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LU AILLEURS / Conflit

Les dommages collatéraux de la présence américaine en Irak

P lus de 15 ans après le début de la guerre, des enfants naissent avec des déformations congénitales graves autour des bases américaines, rapporte une étude scientifique relayée par The Intercept.

Une nouvelle étude conduite par des chercheurs indépendants souligne les conséquences de la présence militaire américaine en Irak. Les bébés nés près de la base Tallil Air Base présentent des anomalies congénitales telles que des problèmes neurologiques, des maladies cardio-vasculaires et des membres paralysés ou absents. Des niveaux élevés de thorium (un élément radioactif) ont été décelés dans l’organisme des nouveau-nés.

«Plus vous vivez proche d’une base militaire américaine en Irak et plus le thorium s’accumule dans votre organisme et plus les chances de souffrir de déformations congénitales sont élevées, explique Mozghan Savabieasfahani, l’une des principales auteurs de l’étude. Les médecins rencontrent régulièrement des anomalies si horribles qu’ils peinent à trouver à quoi elles correspondent.»

Selon cette étude, publiée dans le journal Environmental Pollution, les nouvelles conséquences découvertes de la présence américaine sur les civils irakiens ne font que s’ajouter à une longue liste. Des cas élevés de cancers, de fausses-couches et d’empoisonnement radiologique ont notamment été relevés aux alentours de Fallujah, où l’armée américaine a conduit plusieurs opérations majeures depuis son invasion du pays, en 2003.

L’étude souligne également que toutes les activités militaires sont néfastes pour l’écologie, mais que les dégâts causés par l’armée américaine, de par sa large présence d’un bout à l’autre du globe, sont particulièrement importants. Notamment car l’armée US utilise fréquemment des munitions contenant de l’uranium appauvri, dont les conséquences sur l’environnement et les populations sont méconnues.

«L’empreinte radioactive de l’armée pourrait être nettoyée si les gouvernements le voulaient, ajoute Savabieasfahani. Malheureusement, même les recherches scientifiques concernant ce problème doivent être conduites par des toxicologues indépendants car l’armée américaine et les autres institutions concernées ne sont pas intéressées par ce problème.»


Pour lire l’article original, c’est par ici

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

1 Commentaire

@Ph.L. 12.12.2019 | 13h28

«J'apprécie l'ironie - un peu amère il faut bien le dire - de Mme Debey dans sa conclusion (à travers des propos judicieusement rapportés). De fait, l'armée américaine, de loin la plus puissante du monde, s'occupe assez peu d'écologie, on ne peut en disconvenir. Mais bon, rassurons-nous, les automobilistes suisses vont bientôt tous acheter des voitures électriques. prendront le train et/ou passeront au vélo : l'humanité est sauvée...
A part ça, les images d'enfants irakiens martyrisés par notre folie guerrière sont épouvantables, oui. On devrait crier sans cesse. Monde atroce.»


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