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CULTURE / Festival

Antigel: programme de connaisseurs ou de découvertes

J aune: c’est à peu près avec ce mot que commence la présentation du programme du prochain festival Antigel qui aura lieu du 26 janvier au 17 février 2018. Mais c’est surtout la couleur de l’affiche. Jaune soleil. Un poster «pop et radical», expliquer Eric Linder, programmateur musical. Jaune PBD? Non, un jaune «qui habillera bientôt les rues de Genève»: un beau jaune, un jaune bobo (un peu).

Un truc de connaisseurs donc, le programme du festival Antigel? Oui. Et c’est d’ailleurs bien pour cela que les gens y vont; ou alors certains visiteurs curieux n’y connaissent rien et partent à la découverte. Un programme plein de bons sentiments par ailleurs. Comme le projet «Antidote» d’Antigel. Une collaboration avec «ceux qui restent en marge», les personnes en réinsertion, les requérants d’asiles, les personnes handicapées. On n’a pas très bien compris ce qu’elles allaient y faire à ce festival, ces personnes sans catégorie, mais elles seront là. C’est déjà ça.

On grignote le Salève

Des spectacles d’un peu partout et aussi de Genève. Il y aura des artistes féminines et féministes, on parlera donc d’hymen, on vivra des rituels chamaniques et on verra des sorcières qui «jettent des sorts à l’ordre établi». Cela devient de plus en plus courant, mais parler du «féminin du sexe», ça ne fait jamais de mal. Les performances seront aussi politiques: que penser des carrières du Salève, qui grignotent la montagne pour créer les routes et les bâtiments de Genève? Et des mouvements LGBTQIA en Afrique du Sud ?

Ce sera une programmation musicale «amoureuse», dit-on. D’ailleurs, tous les artistes sont «super»: un mot qui vient, qui revient et qui re-revient. Entre le silence et le bruit assourdissant revendiqué par le festival, Jane Birkin pointera le bout de son nez avec 52 autres musiciens: un orchestre symphonique pour faire honneur à Gainsbourg.

Barbus-chevelus au yoga

Parlons également pilosité, un concept si cher à notre époque: oui il y aura des barbus. Des chevelus-barbus qui font du métal, du folk et du rock, parfois dans la piscine du Lignon, d’autres fois dans des églises désacralisées.

Sans oublier le volet «sport» d’Antigel, son «yoga Sound system» et sa course à pied, si prisée dans ce monde au rythme effréné. Pourquoi du sport dans un festival culturel? Probablement parce qu'il est tendance de courir. Surtout après les fêtes. Avouons, on y a tous pensé une fois…

Et malgré tout cela, finalement, comme l’a si bien résumé quelqu’un à l’apéro de présentation: «Il y pas mal de trucs perchés dans ce programme! On n’a pas l’habitude. Et en même temps, ça donne vachement envie d’y aller… non?».

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr, Geoffrey Genest, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud (président), Jacques Pilet, Chantal Tauxe, Faridée Visinand, Ondine Yaffi (ordre alphabétique).

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