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LU AILLEURS / CORONAVIRUS

Les masques, un cauchemar pour la sécurité intérieure

D es documents exposant les données personnelles de 700'000 policiers ont fuité aux Etats-Unis. Parmi les informations révélées dans ce qu’on appelle les BlueLeaks, des emails, des descriptions de crimes supposés et des détails personnels, mais également des notes officielles du département Homeland security. On y apprend notamment que le port du masque nuit à la reconnaissance faciale, ce qui inquiète la sécurité intérieure américaine, rapporte The Intercept.

Ces derniers temps, on n’entend plus guère parler de la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, entrée en vigueur en France en 2011. Pourtant, n’en déplaise à ceux qui voient dans l’obligation du port du masque une machination gouvernementale, les nouvelles mesures sanitaires pour contenir le Coronavirus donnent du fil à retordre aux autorités chargées de la sécurité du territoire.

Aux Etats-Unis, le Department of Homeland security s’inquiète de voir des groupes terroristes profiter de la crise sanitaire pour agir en profitant du fait que les outils de reconnaissance faciale soient devenus quasiment obsolètes depuis quelques mois.

L’agence des douanes, de la protection des frontières et de l’immigration «examine les impacts potentiels que l’utilisation répandue des masques de protection pourrait avoir sur les opérations de sécurité basées sur des systèmes de reconnaissance faciale – tels que les caméras vidéos, les processeurs d’images et les algorithmes de reconnaissance», rapporte The Intercept, qui a mis la main sur les BlueLeaks, dont cette notice envoyée par l’agence post-11 septembre Minnesota Fusion Center au moment des rassemblements consécutifs à la mort de George Floyd.

Le communiqué s’inquiète également des «extrémistes violents et autres criminels qui cherchent à éviter d’être reconnus et qui pourraient profiter des mesures sanitaires publiques concernant les masques pour entraver l’efficacité des systèmes de reconnaissance faciale».

Aux Etats-Unis, la loi qui interdit les groups de deux personnes ou plus de se couvrir le visage dans des lieus publics date de 1845. Elle a fait parler d’elle en 2011 alors que des manifestants du mouvement Occupy Wall Street dissimulaient leur visage derrière des masques de Guy Fawkes, symbole du groupe Anonymous.

Ces derniers mois, nous apprend The Intercept, les compagnies chargées de la sécurité du territoire dans le monde entier ont cherché à adapter leur système en intégrant le port du masque. L’agence américaine qui contrôle les frontières assure avoir trouvé le moyen d’effectuer les mises à jour nécessaires, mais rien n’est moins sûr. «Il y a un risque élevé de faux positifs qui pourraient mener à des arrestations injustifiées, voire pire» prévient Charles Rollet, un analyste d’IPVM, groupe indépendant qui suit les technologies de surveillance.

Des identifications de fauteurs de trouble qui ne devraient cependant pas poser de problème lors des manifestations anti-masque qui ont lieu de plus en plus souvent d’un bout à l’autre du globe.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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