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Actuel / «Big pharma», quel bilan écologique?


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La politique actuelle du tout vaccinal nous montre ses limites, tant sur le plan sanitaire qu’écologique. L’industrie pharmaceutique est en effet parmi les plus polluantes de notre planète, plus que le secteur automobile. Ne serait-il pas temps d’effectuer un bilan écologique de la production de milliards de vaccins, du coût énergétique de leur transport par camions frigorifiques, et de la gestion de leurs déchets?



Nous étions deux dans la salle d’un cinéma indépendant lors de la projection du documentaire de Perrine Bertrand et Yan Grill, «Etre avec les abeilles». Nous étions deux à nous sentir, comme ces millions d’abeilles, pris au piège d’un monde dont on ne sait plus faire partie en l’état et cherchant nos ressources propres afin d’y survivre malgré tout.

Les abeilles vivent et travaillent en communauté, avec solidarité, autonomie et conscience des générations futures. Afin de polliniser nos écosystèmes mal en point, quelques apiculteurs atypiques tentent de les protéger de l’activité des autres humains avides ou poussés aux rendements: offrir aux colonies d’abeilles un habitat traditionnel dans les arbres et à proximité de cultures biologiques diversifiées; les laisser coexister avec leurs divers micro-organismes viraux ou bactériens; arrêter de traiter leurs maladies avec des médicaments qui contribuent à les affaiblir et les décimer; soutenir leur immunité naturelle, leur propolis étant le meilleur médicament; leur offrir une alimentation saine, leur miel exempt de sucre ajouté.

Cette comparaison apicole devrait nous permettre d’imaginer un traitement bienveillant et intelligent similaire dans la crise sanitaire actuelle, semblant entrer en chronicité. Les scandales liés à Montsanto ou Bayer et la mise sous tutelle de l’agriculture par les géants de l’agro-business n’étant plus un secret d’Etat, il semblerait que nous ayons davantage de difficulté à admettre ceux associés aux industries pharmaceutiques à qui l’on accorde une confiance quasi aveugle. 

L’entreprise Pfizer a été condamnée à un total de plus de 6 milliards de dollars pour: corruption de médecins et de dirigeants gouvernementaux, publicité mensongère omettant de graves effets secondaires, fausses études, création d’un virus synthétique ayant contaminé trois de ses employés, etc. «Cet aspect a été soulevé par le Parlement Européen lors du choix des fabricants de vaccins contre le Covid-19, mais n'a pas été retenu comme critère de sélection.» Le parallèle pourrait se faire également entre le bétail et la masse des humains. Soigner quelques individus malades s’avère moins rentable que vendre des traitements préventifs à tous sur du long terme. Une stratégie commerciale efficace permettant de juteux profits.

Quel bilan écologique de la solution vaccinale unique?

Imprégnée par l’idéologie du solutionnisme technologique, la «science» actuelle — financée massivement par les grandes entreprises pharmaceutiques et escortée par des politiques démunis — a perdu le chemin de l’art médical et opté pour une politique du tout vaccinal. Eloignée de la médecine, elle nous montre ses limites, tant sur le plan sanitaire qu’écologique, comme pour les abeilles. 

Les industries pharmaceutiques étant parmi les plus polluantes de notre planète, plus que le secteur automobile, ne serait-il pas temps d’effectuer un bilan écologique de la production de milliards de vaccins, du coût énergétique de leur transport par camions frigorifiques, de leur conservation entre -60° à -80° et de la gestion de leurs déchets? Le moment n’est-il pas venu de faire de même avec les milliards de masques jetables et donc jetés, les tonnes de gel hydroalcoolique qui se retrouvent dans nos cours d’eau potable?

Des injections anti-covidiennes «locales, bio et de saison»?

Locales? Au premier trimestre 2021, la Confédération «prête» à Lonza du personnel spécialisé pour lui permettre d'accroître la production du vaccin de Moderna à Viège. C’est donc une production, en partie, locale. 

Biologiques? En 2018, le site de Lonza générait 1% des émissions de gaz à effet de serre de toute la Suisse. Sa pollution au mercure — plusieurs dizaines de tonnes déversées dans le Rhône — continue de ressurgir ici et là. Pendant des années, Lonza aurait également pollué les eaux avec un solvant cancérigène, le 1,4-dioxane et avec un autre produit toxique et cancérigène, la benzidine. Ni la population, ni les professionnels de la santé n’ont accès à l’entier des composants des vaccins de Moderna. Au vu des nombreux scandales environnementaux liés à Lonza, nous pouvons douter qu’ils obtiennent le label bio. 

De saison? La Confédération a conclu des contrats, dont les montants sont tenus secrets, avec cinq fabricants pour près de 52 millions de doses de vaccins jusqu’en 2023. Elle annonce, après avoir vanté leur très grande efficacité, une troisième dose. Comme les tomates hors-sols, les vaccins semblent déjà être disponibles pour les années à venir en toute saison.

La seule solution vaccinale, adoptée localement et à l’échelle de la planète, contribue à creuser notre propre tombe en accroissant notre dépendance énergétique et en persévérant à détruire le vivant.

Omerta politique sur les questions écologiques?

Pourquoi cette problématique des productions des big pharma, pourtant fondamentalement liée aux questions biologiques, est-elle absente des prises de position officielles des partis écologistes? Nous avons entendu vaguement çà et là que la destruction du vivant aurait favorisé l’émergence de ce coronavirus, ou de ses variants, et contribuerait ainsi à nous exposer à l’avènement de nouveaux virus dans le futur. Les Verts suisses dans leurs directives de vote sur la loi Covid semblent plus soucieux de préserver leur liberté de pouvoir continuer de voyager à l’étranger, quand bien même on sait, outre le problème de la pollution générée, que les déplacements ont largement contribué à la diffusion du coronavirus sur l’ensemble de la planète.

Ces questions n’empêchent nullement un grand nombre de nos politiques de chanter en chœur la gloire de la vaccination anti-covidienne en population générale. Lorsque l’on parle de santé, serions-nous d’accord de nous satisfaire de notre bonne conscience «d’écolo-bobo qui mange bio, trie ses déchets et se déplace à vélo»? Tous les moyens, même les plus polluants et énergivores, seraient-ils bons puisqu’il s’agit de santé? Nos yeux devraient-ils se fermer devant les conséquences écologiques dramatiques de certains choix politiques? Le solutionnisme sanitaire-sécuritaire peut-il faire l’économie d’un examen de conscience écologique?

Quelques Verts minoritaires soufflent leur désaccord vis-à-vis de cet aveuglement irresponsable, sous le couvert de l’anonymat, craignant peut-être un lynchage médiatique ou les possibles représailles des membres du parti. «Avant d’être formalisé par un décret de censure ou de s’incarner sous les traits d’un fonctionnaire du Parti, l’étiolement de la liberté d’expression s’éprouve comme une ambiance, un sentiment d’intimidation, un embarras presque mondain qui fait s’évapore» (Célia Izoard). Nous estimons que cette loi du silence mériterait d’être posée sur la table du débat démocratique. 

Quelles alternatives à la solution vaccinale unique?

Comme celle des apiculteurs conscients des enjeux favorisant les ressources propres des abeilles, pourrions-nous nous inspirer d’une bioéthique du vivant dans la gestion politique de la «pandémie», face à ce que l’on devrait plutôt appeler «syndémie»? Malgré les promesses, l’éradication de ce parasite de coronavirus à l’aide de l’imposition de la solution vaccinale unique bien que toujours en phases expérimentales, d’exclusions sociales et de surveillance généralisée des individus, ne fonctionne malheureusement pas si bien. Tout comme pour les abeilles, ne vaudrait-il pas mieux se familiariser avec l’idée que les virus et bactéries, sont des entités avec lesquelles il va nous falloir non pas lutter, mais cohabiter?

Il existe pourtant des alternatives: offrir une politique de prévention en renforçant nos défenses immunitaires naturelles à l’aide des médecines complémentaires faisant partie intégrante de notre Constitution suisse (art. 118a); développer une promotion de la santé auprès des personnes souffrant de ces maladies de civilisation, notamment la pandémie de diabète, alors que les confinements ont exacerbé leurs risques vis-à-vis du virus; proposer une vaccination ciblée aux populations à risque (ce qui est fait) et laisser vivre les autres en leur permettant de développer leur immunité; soigner à domicile, précocement, les gens ayant contracté le virus plutôt que les enfermer seuls chez eux sans surveillance ni soins médicaux; renforcer notre système hospitalier défaillant — cause des semi-confinements successifs — suite aux politiques d’austérité déployées depuis plus de vingt ans; améliorer enfin les conditions de travail des soignants; développer l’écologie en protégeant les habitats des animaux sauvages et en évitant les dangers de l’élevage industriel.

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

14 Commentaires

@willoft 19.11.2021 | 01h18

«Brillant, mais commençons par le beaba o rhum.

Soit les financements de nos politiques, de quelque bord soient-ils, amen.

P.S. basique dans une (sic) des meilleures démocraties du monde dont un quart des habitans n'a pas le droit de vote et dont la moitié de ceux qui l'ont se déplacent au mieux à 50%, quand ce n'est pas 35%»


@Marianne W. 19.11.2021 | 02h48

«Votre analyse de la situation me paraît pertinente. Il est juste que ne miser que sur la seule vaccination n'est pas tolérable. Il pourrait sembler cependant que la situation soit en train d'évoluer, avec l'apparition de médicaments qui "lutteraient contre les formes graves du covid19". On est hélas toujours dans la même logique : production de vaccins, médicaments, etc, qui auront pour effet momentané de tenir un peu à distance un virus... qui reviendra quelque temps plus tard plus fort qu'avant !
Vous avez raison de prôner le renforcement de l'immunité, qui doit enfin être pris en compte, et sérieusement, dans la politique de santé de notre pays. La santé de la population toute entière est à ce prix. »


@Juls 19.11.2021 | 06h23

«Merci infiniment pour votre article qui fait du bien au cerveau! »


@Cadola 19.11.2021 | 06h40

«Merci de pointer si bien cette immense incohérence actuelle, à la fois des politiques et d’une grande partie des médias: dénoncer l’urgence de la crise climatique, tout en soutenant mordicus ces surproductions vaccinales hyper polluantes et nuisible à la santé générale à long terme.»


@Rintintin 19.11.2021 | 08h18

«merci pour votre article ! j'ai le sourire pour la journée....»


@Thomas Büchi 19.11.2021 | 09h09

«Bravo pour votre article courageux!»


@Latombe 19.11.2021 | 10h45

«Et que voilà un article véritablement bon pour la tête…
Mais il soulève des questions d’une telle taille : immunité /vaccination,
chimie synthétique/médecine naturelle, agriculture intensive/agrimaraîchage-foresterie, ultramobilité/mobilité douce, activités locales/voyages, que l’on ne peut que remettre en question notre manière de vivre en Suisse.
La Suisse pourrait-elle rester prospère sans une chimie de pharmacie et de pesticides qui vise le profit financier maximum ?
La Suisse pourrait-elle rester un pays riche, sans être par ses banques, la valeur refuge pour des transactions reposant sur l’exploitation massive des forêts, des terres arables, du sous-sol et … des hommes, vivant sur des territoires qui ne sont pas du monde occidental ?
Le problème central ne réside-t-il pas dans le concept économique de profit maximum (pourquoi donc faudrait-il toujours viser à le maximiser ?) pour quelques-uns et pas de la qualité de vie de tous ?
Quoi que bon, votre article fait un peu mal à ma tête de vieux suisse capitaliste de fait.
»


@Mad67 19.11.2021 | 13h52

«Merci de dénoncer tout haut ce que nous sommes sans doute beaucoup à penser sans oser le dire car toute remise en question du dogme vaccinal est complètement taboue. Je me questionne aussi sur l'utilisation -sans doute massive- de mammifères dans ces laboratoires... Une question d'éthique à mettre aussi en perspective aujourd'hui, alors que le respect de la vie des animaux semble devenu -enfin!- une préoccupation majeure pour une partie de la population. »


@Moutze 19.11.2021 | 16h19

«Pas convaincu par cet article. Oui les arguments sont vrais, mais face à des centaines de milliers de morts rien qu'en Europe, il faut faire la part des choses: le vaccin est utile. A part cela, le monde scientifique est tout à fait ouvert à d'autres solutions, l'article n'invente rien. Une certaine façon de mal peser le poids des faits frise le complotisme. A bon entendeur.
»


@Voisine d'éoliennes industrielles 19.11.2021 | 18h04

«Ma copine est immunodéprimée. Vaccinée elle détient le fameux pass covid et peut aller et venir à sa guise, y compris où tout le monde se promène sans masque et sans distance. Or, un mois après avoir été vaccinée elle n'avait déjà presque plus d'anticorps contre la COVID. C'était au printemps 2021... Elle reste cependant persuadée que la vaccination est un geste solidaire que nous devrions tous avoir et elle vote oui au pass covid, elle est très fâchée contre ceux qui ne s'y résignent pas oubliant qu'elle même ne protège plus les autres...
J'aimerais bien lui envoyer votre article, mais le sujet entre nous est devenu tabou. La non vaccination est un réflexe d'extrémistes de droite à ses yeux. Même si elle sait que mon coeur n'a jamais battu ailleurs qu'à gauche, il n'y a plus de place pour une réflexion qui va dans le sens que vous suggérez dans cet article. Les divisions deviennent profondes, partout, et la perspective d'un changement de paradigme s'éloigne de jour en jour... Et pourtant beaucoup de signes montrent que la route prise n'est pas la bonne et que nous n'avons pas vraiment le temps de nous tromper ainsi. Quand tout le monde sera vacciné, qui seront les boucs émissaires de cette société repliée sur ses peurs?»


@Gio 20.11.2021 | 10h50

«Voilà un article qui contribue à la division sociale. Dans certains pays, de nombreux enfants continuent de mourir de maladies t’elle la rougeole faute de vaccins; les propos que vous tenez sont certes bien écrits, mais reflètent notre société de nantis qui peut se permettre de faire la fine bouche.»


@Maze 22.11.2021 | 12h34

«Merci pour cet article. Ce genre de questions devrait à mon avis être actuellement au cœur du débat politique mais il n'en est rien. Comme vous, je suis effaré de constater que les verts et la gauche plus généralement se laissent dicter le cadre du débat. Il y a un référentiel de pensée officiel et toute question soulevée en dehors de ce référentiel est considéré comme complotiste ou d'extrême droite.
Je pense aussi que la période que nous traversons met en lumière une division philosophique de la société qui va s'accentuer au cours des prochaines décennies. En synthèse, cette division pourrait se présenter comme ceci:
A) Comprendre et accepter la logique du vivant, s'insérer dedans; essayer de tendre vers des équilibres écosystémiques et donc favoriser la (bio)diversité, la prévention et les traitements naturels (aussi bien pour la médecine que pour l'agriculture); postuler que notre ignorance dans les interactions des écosystèmes (autant au niveau micro que macro) sera toujours supérieure à la somme de nos connaissances et donc postuler que l'immunité naturel est forcément meilleure que l'immunité technologique, qu'un service écosystémique naturel est forcément meilleur qu'un service écosystémique artificiel (par exemple forêt primaire vs forêt replantée).
B) Comprendre et maîtriser le vivant; postuler que la science et le progrès technologique permettront toujours de manipuler le vivant dans notre intérêt et donc qu'il faut favoriser avant tout la recherche scientifique et les avancées technologiques; postuler que la somme de nos connaissances à un instant t sont suffisantes pour justifier l'application de traitements industriels à large échelle et en continue dans le temps (vaccins à ARN, pesticides, OGM, geo-ingénieurie du climat); postuler que le capital artificiel est substituable au capital naturel; considérer la fuite en avant technologique comme une opportunité.
»


@nina.crole-rees@span.ch 22.11.2021 | 19h46

«Chère madame,
je vous félicite et vous remercie humblement pour cette article qui devrait etre distribuer aux Suisses avant cette votation afin d'ouvrir un horizon d'un monde meilleur.
Bien à vous.»


@pa.nemitz 23.11.2021 | 09h23

«La Suisse est un pays véritablement démocratique dont les institutions légalement élues exercent leur pouvoir dans le cadre constitutionnel que les citoyens de ce pays ont choisi.
Dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 le gouvernement fédéral, dans le cadre de ses compétences, a fixé des règles et organisé la lutte contre cette maladie virale en s’appuyant sur un collège scientifique hautement qualifié. Vouloir s’opposer aux dispositions prises sous différents prétextes c’est contrecarrer les efforts de l’Etat pour juguler le mal. Ce n’est pas démocratique.
Pire encore, contester l’utilité de l’action vaccinale c’est vouloir ignorer que cette méthode a permis de vaincre la tuberculose, la poliomyélite, la variole etc.
Opter pour une solution plus proche de la nature c’est dans l’immédiat lutter contre un incendie avec une pipette. Assurément l’auteure de l’article n’a pas eu de proche emporté par le virus.
Le débat sur la réorientation de la médecine publique et le rôle des pharmas interviendra assurément lorsque la pandémie aura été surmontée.
Contester tout ce que fait l’Etat c’est favoriser la polarisation de la société alors que la situation requiert solidarité et résilience de tous face au virus. Saboter l’action du gouvernement c’est ouvrir la porte au « trumpisme » et à la dislocation du lien social qui doit au contraire être renforcé. Adopterez-vous le même comportement que ce maudit américain lorsque d’autres problèmes plus graves encore surviendront en matière d’alimentation, de raréfaction de matières premières, de pollution, de catastrophes climatiques avec leur corolaire l’exode de millions d’habitants chassés de chez eux par la dégradation de leur environnement, etc. etc.
N’est-il pas temps de serrer les rangs et de chercher ensemble des solutions dans le cadre des institutions dont la composition résulte de nos choix. Si ceux-ci ont été malheureux alors faisons mieux lors des prochaines élections.
»