Média indocile – nouvelle formule

A vif

A vif / Le manque croissant de crédibilité de notre Parlement


PARTAGER

La Suisse vient d’être condamnée mardi dernier par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour ne pas avoir procédé à un contrôle effectif par les tribunaux internes des mesures prises pendant la période de la pandémie. La Cour a également constaté une violation du droit à la liberté de réunion et d’association. Face à cela, le Parlement refuse catégoriquement d'enquêter sur la gestion de la crise et ne répond pas aux souhaits d’une partie de la population. Il ne faut alors pas s'étonner que la crédibilité de notre Parlement diminue.



Ce verdict tombe mal pour notre Parlement qui séjourne à Berne jusqu’au 18 mars pour la session de printemps. Avec l'arrêt de la CEDH, il y a désormais à son encontre un jugement de la plus haute instance. Celle-ci stipule que des restrictions à la liberté de réunion sont possibles, mais pas selon le bon vouloir d'un gouvernement.

La même semaine, la Commission de gestion du Conseil national a refusé d’entrer en matière pour la création d’une commission d’enquête extraparlementaire sur la gestion de la pandémie. Les arguments avancés sont fades: «le Parlement ne peut de toute façon rien faire, le pouvoir législatif n'a pas la compétence de mettre fin à la "situation particulière". Et de toute façon, l'exigence de mettre fin à la "situation particulière" a récemment perdu "une partie essentielle de sa signification", puisque les mesures ont été majoritairement levées.»

Revenons un peu en arrière: le 10 février 2021, il y a plus d’une année déjà, le collectif du corps médical Aletheia, comptant plus de mille membres, a envoyé une lettre ouverte de 38 pages à tous les membres du Conseil fédéral, du Conseil national, du Conseil des Etats, des Conseils d’Etats ainsi qu’à l’OFSP et aux médecins cantonaux. L’objectif principal était l'ouverture d'une discussion critique et transparente ainsi que la participation des praticiens du métier de la santé dans la gestion de la pandémie. Le collectif critiquait en outre le manque des preuves scientifiques et le manquement à l’obligation de droit public. Et déjà à ce moment-là, le souhait d’une enquête extraparlementaire avait été formulé. Aucune réponse.

Le 15 novembre 2021, le collectif Primptemps2020 a remis au Parlement fédérale à Berne une pétition de 55'000 signatures et a demandé la création d’une commission d’enquête extraparlementaire pour examiner la proportionnalité des mesures adoptées durant la pandémie de Covid-19. Pas de réponse.

Le 10 février 2022, le «Comité des juristes» a adressé une lettre ouverte à l’ensemble des parlementaires de l’Assemblée fédérale suisse, et a demandé la suppression immédiate du statut juridique de situation particulière et l’ouverture d'une enquête indépendante pour vérifier les conditions de la situation particulière, ainsi que le rapport coûts/bénéfices des mesures. En parallèle, le 4 mars, une lettre signée par 35 mouvements citoyens réclame une commission d’enquête extraparlementaire en ces termes: «nous voulons une société qui ressort plus forte de la crise, qui ose le débat et qui se questionne sur la direction à suivre.»

Enfin, le Parlement trouve le temps de répondre. La commission de gestion du Conseil National a répondu comme indiqué plus haut.

Le Comité des juristes n’a pas accepté cette réponse inconsistante et en date du 10 mars, a publié une nouvelle tribune de 25 pages, intitulée «"Situation particulière"? Analyse et conséquences - retour attendu à la Constitution et enquête sur la crise du coronavirus». 

Après toutes ces demandes issues de la société civile, notre Parlement, supposé représenter le peuple, se préoccupe plus du renforcement de sa propre capacité d'action. En effet, ce lundi 14 mars, le Conseil national a discuté et préparé une modification de la loi, qui prévoit un ensemble de mesures, dont par exemple la création des bases juridiques pour tenir des sessions virtuelles. Sur le plan organisationnel, la délégation administrative devrait être remplacée par une commission administrative élue pour quatre ans. Le renforcement souhaité par le Parlement implique également que le Conseil fédéral doive à l'avenir toujours soumettre les projets d'ordonnances d'urgence aux commissions parlementaires pour consultation. Le plus piquant? Le Conseil national souhaite renoncer à un contrôle juridique des ordonnances d'urgence par un tribunal. Celui-ci doit rester du ressort du Parlement. Et c’est exactement le point que la CEDH a relevé dans son jugement: il aurait fallu un contrôle judiciaire, par le Tribunal fédéral, des dispositions et mesures prises par le gouvernement durant la pandémie.

Durant cette session du printemps, notre Conseil national a donné au Conseil fédéral le mandat d'enquêter sur la discrimination des homosexuels dans l'armée. C'est clairement là un chapitre peu glorieux de l'histoire de l'armée et il doit être traité. Par contre, le fait que des dizaines de milliers de Suisses demandent une enquête sur la gestion de la pandémie, est ignoré. Notre Parlement actuel se montre ainsi peu enclin à prendre au sérieux des préoccupations importantes d’une large partie du peuple et perd malheureusement en crédibilité. 

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

5 Commentaires

@carcé 18.03.2022 | 11h33

«C'est le droit à une information indépendante sur la pertinence de certaines mesures sanitaires qui a été refusé à la population. Les "grands" médias ont juste relayé des centaines interventions d’épidémiologistes et de vaccinologues avec des discours lénifiants. Les journalistes n'ont rarement posé une question critique et se sont contenté de réponses évasives. Beaucoup de citoyens sont restés sur leur faim, et je ne cite qu'un petit extrait de la longue liste des questions restées en suspens:
- Pourquoi avoir interdit la prise en charge des patients tombés malade du Covid par nos médecins de premier secours?
- La soit-disant suroccupation des lits d’hôpitaux en soins intensifs. A-t-on vraiment diminué (ou pas) en 2020/2021 le nombre des lits disponibles?
- les conflits d'intérêts, p. ex.: personne est responsable des éventuels effets secondaires de la vaccination. Les autorités, avaient-ils vraiment un intérêt de recueillir sérieusement les témoignages?
- L'efficacité de la vaccination: pourquoi sciemment avoir "arrangé" les statistiques afin de cacher (le plus longtemps possible) cette efficacité toute relative?
- La vaccination des enfants: pourquoi l'encourager officiellement sans que les médias osent poser des questions aux pédiatres sur la pertinence?
- Etc., etc..
Pensez-vous vraiment que nous pouvons encore avoir confiance dans nos autorités politiques et sanitaires?»


@mleine 18.03.2022 | 19h06

«Merci pour vos informations si nécessaires et utiles!»


@Libredepenser61 25.03.2022 | 20h07

«Je suis atterrée de lire que notre gouvernement n'entend même pas se questionner sur cet épisode de grave crise "politico - sanitaire" qui a causé de ravages à notre démocratie, qui a détruit psychologiquement bon nombre de citoyen.nes. Comment est-ce possible qu'il n'y ait pas de remise en question? L'Histoire nous racontera sûrement ce chapitre peu glorieux; est-ce que les politiques du futur s'en excuseront dans 50 ans ? »


@Lou245 02.04.2022 | 18h10

«Je suis également stupéfaite d'apprendre le manque de réaction de notre parlement à ces interpellations. Sur le site de Swissmedic, organisme chargé à la fois d'autoriser les vaccins et d'en assurer la pharmacovigilance (conflit d'intérêt ?) on découvre que 5'165 personnes ont subi des effets indésirables "graves" qui pourraient être en lien avec les injections (EI graves: décès, handicap à vie, etc...). On y apprend aussi que seuls 10% des EI seraient déclarés. Cela signifie que potentiellement 51'650 personnes souffrent en Suisse de ces EI graves suite aux injections, et cela comprend 2'900 décès. A comparer avec les quelques 13'100 personnes décédées du (ou avec ?) le Covid à ce jour. Ces chiffres scandaleux ne semblent pourtant pas alarmer Swissmedic.»


@Bogner Shiva 212 06.04.2022 | 15h02

«Consternation...étonnement...attéré...dans quel monde vivez-vous ? Dans quelle camisole mentale êtes-vous entravés ? Il y a des personnes qui croient encore à la "liberté" de presse ? A la liberté d'enquête et de pouvoir poser des questions pertinentes qui dérangent à des politiques de droite de ce pays ? Et surtout d'avoir des réponses qui ne seraient pas dictée par un consensus politique soucieux de conserver ses prérogatives financières ? Des politiques soucieux de ne pas remuer la vase de leurs multiples magouilles destinées à faire bénéficier les grands groupes d'intérêts privés qu'ils représentent, des "menus" arrangements avec les lois en "vigueur" dans notre pays ! Des regards indiscrêts sur leurs multiples implications à rentabilité financière à géométrie variable...en language clair leurs compromissions actives en vue d'un enrichissement personnel !!! Des bénéfices records , historiques de la Pharma, qu'est-ce-que cela vous dit ? OUIIIIIII des dividendes mirifiques, des primes de fins d'années somptueuses, et à qui cela profite ? Ben oui aux actionnaires et autres membres des Conseil d'Administration, qui a dit politiciens de droite ? Tstststststs ! Des questions qui pourraient mettre en lumière leur impéritie crasse à gérer tout ce qui pourrait améliorer le quotidien de celles et ceux qui leur ont permis de sortir premier-es d'un concours de circonstances...Démocratie ... ? DEMOCRATIE ??? MEDIOCRATIE ! Le plus consternant c'est l'abrutissement généralisé de ce peuple de lobotomisés que nous sommes devenus ! On a eu droit à des déclarations contradictoires, des mensonges éhontés, des rétropédalages, des affirmations à caractères catastrophiques, des guy-gnoleries qui ne feraient rire que des pensionnaires d'EMS, si celles-ci n'était pas proférées par des individus censés être à la barre de cette galère...oui c'est vous et moi les rameurs...! On a eu droit à l'auto-glorification de multiples spécialistes de tout poil, à des politiques prompts à s'emparer de n'importe quel sujet pour s'assurer de l'intérêt du bon peuple sur leur implication, bien entendu AU ORDRES des groupes qui les PAIENT ! Tels des charognards opportunistes se jetant sur une réalité certe dérangeante...des personnes à risques agées, souffrant de poly-pathologies, survivants à grand coup d'interventions prodiguées à grand frais par la Pharma.......un patient mort ne rapporte PLUS RIEN ! INTERDICTION DE MOURIR, VERBOTEN !!! Ne parlons pas des directeurs d'EMS se lamentant d'un manque programmé de rentrées d'argent (vu et entendu au JT TSR ) Et concernant les médias...vous êtes journaliste, vous allez contredire vos patrons et vous retrouver au chômage vous ? Fâcher les actionnaires et autres chantres du libéralisme de Zürich ??? Bref rien de nouveau sous le soleil qui annonce un brillant réveil...heuuu non ! Svp rendormez vous les Suisses !»


À lire aussi