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LU AILLEURS / Armée suisse

Comment les Américains inspectent l’armée suisse

L e «Tagesanzeiger» décrit une inspection particulière d’un dépôt d’armement helvétique. Deux inspecteurs des Etats-Unis veulent voir de près les dispositifs anti-aériens Stinger importés d’outre-Atlantique. C’est prévu dans le contrat. Ce sera plus poussé encore si la Suisse s’avise d’acheter des FA-18 Super Hornet ou des F-35 en cas d’approbation du crédit demandé le 27 septembre. Tout engagement de ces appareils serait de facto soumis à l’accord des Américains.

L’article précise que selon les dernières précisions données par la DTSA (Defense Technology Security Administration) liée au Département de la défense US , le coût de ces inspections doit être pris en charge par les acheteurs. Il est spécifié que toute arme, tout avion vendus doivent rester sous contrôle, le cas échéant par la transmission immédiate de données, selon un codage inaccessible aux Suisses. Tout cela afin que ces matériels, est-il dit officiellement, ne puissent être en aucun cas utilisés contre les USA et plus largement contre «leurs intérêts de politique étrangère». Un tel engagement a déjà été pris dès 1997 avec l’achat des FA-18 actuellement en service, avec les mêmes dispositifs de surveillance.

Les constructeurs européens, désireux aussi de décrocher des commandes en cas de oui au crédit, précisent qu’ils ne prévoient pas une telle autorité de contrôle. Dassault tient tous les plans et codes du Rafale à disposition, à l’exception de ceux réservés à l’usage de l’arme nucléaire, ce qui ne concerne pas la Suisse. La livraison de l’Eurofighter, également en lice, produit conjointement par l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne, prévoirait un échange ouvert à tous des données d’utilisation aux fins de la mise à jour du développement. Pas d’inspection ni de transferts d’informations inaccessibles à l’utilisateur.

A la lumière de cet article sur l’extrême curiosité et la mise sous tutelle exigées par les Américains, il est piquant de voir l’UDC défendre le crédit demandé par le Conseil fédéral en brandissant «la défense de la neutralité».


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