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LU AILLEURS / CHOC DES CULTURES

Suède: quand le multiculturalisme fait des siennes dans la crise sanitaire

L e média The New Arab (version anglaise de «Al-Araby Al-Jadeed») et, à sa suite, le site Africa Rivisita, ont souligné le nombre important de somaliens morts en Suède du covid-19. La cause en est une frontière de la langue et des coutumes culturelles qui fatalement auraient empêché la communauté d’adopter les comportements nécessaires.

«Les Suédois d’origine somalienne ont critiqué les autorités de ne pas avoir fait assez pour soutenir la communauté pendant la pandémie de coronavirus, a rapporté la chaîne nationale SVT.» C’est ainsi que commence l’article de The New Arab publié le 25 mars dernier. «Le virus a été signalé dans le quartier de Jarva à Stockholm, qui comprend les districts de Kista-Rinkeby et de Tensta, et environ 90 % de la population est issue de l’immigration.» Et notamment composée de personnes d’origine somalienne, qui ne parlent pas le suédois.

On peut donc estimer que la frontière de la langue a joué dans les 6 morts sur 89 recensés au 30 mars selon un article d’Africa Rivisita. Au 25 mars, le gouvernement suédois avait d’ores et déjà annoncé en réaction à ces décès qu’il diffuserait désormais des informations en quinze langues, dont l’arabe et le somalien. Or la langue n’est pas le seul aspect culturel à avoir posé problème: selon The New Arab, «un médecin local a suggéré que le virus pourrait s’être propagé pendant la prière du vendredi dans une mosquée locale […]».

Ces thématiques sont toujours compliquées. Les immigrés non-européens ne constituent bien sûr pas la seule partie de la population concernée par ce genre de phénomènes: faut-il encore rappeler le grand rassemblement évangélique de Mulhouse, en Alsace, qui a amené le virus à Neuchâtel? Reste que l’importation d’une main d’œuvre sous-payée sous des couverts d’humanisme et d’hospitalité sans une réflexion de société sur les conditions d’une intégration réussie et d’une certaine unité nationale montre, par cet exemple sanitaire, toutes ses limites.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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