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LU AILLEURS / Coronavirus

Les corona-crétins auront-ils finalement raison?

U ne tribune publiée dans la NZZ par Milosz Matuschek véhicule cette hypothèse osée: et si les rebelles des mesures liées au covid-19 avaient raison? Les dépeindre comme des extrémistes, ce que fait le pouvoir politique et médiatique actuellement, se révélerait avoir été une grave erreur, témoignant d’un mépris de l’esprit critique. Selon l’éditorialiste, il y a même certains éléments qui, déjà maintenant, leur donne raison.

Milosz Matuschek, rédacteur en chef adjoint du stimulant et élégant Schweizer Monat, pose une question on ne peut plus juste: qui sait si les ainsi nommés Covidioten, à savoir ces supposés «corona-crétins», allant des adversaires du masque aux citoyens simplement critiques, n’auront pas finalement raison? Sa tribune publiée ce lundi dans la NZZ a fait l’effet d’une bombe, suscitant plus de cinq cents commentaires sur le site et plus encore sur les réseaux sociaux. Il faut dire que les officiels ont si bien diabolisé tous les sceptiques envers les mesures actuelles que le sujet est devenu ultra-sensible.

L’intérêt suscité par cet article se trouve aussi dans le fait que les citoyens à se poser des questions sur l’action du Conseil fédéral ou sur le traitement médiatique de la crise sanitaire sont peut-être plus nombreux qu’on veut bien le dire. Et même si ce n’est pas le cas, le problème de fond demeure. Il n’est pas acceptable que les infos quotidiennes mettent en avant le nombre de cas du jour et non plus le nombre d’hospitalisations, ou de décès, comme c’était pourtant le cas au début de la crise. Il n’est pas acceptable que les personnes qui remettent en question cela se fassent traiter de sots. Il n’est pas acceptable qu’un climat anxiogène soit perpétué alors que les signaux sont positifs: «Il n’y a pas de deuxième vague pour le moment. Plus un seul décès, plus une seule hospitalisation, plus une seule maladie grave. Voilà les chiffres pertinents si vous voulez évaluer honnêtement le danger d’une épidémie et y fonder les mesures coercitives gouvernementales. Le chiffre que l’on fait circuler comme un spectre est cependant le nombre de nouvelles infections, c’est-à-dire le nombre de cas enregistrés, même s’ils sont tout à fait bénins. Cela rend le virus mathématiquement plus présent et plus dangereux qu’il ne l’est. Or, un pronostic de danger abstrait, basé sur un large subjonctif, ne doit pas être utilisé pour restreindre les libertés. Sinon, il faudrait interdire la circulation routière, les aliments riches en graisses et la vie elle-même.» (traduction libre)

Il n’est donc pas du tout certain que les dispositions en vigueur maintenant paraîtront justifiées quand on aura fait le bilan dans quelque temps. Bien au contraire. Ce sur quoi l’on peut cependant miser sans trop se mettre en danger, c’est que si l’on s’apercevra rétrospectivement que les «conora-crétins» ont eu raison sur toute la ligne, le mea culpa risque de se faire bien timidement. Quelques petits feuillets par-ci par-là, avec tout de même l’excuse tout servie que le principe de précaution est par définition… prévenant.

Mais après tout, qui sait? Puisque la tendance du moment consiste à «tirer des leçons de la crise», peut-être les grandes institutions médiatiques et gouvernementales reconnaîtront-elles quelque surenchère dans la peur qu’elles ont distillée en 2020. Et ce sera tout à leur honneur. Permettons-nous une louchée d’optimisme!


Pour lire la chronique dans la NZZ

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