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ACTUEL / Fête des vignerons 2019

Ce que la Fête dit de nous

L ’effervescence ludique qui s’empare de la ville de Vevey nous fait du bien. Elle vient contrecarrer une série de lieux communs sur la société actuelle. Qui ont leur part de réalité, mais dont il faut aussi se méfier. Le spectacle? Il impressionne tout le monde, il enthousiasme beaucoup, il n’émeut pas tous. Normal, on est à la scène pas à l’église. Mais le plus fou, c’est ce qui se passe tout autour. De jour et de nuit, une foule joyeuse, costumée ou pas, se rassemble, papote, rit, boit et s’amuse. Inventaire des banalités ainsi écornées.

© Jean-Claude Péclet

- «Les gens sont de plus en plus individualistes, chacun ne se préoccupe que de soi». Vevey, c’est la démonstration du contraire. L’effort collectif est inouï. Les milliers de figurants, de choristes, de bénévoles ont passé un temps incroyable ensemble, avant et pendant. Avec un plaisir manifeste qui tranche avec les jouissances solitaires.

- «Le divertissement à distance envahit tout, on est englouti par nos écrans». Tous les festivals prouvent le contraire, mais la Fête veveysane va beaucoup plus loin. C’est le public lui-même qui crée le spectacle dans les rues. Et seuls les pisse-froids ne s’en régalent pas.

- «L’abondance des offres divertissantes nous rend passifs». Peut-être. Mais quelle leçon, ces jours! Les participants, et pas seulement eux, se découvrent le plaisir de se montrer en tenues d’un autre âge, les plus timides se risquent à un pas de danse, à une farandole improvisée ou minutieusement préparée. Les sages et les moins sages sortent de leur coquille.

- «L’insécurité rend les grands rassemblements risqués». Eh bien non, pas ou quasiment pas d’incidents fâcheux à Vevey. Cela est dû à l’excellence de l’organisation mais surtout au sens civique de tous. Qui se manifeste aussi dans la propreté des rues malgré la foule.

- «Les jeunes vivent dans un monde à part, ils ne partagent plus grand-chose avec les vieux». Qui ne les a pas vus en nombre se mêler aux aînés, festoyer tous ensemble?

© Jean-Claude Péclet

- «Les masses de visiteurs créent le chaos sur les routes». Cela, on l’entend moins. La preuve est faite. Les transports publics ont la cote. Les parkings ne sont pas pleins et les embouteillages pas plus gênants que d’habitude.

- «La société mondialisée, l’ouverture des frontières, le grand nombre d’étrangers tendent à diluer l’identité locale». Fadaise. Si l’on veut vraiment utiliser le mot ambigu d’identité, il faut admettre que la Fête en affirme une dans le meilleur sens, elle célèbre le lieu et ses traditions sans trace de populisme cocardier, sans un chouïa de xénophobie. C’est possible!

© Jean-Claude Péclet

- «Tout ça c’est bien joli, mais cela n’arrive que tous les vingt ans». C’est vrai. Mais pas tout à fait. Le plaisir pris à faire la fête ensemble ressurgira sans doute en d’autres circonstances et dans d’autres lieux, plus modestes et tout aussi plaisants. La preuve? Le village valaisan de Vétroz qui se transforme en Vetrograd, dans une ambiance russe très festive. Anna Lietti en a parlé samedi ici-même.


Retrouvez d'autres photos de la Fête des vignerons sur le site de Jean-Claude Péclet

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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