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AILLEURS / Syrie

L’art de la débrouille

Quand on n’a pas d’électricité, on a des idées. Les habitants de Douma, une ville de plus de 100000 habitants non loin de Damas, dans le bastion rebelle de la Ghouta, sont privés de courant depuis quatre ans. Ils recourent à des générateurs pour l’essentiel, mais le siège de la ville par les troupes loyalistes fait que le mazout devient denrée rare et chère. C’est pourquoi un groupe d’habitants a équipé un char de douze panneaux solaires et six batteries développant chacune une capacité de 100 watts par jour. Pas grand-chose, direz-vous, mais c’est un début et cela permet d’activer les pompes à eau plongeant dans la nappe phréatique.

C’est le site d’information «Your Middle East», basé à Stockholm, qui rapporte l’anecdote. Jour après jour, les bricoleurs arpentent la ville avec leur char, passant en priorité devant les écoles, les mosquées et les réservoirs publics, où l’on voit les résidents affluer avec des bouteilles, bidons et jerrycans. Un panneau solaire vaut dans les 200 dollars et chaque batterie en coûte 240, sans parler de l’indispensable onduleur qui, lui, vaut 600 dollars. Le char monté sur pneus est construit de bric et de broc avec des vestiges de véhicules détruits par des bombardements. Il est prévu pour accueillir douze panneaux solaires de plus – qui restent encore à dénicher. C’est encore un prototype et ses initiateurs envisagent à terme entre vingt et cinquante générateurs solaires mobiles, de quoi alimenter à peu près toute la ville. Car ils prévoient que la guerre – et son cortège de privations – sera encore longue.


L'article de Your Middle East: «Solar solution brings water to besieged Syria town»

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