hôpital. Ceux-ci changent souvent. Plusieurs sont partis puis remplacés. La confiance s’effrite. De nombreux patients de Monthey préfèrent aller se faire soigner à Martigny, ceux de Vevey et Montreux se tournent vers le CHUV. Des chefs de service ayant quitté la grande maison travaillent désormais dans des cliniques privées de la région où ils ont souvent emmenés une partie de leur clientèle.

La fréquentation du mastodonte est donc en baisse. Alors qu’il offre pourtant des équipements de pointe et peut compter sur un personnel dévoué. Des médecins, des infirmières, des auxiliaires qui ont même craint de ne plus recevoir leurs salaires.

Sollicitée par le journaliste, la direction se barricade dans le silence. Mais des langues se délient. Notamment celle de la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz qui laisse entendre qu’un nouvelle direction devrait bientôt prendre le relais. Plusieurs députés plaident déjà pour «un changement d’équipage».

Comment a-t-on pu en arriver à un tel ratage? Les enquêtes en cours le diront, peut-on espérer. Mais il faudra sans doute d’autres curiosités journalistiques aussi aiguisées pour suivre ce qui se passera ces prochains temps dans cet hôpital qui, hier encore, suscitait suscitait espoir et admiration.


L’enquête est à écouter sur la page podcast de Radio Chablais du 25 mai. 

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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