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CHRONIQUE / Ainsi parlait Zaza

Brigitte en mode autodénigrement: marre

L a plume qui caresse ou qui pique sans tabou, c’est celle d’Isabelle Falconnier, qui s’intéresse à tout ce qui vous intéresse. La vie, l’amour, la mort, les people, le menu de ce soir.

Ceci n’est pas une chronique sérieuse.

«Le seul défaut d'Emmanuel, c'est d'être plus jeune que moi»: encore une fois, on ne retient de la première grande interview de Brigitte Macron, publiée dans le magazine Elle de ce vendredi, que LA phrase qui fait allusion à cette situation qui vraiment doit en troubler beaucoup au vu des tweets et retweets qui inondent les réseaux depuis hier – l’âge de madame est, sur le papier, plus élevé que celui de monsieur. Je dis sur le papier parce que jamais on ne s’est posé la question de l’âge mental, l’âge émotionnel, l’âge des cellules et artères respectives du couple présidentiel.

Encore une fois, une femme fait la preuve éclatante de ses talents en matière d’autodénigrement. Parce que dire «Le seul défaut d'Emmanuel, c'est d'être plus jeune que moi», c’est sous entendre que «Moi, Brigitte, je suis trop âgée». Un homme dirait-il, même pour plaisanter, «le seul défaut de ma compagne, c’est qu’elle est trop jeune pour moi»? Ou: «Mon seul défaut? Je suis trop vieux pour ma femme.» Non, évidemment. Aucune fille n’est jamais trop jeune pour aucun homme. L’écart d'âge est un signe de supériorité de l'homme, un indice de la domination masculine, dans toutes les sociétés.

Quand donc cela cessera-t-il?

Je vois deux choses.

La première: on ne fait pas assez la liste des défauts des hommes (plus) vieux.

La deuxième: on ne fait pas assez la liste des avantages des hommes (plus) jeunes.

Je vais le faire.

Les hommes vieux savent tout. Ils ont tout vu, tout lu, tout écouté, tout visité.

Ils font savoir qu’ils ont tout lu, tout visité, tout écouté.

Ils traquent leurs cheveux blancs dans le miroir.

Ils ont pitié d’eux-mêmes.

Ils rentrent le ventre sans voir que ça se voit.

Ils chérissent leur burn-out comme une médaille.

Ils bandent mou, ou plus, et pensent que les doigts, ou les sex-toys, c’est pareil.

Ils ont des habitudes et ne voient pas pourquoi ils en changeraient.

Ils ont un cercle d’amis et ne voient pas pourquoi ils en changeraient.

Ils ont des ex-femmes, des enfants, des petits-enfants.

Ils prennent des pilules, des compléments alimentaires, des vitamines.

Ils ont besoin qu’on les admire, parce que leur carrière et leur vie sont forcément admirables.

Donc, ils aiment jouer les pygmalions pour créer un prolongement de cette chose admirable qu’est leur vie.

Donc, ils parlent, et n’écoutent plus.

Ils ne s’en fichent pas de votre âge. Ils voudraient que vous ne vieillissiez pas. Ils sont avec vous pour votre âge.

Les hommes (plus) jeunes sont sexuellement vigoureux et endurants.

Ils savent que ça compte.

Ils ne savent pas tout vu, n’ont pas tout lu, tout visité, tout compris.

Ils savent qu’ils n’ont pas tout vu, tout visité, tout compris.

Ils écoutent ce que vous dites.

Ils vous admirent, mais pas trop.

Ils savent que les hommes ne deviennent pas de plus en plus beaux et sexy avec le temps.

Ils en profitent.

Ils ont raison d’en profiter.

Ils n’ont pas d’habitudes, de manies, de rituels: ils ont la vie devant eux.

La barbe de trois jours leur va.

Ils vous font rajeunir.

Ils rendent les autres hommes jaloux, et les autres femmes aussi.

Ils ne se prennent pas pour votre père.

Ils ne trainent pas (trop) de casseroles conjugales.

Ils s’en fichent si vous êtes plus âgée qu’eux. Ils ne sont pas avec vous pour votre âge.

Je répète: ceci n’est pas une chronique sérieuse.

Néanmoins...

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Luc Debraine, Sarah Dohr, Geoffrey Genest, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud (président), Florence Perret, Jacques Pilet, Chantal Tauxe, Faridée Visinand, Ondine Yaffi (ordre alphabétique).

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