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ANALYSE / Covid-19

Gare au virus, lâchez les chiens!

A uteurs et scénaristes en mal de fiction, vous êtes dépassés. A la faveur de la pandémie, les scientifiques font preuve d’une créativité galopante qui n’a rien à envier à la vôtre.

Dans plusieurs pays, les vétérinaires testent la capacité des chiens, renifleurs infiniment plus doués que l’homme, à détecter les porteurs du fameux virus. Leur réaction immunitaire dégagerait une odeur particulière dans la sueur. A l’école vétérinaire d’Alfort, des essais paraissent prouver qu’à force d’apprentissage, ces fins nez peuvent la reconnaître. En Corse, une association cynophile a procédé, avec l’aide des pompiers et des autorités locales, à une expérience avec trois cent personnes soumises au reniflage. Mais il n’est apparu aucun cas positif. Si tout cela se confirme, certains aéroports, au Liban notamment, envisagent d’utiliser des chiens pour contrôler les passagers!

Détecteurs à ultra-violet

L’imagination n’a pas de limite. Des chercheurs de l’université de Halle-Wittemberg veulent trouver la bonne formule pour les rassemblements de masse. Quatre mille personnes de 18 à 50 ans assisteront à un concert du chanteur allemand Tim Demzko le 22 août à Leipzig. Ils seront répartis en trois groupes. Le premier se comportera «comme avant». Une certaine distance sera suggérée entre les spectateurs dans le deuxième scénario. Et la consigne de 1,5 mètre sera strictement appliquée dans le troisième. Et tout le monde sera testé ensuite. Les participants seront cependant invités à se à porter le masque et à s’enduire les mains avec un gel hydro-alcoolique fluorescent dont l’application sera vérifier par des détecteurs à ultra-violet. Ils seront munis de surcroît d’un «contact-tracer» qui captera et enregistrera leur proximité avec leurs voisins.

Tout cela paraîtra farfelu aux uns, sage aux autres, mais inspirera sans doute les films d’horreur de demain.

«L’obsession infantile de la liberté»

Les psys ne sont pas en reste. Certains s’inquiètent des effets de la peur quotidiennement entretenue. D’autres se penchent sur les perturbations mentales que manifesteraient les récalcitrants aux mesures préconisées par les Etats. Ainsi, le psychanalyste parisien Moussa Nabati explique sur Huffington Post qu’il voit en eux «un mécanisme de déi, une sorte d’aveuglement et de surdité psychiques». Fortes têtes, ces rebelles? Pas du tout: «le déni ne prouve pas une solidité psychique ni l’absence de craintes, bien au contraire! Il apparaît précisément lorsque le Moi se trouve impuissant à affronter et à gérer des charges traumatiques insupportables pour lui, écrasantes.» Cet explorateur des âmes lâche alors un mot mémorable. Il voit chez les récalcitrants aux ordres divers et variés «l’obsession infantile de la liberté»!

Merci, docteur. Les dirigeants autoritaires adoreront votre formule.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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