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LU AILLEURS / Chômage

Deux fois plus de chômage en Suisse qu’annoncé

L a Suisse et son secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) sont chaque mois très fiers d’annoncer un taux de chômage miraculeusement bas (2,4% en juillet). Et pourtant, en appliquant la méthodologie statistique utilisée à l’international, le nombre de personnes sans emploi est en réalité deux fois plus élevé. C’est la «NZZ am Sonntag» qui nous le dit. Résumé des points importants.

C’est simple, selon les chiffres du Seco, le marché du travail se porte à merveille: la Suisse aurait l’un des taux de chômage les plus bas du monde et son système d’emploi serait particulièrement efficace. Et pourtant! La Suisse a une façon bien à elle de calculer son taux de chômage: une manière de faire qui la rend particulièrement concurrentielle au niveau international. Si l’on prend néanmoins les chiffres du Bureau international du travail (BIT) qui permettent une comparaison à large échelle, le chômage suisse s’élève en réalité à 4,9%. Moins bien que l’Allemagne (3,5), que la Norvège (4,0), que le Royaume-Uni (4,1).

Mauvais point également en matière de chômage de longue durée: selon les chiffres du Seco, il s’agirait de 20'000 personnes, alors que le BIT en dénombre 99'000.

Alors pourquoi ces différences?

Le SECO enregistre uniquement les personnes qui pointent aux offices de placement et qui répondent aux critères d’embauches de ceux-ci. Cela occulte tous les jeunes qui n’ont pas encore de caisse de chômage (en sortant d’une formation par exemple), toutes celles et ceux qui n’ont plus le droit à leurs indemnités, tous les travailleurs et travailleuses plus âgées qui mettent davantage de temps à retrouver une activité professionnelle que ce que prévoient les ORP ou simplement les personnes qui sont sorties des radars administratifs.

A titre de comparaison, le BIT considère au chômage toute personne entre 15 et 74 ans qui n’était pas active lors de la semaine de référence, qui a cherché activement un emploi au cours des quatre semaines précédentes et qui était disponible pour travailler. C’est ainsi que, sur la base de 120'000 enquêtes téléphoniques menées par l’Office fédéral de la statistique (OFS), on dénombre 238'000 personnes au chômage contre 106'000 annoncées par le Seco.


L'article original en allemand de la NZZ am Sonntag: «Doppelt so viele Arbeitslose wie registriert»


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