Média indocile – nouvelle formule

# 13 août 2021

semaine n°32

Actuel

Tempêtes sur terre et dans les têtes

Jacques Pilet

Le dernier rapport du GIEC déchaîne toutes sortes de réactions passionnées. Il confirme les constats précédents, hausse le ton et affirme que le réchauffement s’accélère. Dont acte. Mais que faire dans nos têtes des clameurs qui s’élèvent, emportées par l’escalade des superlatifs? Alerte rouge, menace sur l’humanité, la terre brûle… Tenter plutôt d’en revenir aux faits. Et faire la part des attitudes et propositions très diverses face à l’alarme. Se demander aussi comment nous choisirons de vivre demain.

Guère besoin de s’attarder sur les climato-sceptiques à tout crin, en Europe ils sont très minoritaires et se font peu entendre. A l’autre extrême, on peut laisser à leur vision masochiste les catastrophistes qui attendent la fin de l’humanité sans proposer grand’chose. Quant à ceux, de plus en nombreux aujourd’hui, qui clament la nécessité d’agir, il importe de les écouter et de réfléchir froidement aux programmes qu’ils avancent. Deux écoles se dessinent et s’opposent. Celle que l’on entend le plus exige une cascade de décisions inter-gouvernementales, une avalanche de taxes punitives, un changement drastique de notre manière de vivre et de consommer. Certes, il est raisonnable de revoir certaines de nos habitudes: moins brûler d’essence (adieu les SUV!), mieux isoler nos logis, acheter moins d’objets plus ou moins utiles, tenter de les recycler, etc. Mais gare au dérapage de cette logique. Ne plus voyager? Le philosophe allemand Peter Sloterdijk, dimanche passé à Locarno (1), décelait un tournant de la société: après des siècles où le voyage était promesse d’enrichissement matériel et culturel, le voilà maudit. Lire la suite...


Le dessin de la semaine

« Souvenir de vacances »

Un dessin Matthias Rihs