Média indocile – nouvelle formule

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Phénomène nouveau de météorologie politique. Dans plusieurs pays, ce n’est plus le choc de l’opposition et du pouvoir, ni l’émergence des mouvements sociaux habituels, c’est une considérable vague de colère qui monte. Très diverse. Une partie de la population, qu’elle manifeste dans la rue ou pas, ne supporte plus les restrictions sanitaires, ne croit plus ses dirigeants ni les médias traditionnels. Quoi qu’il arrive, ces soulèvements, pacifiques ou violents, laisseront des traces. Les rebelles ravaleront peut-être leur amertume comme les «gilets jaunes» mais risquent bien de décrocher, de se marginaliser. Terrible secousse pour nos édifices démocratiques. A l’image de la Guadeloupe et de la Martinique (où les trois quarts des jeunes sont au chômage), la révolte du moment peut enflammer, en Europe aussi, les mécontentements et les frustrations latentes. L’escalade des discours furieux, de part et d’autre, ne cesse de faire de monter la tension.



En Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, les pouvoirs paraissent devenus fous.

Retour au confinement total comme si le virus allait disparaître pour autant. Répression musclée de manifestations anodines. Et quand celles-ci dégénèrent, ripostes violentes. A Rotterdam, la police a tiré à balles réelles! Si c’était arrivé à Minsk, tout le monde s’égosillerait. Or là, chut, les Hollandais sont si gentils. Quant au ministre allemand de la santé, il perd les pédales en parlant de «la pandémie des non-vaccinés», en affirmant qu’à la fin de l’hiver «tous seront vaccinés, guéris ou morts». Alors que des millions de personnes, vaccinées ou pas, ont porté le virus sans tomber malades, activant leur immunité naturelle. En Suisse, le paysage paraît plus calme. Bien sûr, il y a des allumés qui disent n’importe quoi et perdent les pédales. Chez les opposants, chez les prétendus sages aussi. Un épidémiologiste zurichois qui se prend pour un ministre vient de proposer un impôt spécial pour les non-vaccinés!

Les raisons du trouble

Cependant les manifs ne débordent quasiment pas. Mais la cassure existe. Ne pas la voir, la banaliser, la discréditer, caricaturer et maudire les mécontents, c’est l’approfondir encore. Qu’on leur donne raison ou tort, le fait est là, les récalcitrants aux «mesures» et aux appels incessants à la vaccination posée en «seule issue possible», perdent confiance dans les autorités, dans les partis aussi, unanimes derrière elles (à part une une fraction de l’UDC). Plus on les rabroue, plus ils s’enferrent dans leur méchante humeur. Que le oui ou le non l’emporte le 28 novembre ne changera pas la donne de fond. Il faut dire que les raisons du trouble s’accumulent.

- On nous assurait que le vaccin stoppait la contamination. C’est faux. Qu’il protégeait durablement. Faux encore. Il a ses avantages (l’atténuation de la maladie) mais il n’est pas la planche de salut universelle. Exemple: l’Irlande, avec ses 93% de vaccinés compte un nombre d’infectés par habitants égal à celui de l’Autriche. C’est à l’usage que l’on découvre ses limites, dira-t-on. Compris. Mais alors nous sommes bel et bien des cobayes? Pourquoi ne pas le dire? La plupart des Suisses acceptent les risques présents et futurs mais ce serait en conscience si l’on était franc avec eux. Plus sain que le suivisme aveugle.

- Ce n’est pas être complotiste que d’envisager avec réticence ou effroi, avec des doutes aussi, une 3ème, puis une 4ème dose, un abonnement vaccinal en vue. Pour le grand bénéfice de Pfizer & co qui voient leurs profits exploser et émettent sans cesse de nouvelles recommandations, fort rentables, le plus souvent acceptées par l’autorité. La performance des pharmas a certes son coût. Mais à une telle hauteur de rentabilité, compte tenu des contributions publiques à leurs recherches, devant leur refus de partager leur savoir avec les pays les plus pauvres, ils pourraient bien être considérés un jour comme des profiteurs de guerre. Un exemple? Le test PCR coûte 150 francs en Suisse, 50 euros en Italie. L’OFSP ne s’est manifestement pas inquiété de cet écart choquant.

- Garder secrets les termes de l’accord conclu entre l’OFSP et les fournisseurs, notamment au chapitre des responsabilités, est une atteinte grossière à la transparence exigée par la loi.

- Ne pas faire toute la lumière sur les liens d’intérêt entre les pharmas et les membres de la Task force et les responsables de l’OFSP, c’est donner du grain à moindre à qui nourrit des soupçons d’accointances suspectes.

- Ne pas recueillir sérieusement les constats d’effets secondaires et ne pas les communiquer officiellement, c’est donner le sentiment que des réalités sont cachées. D’autant que les dernières données de l’OMS à ce sujet ne sont pas rassurantes du tout.

- Répéter sans cesse que le pass sanitaire permet un retour à la vie normale est une tromperie, car montrer son téléphone et sa carte d’identité pour aller boire et manger au café du coin, ce n’est pas «normal». Sans compter que cette mesure donne une illusion de sécurité, puisque les double-piqués peuvent transmettre le virus et que les précautions élémentaires restent nécessaires.

- L’idée loufoque, vite abandonnée, de rémunérer qui persuade quelqu’un de se faire vacciner, puis celle de la semaine spéciale à cette fin, avec des spectacles gratuits et une profusion d’annonces publicitaires, font penser que les responsables ne réfléchissent pas à deux fois et qu’ils font tomber l’argent du ciel. Coût de l’opération: près de 100 millions! Alors que les hôpitaux manquent de moyens et de personnel... Alors que le nombre de lits pour soins intensifs a été fortement réduit depuis le printemps 2020. Sans explication convaincante. A noter aussi que toutes les campagnes officielles, depuis le début, sont confiées à une seule agence zurichoise, retenue sans appel d’offres. Illégal.

- L’autorité sanitaire, par sa fixation exclusive sur le vaccin manque à son devoir. Elle n’évoque jamais l’importance de la prévention. Il y a des moyens simples de renforcer son immunité. Jamais rappelés. Silence aussi sur les possibilités de traitement dès le début des symptômes. Il en existe. Tant de médecins généralistes soignent souvent avec succès leurs patients grâce des médicaments usuels (doses massives de vitamines D, de zinc et d’antibiotiques, etc.), leur évitant ainsi l’hospitalisation. Or lorsqu’une personne infectée et malade appelle le service cantonal, on lui dit de rester chez elle et d’aller à l’hôpital si cela tourne mal. C’est incompréhensible et choquant.

Et en prenant un peu de recul, sans parti pris, on peut songer à plus préoccupant encore.

Chacun a le droit de juger par soi-même de la gravité — indéniable! — de la pandémie. Or la communication officielle ne lui donne pas les éléments raisonnables pour cela. Elle n’établit jamais le contexte. Le chiffre des morts de ou avec le covid, plutôt bas d’ailleurs, est affiché tous les jours, sans indication de l’âge ou de l’éventuelle comorbidité. Il n’est jamais rapporté aux décès, infiniment plus nombreux, dus aux cancers, aux problèmes de cœur et autres. Cela donnerait un tableau de la situation plus réaliste.

L’omniprésence du sujet envahit nos têtes. A faire de nous, des enfants aux vieillards, des hypocondriaques à vie, des nombrilistes tétanisés. A croire que la santé est devenue la nouvelle religion de l’Occident. Signe annonciateur de son déclin? Enfin cette dramatisation extrême finit par suggérer que le but ultime de la société est de vaincre la mort. Si l’on y pense, si l’on se compare à d’autres peuples moins nantis et plus stoïques, cette obsession frénétique, ce refus d’admettre que la vie a une fin apparaissent absurdes. Indécents.

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

12 Commentaires

@Porquoi 26.11.2021 | 01h15

«Merci de continuer à mettre en évidence ces constats choquants. »


@willoft 26.11.2021 | 01h23

«La fin de notre civilisation ne serait-elle pas l'individualisme-égocentrique rejetant la faute sur l'autre, soit personne n'est coupable en démocratie?
Et dans ce registre on peut citer les pro Zemmour via les antifas, quelle abomination.

Mais rassurez-vous, cher Monsieur Pilet, et bien que sachant votre abomination pour l'écologie, de là à donner la parole flatteuse à Madame Sandoz, qui en est encore à douter du dérèglement climatique, il y a un pas qui me dépasse.

Mais remarquez, c'est bien louable, car aujourd'hui, chacun peut raconter n'importe quelle ineptie et même vous.

P.S. Vivant au cul du monde (qui s'appelle lui-même "El Pais Natural", l'Uruguay), je n'ai plus besoin de laver la visière de mon casque, car il n'y a déjà plus d'insectes, alors le Covid n'est qu'une farce!

»


@Porquoi 26.11.2021 | 02h51

«Merci de continuer à mettre en lumière ces éléments heurtants et trop souvent insensés en matière de santé publique globale. Les remarquer semaine après semaine, tout en les voyant invisibilisés ou déniés par les principaux médias, par les pouvoirs publics et par de nombreux citoyens, est un phénomène d'une violence psychologique inédite pour moi. Lire dans vos pages cette indignation enfin partagée me permet de penser qu'il me reste peut-être une place pour me sentir appartenir à la nouvelle société qui se dessine sous nos yeux. Pas sûre. Time will tell.»


@XG 26.11.2021 | 07h34

«Merci Monsieur Pilet pour cet article magistral, qui me redonne courage et me fait sentir moins seule. Espérons que nous arriverons à vaincre cette pandémie d'absurdités. Mon employeur me met dans une situation impossible en imposant la vaccination obligatoire. Travaillant aux RH, je pense vraiment à me mettre en congé non payé en attendant que cette folie passe si elle passe un jour. »


@Rachel M 26.11.2021 | 07h50

«Juste MERCI...»


@Qovadis 26.11.2021 | 08h00

«Merci M. Pilet pour cette brillante et percutante analyse. Pour désamorcer les conflits, la recette est toujours la même: partir des faits et raisonner avec sa tête. Une petite dose de statistiques, c’est bon contre la pandémie de l’émotionnel. Le problème, c’est que les faits sont en partie masqués, les statistiques rébarbatives et les gens durs à convaincre.»


@Shakur13 26.11.2021 | 10h56

«Merci! Vous avez tout dit, ni trop, ni trop peu.»


@Latombe 26.11.2021 | 11h45

«Cette pandémie met en lumière les inégalités latentes de notre belle Suisse. Il n’est certainement pas nouveau qu’une partie de la population ne croie pas au gouvernement, ni aux médias (traditionnels ou non), ne vote pas, ne s’intéresse ni à la vie locale ni sociale plus large. Cette population, au fond la majorité des gens je suppose, bougonnent, râlent, se fâchent, se désespèrent parfois, pour des chimères, mais agissent au quotidien en pensant d’abord à eux et leur famille dans la perspective de boucler la fin de mois et, pour les moins défavorisés, leur valise pour les vacances. Pour certains cela va plus loin, évolue vers la colère et l’indignation et là, les personnes concernées vont chercher des raisons de croire à des causes premières, aisées à comprendre.
Ainsi va la Suisse comme l’Europe d’ailleurs cahin caha sauf tremblement de terre… Or le Sars Covid a des effets d’une ampleur sans précédent et peut se comparer à un séisme. On connaît ses causes biologiques (virus) comme on connaît les causes physiques du séisme (mouvement des plaques tectoniques et du magma). Mais cela n’implique rien de simple du point de vue social. Les incidences sur la vie personnelle, sociale, professionnelle, les contacts, les sorties, les déplacements et les voyages sont tellement considérables qu’elles rendent caduques les explications causales simples. On est de plain-pied dans la complexité et il faut l’assumer collectivement.

Dans cette optique, valoriser la colère et l’indignation pour chaque limitation de la vie sociale, légalement fondée par la votation par 60 % de oui de 2013, ne mène à rien de bon pour une cohésion sociale à entretenir.
En période chahutée, chacun a une bonne (?) raison de s’indigner de ce que fait son voisin et cela est encore plus vrai pour son gouvernement.
Pour faire bref nous sommes, avec cette pandémie, brutalement condamnés à réaliser que la démocratie c’est la dictature de la majorité, alors que par beau temps, on peut se contenter, exemples extrêmes, de mépriser l’Union Européenne ou de se focaliser sur la taille des cornes de vache…
»


@camomille 26.11.2021 | 14h11

«Merci M. Pilet, pour votre article. Vous avez soulevé tous les points qui suscitent chez moi, depuis plus d’une année, des interrogations - pour ne pas dire de la colère et de l’indignation! Mais vos lignes, la où elles sont publiées, ne vont guère atteindre ceux qu’il faudrait réveiller et secouer…À part les « médias underground » (traités avec mépris par les médias mainstream de farfelus, imbeciles complotistes) on ne lit plus guère de lignes critiques…Il faut reconnaître que souvent dans chacun des groupes médiatiques, on pousse un peu trop dans le sens qui arrange…
De toute façon, j’ai grand plaisir à vous lire, c’est rafraîchissant!
C Foetisch»


@Thomas Büchi 26.11.2021 | 14h17

«Merci d’Être là Bon pour la Tête!»


@Maryvon 26.11.2021 | 14h48

«Il est à craindre en effet que si le « oui » l’emporte dimanche, nous serons très vite informés qu’une 3ème dose est requise pour conserver notre fameux sésame et la 4ème suivra dans quelques mois. On verra !
M. Pilet, vous avez mille fois raison, la maladie et la mort sont devenus des sujets obsessionnels pour de nombreuses personnes. Autrement dit, entre le jour de leur naissance et celui de leur mort, il n’y qu’une lutte acharnée pour éviter la maladie et la mort. Dieu quelle perspective passionnante ! Les animaux font souvent preuve de plus d’imagination. J’ajouterai encore que ceux qui essaient désespérément d’élever le débat, ceux qui se préoccupent d’éthique ou de philosophie sont très vite taxés de farfelus et trop souvent méprisés. L’analyse et la réflexion ne sont plus de mise de nos jours.
Maryvon»


@Capt_Salomo 26.11.2021 | 20h07

«Merci Monsieur Pilet, enfin la Romandie se réveille. Je suis vaudoise, exilée de plus de 40 ans à Zürich ayant à la tête du département de la santé du canton Mme Rickli Young Global Leader (une carte globaliste de Mr. Schwab du WEF). Ainsi nous ne sommes pas gâtés ! Comme le mentionne willoft d'Uruguay, pays que j'ai visité en 2018. J'y suis restée plus de 7 semaines. Magnifique ! Il est où ce virus. Il n'a jamais été isolé. A ceci le BAG est toujours incapable d'annoncer le nombre de vaccinés avec un test positif. Il communique un total et débrouillez-vous. Ce qui serait intéressant, le nombre journalier des urgences, dont vaccinés, suite aux effets secondaires. Pepe Mujica , ex président de l'Uruguay a dit dans un interview, la vie est belle parce que nous mourons. La vida es hermosa porque morimos !»


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