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CHRONIQUE / Migraine

Empathie contrariée, petits mensonges politiques et l’entre-soi RTS

L e dernier héros de Houellbecq heurte le manichéisme d’un critique de gauche, la section genevoise du PLR soutient Pierre «Pinocchio» Maudet et la télévision romande met au rencart les populaires «Coups de cœur» d’Alain Morisod.

Dans le Clash culture Figaro-L’Obs du 9 janvier, Jean-Christophe Buisson et Grégoire Leménager ont débattu du dernier livre de Michel Houellebecq, Sérotonine. Leménager, qui travaille à L’Obs, a trouvé qu’il y avait un grand problème avec le livre: «Son personnage, qui est un personnage qui souffre, devrait susciter de l’empathie chez le lecteur, or ce personnage est tellement peu sympathique à force d’être homophobe, misogyne et poujadiste qu’on n’arrive pas à éprouver l’empathie qu’il devrait susciter». Etreint par un si impérieux et tellement manichéen besoin de héros positif, Grégoire Leménager devrait se contenter de lire Martine à la plage.

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«Seule la vérité est révolutionnaire», a dit Lénine, qui a beaucoup menti. Seule la vérité est libéral-radicale, semble penser Darius Azarpey qui, sous le titre «A 19 ans, j’ai adhéré au PLR», exprime sa déconvenue dans une lettre publiée par la Tribune de Genève le 19 janvier (voir ci-dessous). «Qui n’a pas menti au Conseil d’Etat?», «En vingt ans, je n’ai pas connu un conseiller d’Etat qui n’a pas menti», «Le mensonge et la politique sont toujours allés et iront toujours de pair»: c’est ce que le jeune politicien libéral-radical genevois témoigne avoir entendu lors de l’assemblée générale de la section cantonale du parti. Une assemblée qui a réitéré à une faible majorité sa confiance à Pierre «Pinocchio» Maudet. «Avec ou sans Pierre Maudet, le PLR ne sera pas le parti du mensonge», conclut Darius Azarpey. Un vœu pieux ou le début d’une révolution culturelle?          

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La tendance petit-bourgeois de centre gauche gagne encore du terrain à la RTS: les Coups de cœur d’Alain Morisod passent à la trappe. «On entame une grande réflexion sur la grille des programmes», a confié Philippa de Roten à L’illustré. La directrice du département société et culture préfère Vincent Kucholl et Vincent Veillon, plus dans la ligne. Pour savoir à quoi ressemble désormais le monde selon la RTS, on peut regarder la série tellement suisse romande Double vie. Dans cette mise en scène caricaturale de l’entre-soi petit-bourgeois, aucun personnage n’écoute Alain Morisod, c’est sûr, et tous doivent s’esclaffer avec bonne conscience en regardant 120 Minutes. J’ai suivi les quatre premiers épisodes de Double vie qui m’ont tous donné l’irrépressible et atavique besoin d’aller m’enivrer dans un bistrot populaire.

Comme la migraine.  


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