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ACTUEL / Coronavirus

Lettre à nos stars salvatrices

D epuis dix mois, la politique de ce pays est largement conduite, jusqu’aux diktats imposés à notre vie quotidienne, par un groupe de scientifiques devenus des stars omniprésentes devant les micros et les caméras. En dépit de cette logorrhée, permettez quelques questions.

Mesdames et Messieurs les dépositaires du savoir et du pouvoir, 2020 marquera à jamais votre carrière. Vous êtes entrés d’un coup dans la célébrité. Auparavant le commun des mortels ne se doutait pas qu’une telle pléthore d’épidémiologistes veillaient à notre salut. Tout un peuple a bu vos paroles, accepté vos mises en garde répétées mille fois. Personne, bien des artistes vous le diront, ne ressort indemne d’une propulsion aussi soudaine vers la gloire: rester sage n’est alors guère aisé. Ne doutant pas que vous y parveniez, permettez quelques questions que vous jugerez peut-être dérangeantes car dans votre domaine on est peu habitué aux interpellations vives du public.

«Vous n’avez pas péché par excès de modestie»

Vous nous avez dit bien des choses, parfois contradictoires, et c’est compréhensible au vu des découvertes successives et incertaines sur ce virus. Mais à chaque étape vous vous êtes montrés catégoriques, avec de bien timides bémols de prudence. Disons-le, vous n’avez pas péché par excès de modestie. Comprenez-vous que l’on ait pu sourire ou s’irriter du spectacle de vos egos manifestement si satisfaits de cette audience et de cette autorité tombées du ciel? N’avez-vous pas perçu quelques fois le trouble de citoyens et citoyennes stupéfaits de voir le pouvoir exécutif s’alignant pour l’essentiel sur les avis d’un cercle d’experts? N’avez-vous pas remarqué que soudain les règles démocratiques étaient bouleversées? Pour notre bien peut-être, mais avec quels effets à long terme? L’équilibre des pouvoir est chose fragile et se remet difficilement des moments où il est ébranlé. L’histoire en témoigne.

Mais revenons à votre domaine. Les hôpitaux, avez-vous répété, ont été et sont encore surchargés. Ils l’étaient déjà au début de 2017 quand la grippe frappait méchamment. Pourquoi n’avez-vous pas depuis lors exigé des renforts en moyens et en personnel? Comment avez-vous réagi quand on découvrit que les hôpitaux militaires étaient inutilisables parce que conçus pour des blessés de guerre et non pour des patients infectés? La menace des armes biologiques et chimiques est pourtant connue depuis longtemps, infiniment plus plausible que celle des attaques aériennes contre lesquelles nous nous prémunissons avec des avions-bombardiers ruineux. Même la nécessité de réserves de masques était officiellement soulignée, mais oubliée au fond des tiroirs. On ne vous entendait guère sur le sujet, chers épidémiologistes.

Toujours les mêmes thèmes

Ce qui frappe dans vos discours, c’est qu’ils s’enferment sans relâche autour des mêmes thèmes: le masque, les gestes-barrières (ce néologisme qui figurera à jamais dans le dictionnaire) et maintenant le vaccin. Vous avez très peu, très rarement profité de votre extraordinaire audience pour inciter à la prévention. Certes, bien des gens avertis savent l’importance de certaines vitamines et oligoéléments pour renforcer les défenses immunitaires. Pas tous. Pourquoi ne vous a-t-on pas entendu donner par le détail ce que vous prenez vous-mêmes, les aliments et les pilules bénéfiques que vous recommandez?

Par ailleurs vous n’avez guère été précis sur le travail des médecins confrontés à l’afflux de malades. Des praticiens donc, non pas des scientifiques enfermés dans leurs laboratoires, fixés sur les statistiques, accaparés par les séances et par les invitations sur les plateaux de télévision. Quel traitement au début des symptômes? Au-delà du banal médicament utilisé en prévention de la malaria associé à un antibiotique, au-delà du coûteux Remsedevir, vivement recommandé avant d’être reconnu comme inefficace et dangereux, au-delà de ces polémiques, on découvre, en cherchant un peu, que d’autres moyens sont mis en œuvre à travers le monde dont vous ne parlez jamais. Nous avons été choqués par le spectacle douloureux des patients intubés. Cette technique extrême serait moins utilisée qu’au début. Pourquoi n’êtes-vous pas plus précis sur les aides à la survie dans les cas graves? Sur l’évolution de la durée des hospitalisations?

Autre silence étonnant de votre part, dignes élus de la «task force»: sur les dégâts de la situation actuelle dans les têtes. Psychiatres et psychologues s’alarment devant l’augmentation des dépressions, des tendances suicidaires, des désespoirs chez les jeunes. Il est vrai que cette profession n’est pas représentée dans votre cénacle exclusif.

Une seule vérité, vraiment?

Vous nous faites croire, honorables savantes et savants, qu’il n’y aurait qu’une vérité, qu’une manière de faire. Et vous la martelez. Vous savez pourtant que nombre de médecins aussi honorables, aussi qualifiés que vous nuancent la vôtre, la contredisent parfois. Mais toute voix divergente est qualifiée de complotiste, d’irresponsable, et dûment étouffée dans les grands médias. Les débats sont plus vifs au Vatican que sur les plateaux de la RTS! En Suisse, rares sont ceux qui osent une critique. Tel le Docteur Philippe Saegesser, président du groupement des médecins hospitaliers vaudois, sur le site L’Impertinent. Tel le professeur Pietro Vernazza, médecin-chef de l’hôpital de St.Gall, dans divers journaux alémaniques. Tels ces généralistes qui grommellent discrètement devant des mesures qu’ils jugent souvent absurdes et inefficaces. En France, plusieurs sommités médicales «dissidentes» font l’objet d’une invraisemblable chasse aux sorcières de la part de leurs confrères et des autorités.

En bannissant toute vision différente de la vôtre, Mesdames et Messieurs les Sages patentés, vous courez un risque. Il pourrait apparaître un jour, avec le recul, avec un regard sur les expériences faites à travers le monde, que vous vous êtes trompés sur bien des points. Que vous avez été prisonniers de vos certitudes, piège que tentent d’éviter les grands scientifiques depuis Galilée. Dans le prochain livre d’histoire, le chapitre qui ne manquera pas de vous êtes consacré pourrait être moins glorieux que vos messes télévisées actuelles.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Yves Genier, Anna Lietti, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet (ordre alphabétique).

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